Dans cette page
- Un seul salaire suisse dans le couple : ce que cela change
- Tarif marié à la source ou taxation ordinaire ultérieure
- Le conjoint qui travaille en France : aucun versement 3a possible
- Déduire le 3a quand on est imposé à la source
- Si le couple s'installe en Suisse
- Si le couple repart en France : le retrait
- Pièges de calendrier entre deux administrations
- Checklist du couple dont un seul travaille en Suisse
- Questions fréquentes
Quand un seul des deux conjoints travaille en Suisse, la question du 3a pour un couple frontalier ne se règle pas à deux : elle se règle pour la personne qui a un revenu suisse, puis elle se déduit (ou non) selon l'endroit où le couple habite et la manière dont ce salaire est imposé. Le conjoint qui travaille en France, en Allemagne ou en Italie reste, lui, en dehors du système suisse de prévoyance. Cette page suit le raisonnement dans l'ordre : le droit de verser, le mode d'imposition, la déduction, puis les deux scénarios de mobilité, l'installation en Suisse et le retour.
Exemple : Julien, frontalier habitant Annemasse et employé en Suisse romande, dont la conjointe est salariée en France. Il verse chaque année une partie du plafond de son 3a. Personne fictive, utilisée seulement pour illustrer.
Un seul salaire suisse dans le couple : ce que cela change
Le 3e pilier suisse est individuel. Il n'existe pas de « 3a de couple » : chaque compte ou chaque police liée appartient à une personne, qui doit avoir un revenu soumis à l'AVS pour y verser. Le mariage ne crée donc aucun droit supplémentaire de versement, et il n'en retire aucun à la personne qui travaille en Suisse. Ce que le mariage modifie, c'est le contexte fiscal autour du versement : le tarif appliqué à la source, la possibilité de demander une taxation ordinaire, et le poids du revenu du conjoint dans l'analyse.
Trois questions structurent tout le reste :
- Où le couple habite-t-il ? En France, en Allemagne, en Italie ou en Suisse. La résidence décide quel État taxe quoi.
- Comment le salaire suisse est-il imposé ? À la source, par l'employeur, ou par une déclaration ordinaire.
- Que gagne l'autre conjoint, et où ? Son revenu pèse sur le tarif et, pour certains cas, sur le droit de demander une taxation ordinaire.
Un couple dont les deux conjoints travaillent en Suisse est dans une autre logique : chacun a alors son propre droit de verser et son propre plafond. Ici, le cas visé est celui où l'un des deux seulement a un revenu suisse. Pour l'ensemble des règles de base, la page Frontalier : peut-on cotiser à un 3e pilier suisse ? pose le cadre ; ce qui suit s'y ajoute pour le couple.
Le plafond ne dépend pas de l'état civil
Le plafond dépend de l'affiliation à une caisse de pension, pas du fait d'être marié. Pour la personne affiliée au 2e pilier, c'est le petit plafond de l'année ; pour celle qui n'a pas de 2e pilier, c'est le grand plafond, dans la limite d'une part de son revenu d'activité. Les montants officiels sont rappelés plus bas. Pour le détail selon le permis, voir Frontalier : quel plafond 3a selon votre permis et votre emploi ?.
Le revenu de l'autre conjoint ne se « transfère » pas
Une idée reçue revient souvent : le conjoint sans revenu suisse pourrait, « via le couple », profiter d'un versement. Ce n'est pas le cas. Le conjoint qui travaille en France n'a pas de revenu soumis à l'AVS suisse ; il ne peut pas ouvrir de 3a à son nom, quel que soit le salaire de l'autre. L'inverse n'est pas vrai non plus : le revenu français du conjoint n'augmente pas le plafond de la personne qui travaille en Suisse. Il intervient ailleurs, dans l'analyse fiscale.
Tarif marié à la source ou taxation ordinaire ultérieure
Les travailleurs domiciliés dans un État voisin et employés par un employeur établi en Suisse peuvent être soumis à l'impôt à la source sur le revenu de cette activité, pour autant que l'accord fiscal applicable accorde ce droit d'imposition à la Suisse (art. 91 al. 2 de la loi sur l'impôt fédéral direct). La condition finale compte : selon le pays de résidence et le canton de travail, l'accord n'est pas le même. Les pages Frontalier Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura : l'accord de 1983 et Frontalier à Genève : le régime spécial et le 3a détaillent ces différences. Avant de raisonner sur la déduction, vérifiez donc sur votre fiche de salaire si une retenue à la source est bien prélevée.
