Dans cette page
Vous habitez en France et vous travaillez à Lausanne, à Sion, à Neuchâtel ou à Delémont ? Votre question sur le 3e pilier à Vaud en tant que frontalier (ou en Valais, à Neuchâtel, dans le Jura) passe d'abord par une autre : quel État prélève votre impôt ? Pour les frontaliers de ces cantons, la réponse tient dans un texte précis, l'accord franco-suisse du 11 avril 1983. Il fait de la France, et non de la Suisse, le pays qui impose votre salaire. Presque tout le reste en découle : l'attestation que votre employeur demande, la façon de déclarer un compte 3a, l'intérêt fiscal d'un versement, et même la manière dont un capital sera taxé le jour où vous le retirerez.
Cette page explique ce régime, ses limites et ses pièges, canton par canton. Elle ne vous dit pas quoi faire : la bonne réponse dépend de votre permis, de votre lieu de résidence, de votre employeur et de votre affiliation au 2e pilier. Elle vous donne de quoi poser les bonnes questions.
Un accord, quatre cantons
Ce que prévoit l'accord du 11 avril 1983
L'accord franco-suisse du 11 avril 1983 s'applique aux cantons frontaliers, à l'exception de Genève. Le principe est simple à énoncer : le travailleur y est imposé dans son pays de résidence. Un résident français qui remplit les conditions de l'accord est exonéré de l'impôt à la source suisse. S'il ne les remplit pas, c'est la convention de 1966, destinée à éviter la double imposition, qui reprend la main.
Pour la compensation, un mécanisme financier accompagne l'accord : la France verse aux cantons concernés 4,5 % de la masse salariale brute des frontaliers. Ce transfert n'est pas à votre charge et n'apparaît pas sur votre fiche de paie. Il explique simplement pourquoi les cantons acceptent de ne pas prélever eux-mêmes l'impôt sur ces salaires.
Quels cantons figurent dans la liste
La liste des cantons de l'accord du 11 avril 1983 comprend Neuchâtel, Vaud, le Valais, Berne, Soleure, Bâle-Campagne, Bâle-Ville et le Jura. Fribourg et Genève n'y figurent pas. Pour un lecteur de ce site, quatre cantons nous intéressent surtout : Vaud, le Valais, Neuchâtel et le Jura, c'est-à-dire la Romandie hors Genève. Berne entre dans la liste, mais la partie francophone du canton est moins fréquentée par les frontaliers.
Voici la carte des cantons concernés, avec le régime qui s'applique à chacun.
Lire cette carte demande une précaution : elle décrit le droit d'imposition du salaire, pas votre dossier personnel. Un employeur de Fribourg ou de Genève ne fonctionne pas comme un employeur de Vaud, et le détail tient aux pages dédiées, par exemple celle du régime spécial de Genève.
Ce que l'accord ne couvre pas
L'accord est franco-suisse. Il ne dit rien des frontaliers qui habitent en Allemagne ou en Italie. Un résident allemand qui travaille à Neuchâtel, ou un résident italien qui travaille en Valais, ne bénéficie pas de ce régime : d'autres textes fixent son sort, et l'impôt à la source suisse peut alors s'appliquer. Le principe général de la loi fédérale est le suivant : les travailleurs domiciliés dans un État limitrophe, employés par un employeur qui a en Suisse son siège, son administration effective ou un établissement stable, sont imposés à la source sur le revenu de cette activité, pour autant que l'accord fiscal applicable donne ce droit d'imposition à la Suisse. L'accord de 1983 est précisément un de ces accords qui ne le donne pas, pour les résidents de France des cantons listés.
Deux vérifications s'imposent donc avant toute lecture de cette page : votre pays de résidence, et le canton où se trouve le siège ou l'établissement qui vous emploie. Pas celui où vous passez vos journées : celui de l'employeur. Un salarié qui habite à Pontarlier et dont le contrat est signé avec une société de Neuchâtel ne se pose pas les mêmes questions que celui dont l'employeur est installé à Genève.
Où l'impôt est prélevé
Le salaire, côté France
Dans le régime de 1983, le salaire d'un frontalier résidant en France est déclaré en France et imposé en France. L'employeur suisse ne retient rien à la source, sous réserve de disposer de l'attestation de résidence qui prouve que vous remplissez les conditions de l'accord. Sans ce document, l'employeur applique le régime ordinaire et prélève l'impôt à la source suisse, que vous récupérez ensuite en réglant la situation. Dans la pratique, la première démarche d'un nouvel embauché est donc administrative : fournir à l'employeur l'attestation de résidence fiscale, et la renouveler selon le rythme qu'il vous indique.