Le tarif marié : une grille qui suppose un ménage
Lorsque l'impôt est retenu à la source, l'employeur applique un barème qui dépend de la situation de famille déclarée. Un couple marié relève d'un tarif distinct de celui d'une personne seule. Ce tarif suppose en principe un ménage dont l'un des conjoints est le principal pourvoyeur de revenu ; il intègre des déductions forfaitaires, et le barème ne tient pas compte des cotisations 3a. Le point à retenir : le versement 3a ne fait pas baisser la retenue mensuelle de lui-même. Si vous versez sur votre 3a pendant l'année, la fiche de salaire ne bouge pas.
Le tarif exact dépend du canton, de l'accord applicable et de la situation de votre conjoint. Il vaut mieux demander à votre employeur quel code de tarif il applique, puis vérifier que l'activité du conjoint (salarié en France ou sans activité) est correctement déclarée. Une erreur sur ce point fausse la retenue, sans que vous le voyiez avant le décompte.
La taxation ordinaire ultérieure (TOU)
La TOU est le mécanisme qui permet, dans certains cas, de passer de l'impôt retenu à la source à une taxation « comme un contribuable ordinaire ». Il en existe deux familles qui intéressent un couple frontalier.
- La TOU obligatoire : elle s'applique si les revenus bruts atteignent ou dépassent un montant fixé par le Département fédéral des finances avec les cantons, ou si la personne dispose de revenus non soumis à l'impôt à la source. Les conjoints vivant en ménage commun d'une personne soumise à la TOU obligatoire y sont aussi soumis. Le canton de Vaud, par exemple, la rend obligatoire lorsque le revenu brut annuel dépasse 120 000 CHF ou en présence d'autres revenus non soumis à l'impôt à la source.
- La TOU sur demande : elle se dépose par écrit, au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'année fiscale. Selon la catégorie de personne, les conditions diffèrent (voir plus bas pour les non-résidents), et lorsque la demande est admise, elle s'étend au conjoint vivant en ménage commun pour les personnes résidant en Suisse.
Sans TOU sur demande, l'impôt à la source remplace l'impôt fédéral direct sur le revenu de l'activité lucrative, et aucune déduction supplémentaire n'est accordée ultérieurement. C'est la règle de base pour le frontalier non résident.
Qui décide : vous, ou l'administration
Les autorités cantonales peuvent aussi demander d'office une taxation ordinaire ultérieure en cas de « situation problématique manifeste », notamment pour les déductions forfaitaires calculées dans le taux d'imposition à la source ; cette taxation peut jouer en votre faveur ou en votre défaveur. Pour un couple dont les revenus de l'autre pays sont élevés ou atypiques, cette possibilité mérite d'être connue. Elle ne remplace pas votre propre vérification du tarif.
Le conjoint qui travaille en France : aucun versement 3a possible
C'est le cœur de la situation décrite. Si votre conjoint exerce son activité en France (ou en Allemagne, en Italie) et n'a aucun revenu soumis à l'AVS suisse, il n'a pas le droit de verser sur un 3a suisse. Les règles du 3a lient le versement à un revenu d'activité lucrative soumis à l'AVS ; un salaire étranger, soumis au régime social étranger, ne remplit pas cette condition.
Ce que cela implique concrètement
- Un conjoint non actif n'ouvre pas de 3a « pour compléter » : ni au nom du couple, ni en profitant du plafond de l'autre.
- Le conjoint qui travaille en France cotise à ses propres régimes de retraite, et ses droits se lisent dans l'article 3 piliers suisses et retraite française : comment ils s'emboîtent.
- Si le couple souhaite épargner pour deux, le pilier 3b est une option distincte, hors du cadre du 3a : voir Expatrié ou frontalier : le pilier 3b vu de l'étranger et Pilier 3b et frontalier : un contrat suisse vu par le fisc français. Il n'offre pas la même déduction, et sa fiscalité côté pays de résidence demande une lecture attentive.
Le cas du conjoint au foyer
Un conjoint sans revenu n'est pas non plus couvert par un « 3a de ménage ». Le sujet est traité en détail dans Frontalier avec conjoint au foyer : quel 3e pilier pour le couple ?. Retenez ici qu'aucun versement n'est possible sans revenu d'activité, et que la prévoyance du conjoint au foyer se pense autrement : bénéficiaires, couverture en cas de décès, droits propres dans son pays.
La question des bénéficiaires
Même si le conjoint ne peut pas verser, il peut être le bénéficiaire du 3a de la personne qui travaille en Suisse. L'ordre des bénéficiaires est fixé par l'ordonnance sur les formes reconnues de prévoyance (OPP 3), avec des possibilités de précision selon le contrat. Un conjoint vivant en France est bénéficiaire au même titre que s'il vivait en Suisse, mais la fiscalité du capital reçu dépend, elle, du pays de résidence. Ce point est repris dans Frontalier : bénéficiaires du 3e pilier en cas de décès, côté France.
Déduire le 3a quand on est imposé à la source
Le point de départ est net : pour une personne imposée à la source, le barème ne tient pas compte des cotisations 3a. Verser sur un 3a ne diminue donc pas la retenue prélevée sur le salaire. Pour obtenir une déduction, il faut passer par une taxation ordinaire ultérieure. L'Administration fédérale des contributions précise que les contribuables imposés à la source peuvent demander par écrit, jusqu'au 31 mars de l'année suivante, une taxation ordinaire ultérieure pour déduire leurs cotisations 3a.
Pour un frontalier non domicilié en Suisse, le chemin est plus étroit. Les personnes imposées à la source non domiciliées en Suisse peuvent déduire leurs cotisations 3a si elles remplissent les conditions de l'article 99a de la loi sur l'impôt fédéral direct, ou si une taxation ultérieure d'office est opérée selon l'article 99b.
Les trois conditions de l'article 99a
Ce sont les voies d'accès à la TOU pour un non-résident, sur demande, avant le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale. Il suffit d'en remplir une :
- une part prépondérante de vos revenus mondiaux, conjoint compris, est imposable en Suisse ;
- votre situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse ;
- la TOU est nécessaire pour faire valoir des déductions prévues par une convention contre les doubles impositions.
Dans les faits, c'est la première condition qui change tout pour un couple marié : le revenu du conjoint entre dans le calcul. Dans la situation de Julien, un salaire français pour sa conjointe vient s'ajouter aux revenus mondiaux du ménage. Si ce revenu français est important, la part suisse du ménage n'est plus prépondérante, et la voie de la quasi-résidence se ferme. À l'inverse, si le conjoint n'a pas de revenu, ou un revenu faible, la part suisse peut redevenir prépondérante. Le statut de quasi-résident est expliqué dans Quasi-résident et TOU : le 3a pour un frontalier genevois et dans Frontalier : peut-on déduire son 3a ? Source, TOU et quasi-résident.
Quand la déduction reste côté pays de résidence
Si aucune des voies de l'article 99a n'est ouverte, le salaire reste taxé à la source en Suisse, sans déduction ultérieure. La question se déplace alors dans le pays de résidence : selon l'accord, le versement sur un 3a suisse peut ou non y être pris en compte, et le compte étranger se déclare. Le sujet est traité dans Déclarer son 3a en France : compte étranger et revenus et dans Résidant en Allemagne ou Résidant en Italie pour les deux autres pays.
Un calcul précis du bénéfice éventuel dépend du canton, du tarif, du revenu du couple et du pays de résidence ; le calculateur d'économie d'impôt du frontalier aide à poser les hypothèses, mais il ne remplace ni votre déclaration ni l'avis d'un professionnel.
Les repères de l'année
Les montants officiels à garder en tête sont ceux des plafonds de l'année. Ils s'appliquent à la personne qui travaille en Suisse, quel que soit son état civil.
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026 (montant maximal)
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
31 mars de l'année suivant l'année fiscale
Date limite pour demander la TOU
Source: Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance
Le grand plafond ne vaut que pour une personne sans 2e pilier, dans la limite d'une part de son revenu d'activité. La majorité des salariés frontaliers sont affiliés à une caisse de pension et relèvent donc du petit plafond. La page Plafonds 3a 2027 : ce qui concerne frontaliers et non-résidents détaille l'évolution d'une année à l'autre.
Vue d'ensemble : où se situe votre couple
L'arbre suivant résume les questions à se poser, de la résidence du couple jusqu'à la déduction possible ou non.
Cet arbre ne remplace pas l'examen de votre dossier : il sert à repérer la bonne branche avant d'ouvrir les pages détaillées.
Si le couple s'installe en Suisse
Si le couple déménage en Suisse, tout bascule. Le conjoint qui travaillait en France peut, s'il prend une activité en Suisse, obtenir à son tour son propre droit de verser. S'il n'en prend pas, la situation reste celle du conjoint sans revenu suisse : pas de versement, mais une couverture à penser autrement.
L'impôt à la source pour les résidents
Les résidents sans permis d'établissement restent imposés à la source. Le titulaire d'un permis B marié passe sous un tarif de couple, avec une différence essentielle par rapport au frontalier : il peut demander la TOU sur demande s'il ne remplit aucune condition de la TOU obligatoire, et cette demande s'étend alors au conjoint vivant en ménage commun. En clair, c'est le couple qui est taxé en commun, et la déduction du 3a devient accessible. La page Permis B : impôt à la source et 3a en arrivant en Suisse en détaille les étapes.
Première année : un calendrier à ne pas rater
L'année d'arrivée est souvent incomplète : revenu partiel, permis en cours, impôt à la source jusqu'à la bascule. Le plafond de l'année peut s'appliquer différemment selon l'activité réellement exercée. La page Première année en Suisse : revenu partiel et 3a pose les points de vigilance, et Permis B, permis C, passeport suisse : le 3e pilier étape par étape montre comment le statut évolue.
Le conjoint arrivant
Le conjoint qui rejoint la Suisse peut se heurter à un autre sujet : ses droits acquis dans son pays d'origine. Sa prévoyance française n'est pas transférée vers un 3a suisse. L'article Arriver en Suisse : les 3 piliers dès le premier permis explique l'architecture que le conjoint découvre ; les mots de base sont dans Nouvel arrivant : les 3 piliers, mot à mot.
Si le couple repart en France : le retrait
Le départ de Suisse transforme le 3a : à l'étranger, le capital peut être retiré, avec un impôt à la source sur le capital prélevé par le canton concerné. Ce mécanisme est détaillé dans Quand on quitte la Suisse : retirer son 3a et l'impôt à la source et dans Impôt à la source sur le capital : le canton du débiteur décide.
Ce qui change pour un couple
Pour un couple dont un seul a un 3a, le retrait concerne uniquement ce compte. Le conjoint n'a ni retrait à faire, ni droit à réclamer. Mais la déclaration française du couple doit tenir compte du capital perçu : l'imposition en France, quand elle a lieu, concerne le foyer. Le sujet est abordé dans Retour en France avec un 3a : retirer ou garder ?.
Dans l'ordre, voici ce que le couple vérifie avant le départ :
- le domicile fiscal retenu pour le retrait, expliqué dans Quand on quitte la Suisse : quel domicile pour le retrait du 3a ? ;
- le moment du retrait par rapport à la date de départ ;
- le nombre de comptes si l'on veut étaler les retraits, avec les limites exposées dans Quitter la Suisse : combien de comptes 3a ouvrir ? ;
- la forme du 3a : un compte bancaire et une police liée ne se dénouent pas de la même façon, voir Quitter la Suisse avec un 3a assurance : ce qui change.
Si le départ n'est que de la personne qui travaille
Il arrive que le salarié suisse quitte son emploi tandis que le couple reste en France : changement d'employeur, fin de contrat, retour à un emploi français. Le 3a n'est pas pour autant libéré : il reste bloqué selon les règles du 3a, sauf motif de retrait prévu. La page Frontalier au chômage : le 3e pilier et les deux systèmes traite le cas de la perte d'emploi ; la page Retraite en France après la Suisse : 3a, LPP et AVS montre comment les droits suisses se retrouvent lors de la retraite.
Pièges de calendrier entre deux administrations
Un couple transfrontalier répond à deux administrations fiscales qui ne se parlent pas au même rythme. Les erreurs viennent presque toujours de dates ou de documents mal alignés.
Le 31 mars, point de bascule en Suisse
La demande de TOU doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'année fiscale. Une demande tardive est irrecevable pour la déduction : le montant retenu à la source reste définitif. Si le versement 3a a eu lieu en décembre, la demande se fait avant la fin mars suivante, pas avant la déclaration française. Les dates de l'année sont rassemblées dans Calendrier fiscal du frontalier : les dates de l'année et la fin d'année dans Fin d'année : 3a et impôt à la source pour frontaliers.
Le versement doit être enregistré dans la bonne année
Le versement compte pour l'année où il est crédité, pas pour celle où vous l'avez décidé. Un virement parti trop tard, depuis un compte en euros, peut être crédité l'année suivante. Les frais de change et les délais de virement sont abordés dans Frontalier : les frais d'un 3a qu'on oublie, change et virements.
Le revenu du conjoint modifie l'analyse chaque année
Un changement d'emploi du conjoint, une reprise après un congé, une baisse d'activité : ces événements modifient la part du revenu du ménage imposable en Suisse. La possibilité de demander la TOU peut donc exister une année et pas la suivante. Il vaut mieux reprendre l'analyse chaque année, sans supposer que la situation précédente se reconduit.
Deux déclarations, une cohérence à garder
Ce que vous déclarez en Suisse (TOU, revenus mondiaux du ménage, déductions) et ce que vous déclarez dans le pays de résidence doivent rester compatibles. Une double déduction n'est pas admise, et l'administration du pays de résidence a connaissance des revenus perçus à l'étranger. La liste des pièges est rassemblée dans Frontalier : checklist des pièges fiscaux du 3a.
Récapitulatif des règles par situation
| Situation du couple | Versement 3a possible ? | Déduction du 3a | Où se règle la question |
|---|---|---|---|
| Couple résidant à l'étranger, un seul salaire suisse imposé à la source | Oui, pour la personne qui travaille en Suisse | Seulement par TOU sur demande si l'une des conditions de l'article 99a est remplie | Canton de travail, puis pays de résidence |
| Même cas, mais salaire suisse non imposé à la source en Suisse | Oui | Selon le pays de résidence | Pays de résidence |
| Conjoint salarié en France, sans revenu suisse | Non, pas de revenu soumis à l'AVS suisse | Sans objet | Régimes du pays de résidence |
| Couple installé en Suisse, permis B, à la source | Oui, pour chaque conjoint avec revenu suisse | TOU sur demande, étendue au conjoint en ménage commun | Canton de résidence |
| Couple de retour à l'étranger, un 3a ouvert | Plus de versement déductible sans revenu suisse | Sans objet | Retrait : impôt à la source sur le capital, puis déclaration du pays |
Checklist du couple dont un seul travaille en Suisse
À parcourir dans l'ordre, une fois par an, de préférence avant la fin de l'année fiscale.
- Vérifier sur la fiche de salaire le tarif de retenue à la source et la situation de famille déclarée à l'employeur
- Confirmer que le revenu du conjoint est correctement mentionné, même s'il n'est pas imposé en Suisse
- Identifier le plafond qui s'applique selon l'affiliation à une caisse de pension
- Contrôler la date d'enregistrement du versement 3a sur le compte, surtout en fin d'année
- Rassembler l'attestation de versement du prestataire
- Évaluer si une part prépondérante des revenus du ménage est imposable en Suisse
- Noter la date limite de demande de TOU auprès de l'administration cantonale
- Vérifier comment le pays de résidence traite le versement et le compte étranger
- Mettre à jour l'ordre des bénéficiaires du 3a
- Anticiper un éventuel départ ou déménagement et ses effets sur le retrait
La suite logique est de comparer des offres pour la personne qui verse, en tenant compte de son pays de résidence ; la page Comparer les offres de 3e pilier et le formulaire Demander une comparaison gratuite servent à cela. La page Comment fonctionne 3e Pilier Frontaliers explique qui traite la demande.
Questions fréquentes
Mon conjoint travaille en France : peut-il ouvrir un 3a en Suisse ?
Non, tant qu'il n'a aucun revenu d'activité soumis à l'AVS suisse. Le 3a est lié à un revenu suisse, et le salaire perçu en France relève d'un autre régime social. Il ne peut pas non plus utiliser le plafond de l'autre conjoint. S'il prend un jour une activité en Suisse, son propre droit de verser s'ouvre.
Le mariage change-t-il mon plafond de versement ?
Non. Le plafond dépend de votre affiliation à une caisse de pension et, en l'absence de 2e pilier, de votre revenu d'activité. En 2026, le plafond avec 2e pilier est de 7 258 CHF ; il passe à 7 373 CHF en 2027. L'état civil n'intervient pas dans ce montant.
Mon versement 3a fait-il baisser la retenue à la source de mon salaire ?
Non. Le barème de l'impôt à la source ne tient pas compte des cotisations 3a. Pour déduire un versement, il faut obtenir une taxation ordinaire ultérieure, et seulement si votre situation y donne accès.
Le revenu de mon conjoint empêche-t-il la TOU ?
Il peut la compliquer. Pour un non-résident, l'une des voies est qu'une part prépondérante des revenus mondiaux, conjoint compris, soit imposable en Suisse. Un revenu élevé du conjoint à l'étranger peut donc faire échouer cette voie. Les deux autres conditions de l'article 99a sont à examiner séparément.
Jusqu'à quand puis-je demander la TOU ?
Au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'année fiscale concernée. Après cette date, la retenue à la source reste définitive, sans déduction ultérieure supplémentaire. La demande se dépose par écrit auprès de l'administration cantonale compétente.
Mon canton de travail impose-t-il la TOU dans mon cas ?
Cela dépend. Certains cantons rendent la TOU obligatoire au-delà d'un seuil de revenu brut, ou en présence de revenus non soumis à l'impôt à la source. Vaud fixe par exemple ce seuil à 120 000 CHF de revenu brut annuel. Pour votre canton, consultez son administration fiscale ou les pages cantonales du site, comme Frontalier ou arrivant dans le canton de Vaud : 3e pilier.
Mon conjoint peut-il être bénéficiaire de mon 3a ?
Oui, et il l'est en règle générale d'office dans l'ordre légal des bénéficiaires, avec des précisions possibles selon le contrat. Qu'il vive en France ne change pas son droit, mais la fiscalité du capital qu'il recevrait dépend du pays de résidence. À revoir avec votre prestataire après un mariage ou un changement de situation.
Que se passe-t-il pour mon 3a si le couple retourne en France ?
Le 3a n'est pas annulé. Le départ ouvre la possibilité de retirer le capital, avec un impôt à la source sur le capital prélevé en Suisse et une déclaration dans le pays de résidence. Le conjoint n'a rien à retirer s'il n'a pas de 3a. Le détail dépend du canton, du moment et de la forme du 3a.
Un contrat 3b peut-il remplacer le 3a pour le conjoint ?
Le 3b est une prévoyance libre, sans les règles de blocage du 3a ni sa déduction. Un conjoint qui n'a pas de revenu suisse peut en principe envisager un contrat 3b, mais sa fiscalité dans le pays de résidence est à vérifier avant de signer. Ce n'est pas un équivalent du 3a.
Dois-je déclarer mon 3a dans mon pays de résidence ?
Le compte et ses revenus se traitent selon les règles du pays où vous habitez, qui peut exiger une déclaration du compte étranger. Les obligations dépendent du pays. Vérifiez-les avant la première déclaration suivant l'ouverture du compte.
Sources
- Impôt fédéral direct : impôt à la source des résidents (art. 89, 89a, 99b) — Fedlex
- Impôt fédéral direct : non-résidents, frontaliers et prestations de prévoyance (art. 91, 99, 99a) — Fedlex
- LHID : taxation ordinaire ultérieure des résidents imposés à la source (art. 33a, 33b) — Fedlex
- LHID : impôt à la source des non-résidents (art. 35a, 35b) — Fedlex
- Frontaliers — Administration fédérale des contributions
- Imposition à la source et taxation ordinaire ultérieure (TOU) — Administration fédérale des contributions
- Imposition à la source et taxation ordinaire ultérieure (TOU) — Canton de Vaud
- Plafonds du 3e pilier a — OFAS / Conseil fédéral
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