Pourquoi cela change votre 3e pilier
Cette ligne de partage a des conséquences très concrètes pour la prévoyance. L'impôt à la source suisse, quand il s'applique, est calculé par le canton, avec ses déductions forfaitaires intégrées dans le barème. Un versement sur un 3a n'y figure pas, sauf démarche spécifique de taxation ordinaire ultérieure. À l'inverse, sous l'accord de 1983, le fisc qui calcule votre impôt est le fisc français : c'est le droit français qui détermine si un versement sur un compte de prévoyance suisse est déductible, ou non, et comment le compte est déclaré.
Vous voyez le point central : l'intérêt fiscal d'un 3a pour un frontalier de Vaud, du Valais, de Neuchâtel ou du Jura ne se lit pas dans les barèmes cantonaux suisses. Il se lit dans la situation française. Cette page ne chiffre donc aucune économie pour vous. Pour comprendre la logique générale du sujet, la page sur la déduction du 3a, la TOU et le quasi-résident explique pourquoi cette déduction n'a de sens que pour certains statuts.
Et la taxation ordinaire ultérieure ?
La TOU est un autre mécanisme. Les personnes imposées à la source qui résident en Suisse sont soumises à une taxation ordinaire ultérieure obligatoire si leurs revenus bruts atteignent ou dépassent un certain montant durant l'année fiscale, ou si elles disposent de revenus non soumis à l'impôt à la source. La loi sur l'harmonisation des impôts directs ne chiffre pas ce montant : il est fixé par le Département fédéral des finances en collaboration avec les cantons.
Le canton de Vaud donne son propre seuil sur son site : la TOU y est obligatoire lorsque le revenu brut annuel dépasse 120 000 CHF, ou en présence d'autres revenus non soumis à l'impôt à la source ; elle est possible sur demande dans les autres cas admis. Retenez la portée de cette règle : elle vise les personnes imposées à la source qui vivent en Suisse. Un frontalier résidant en France sous l'accord de 1983 n'est pas, en principe, dans ce circuit. Il le devient seulement si, faute d'attestation, l'employeur a prélevé l'impôt à la source, auquel cas une régularisation s'impose.
Autre garde-fou à connaître : en cas de situation problématique manifeste, notamment pour les déductions forfaitaires calculées dans le taux de l'impôt à la source, les autorités cantonales peuvent demander d'office une taxation ordinaire ultérieure, en faveur ou en défaveur du contribuable. Ce n'est pas la règle, mais c'est possible.
Tableau récapitulatif des règles
Le tableau ci-dessous résume qui prélève quoi, selon la situation du frontalier. Il se limite aux règles décrites plus haut.
| Situation | Qui impose le salaire | Document ou démarche | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Résident de France, employeur dans un canton de la liste | La France | Attestation de résidence remise à l'employeur | Sans attestation, l'impôt à la source suisse peut être retenu |
| Résident de France, employeur à Genève | Régime genevois propre | Voir la page dédiée à Genève | Hors accord de 1983 |
| Résident de France, employeur à Fribourg | Fribourg n'est pas dans la liste de l'accord | À vérifier avec l'employeur | Régime à confirmer au cas par cas |
| Résident d'Allemagne ou d'Italie, employeur romand | Selon l'accord applicable | À vérifier selon le pays | L'accord de 1983 ne s'applique pas |
| Résident en Suisse imposé à la source | La Suisse, canton de résidence | TOU possible ou obligatoire selon les cas | Seuil fixé par les autorités, 120 000 CHF à Vaud |
Le 3a des frontaliers concernés
Peut-on verser à un 3a quand on est frontalier ?
L'accord de 1983 règle l'impôt, pas l'accès au 3a. Le droit de verser dans un pilier 3a dépend d'un critère distinct : avoir un revenu d'activité soumis à l'AVS en Suisse. Un frontalier salarié d'un employeur suisse remplit en général cette condition, quel que soit le canton. La page Frontalier : peut-on cotiser à un 3e pilier suisse ? détaille ce point d'entrée, et celle consacrée au plafond selon le permis et l'emploi précise la limite applicable.
Le choix est donc double : on peut verser, et on décide ensuite si l'avantage fiscal éventuel justifie de le faire. Là, le régime de 1983 pèse lourd.
Les plafonds de l'année
Deux plafonds existent, selon que vous êtes affilié à une caisse de pension (2e pilier) ou non. Pour les années 2026 et 2027, les montants publiés sont les suivants.
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier (petit 3a), en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier (petit 3a), en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier (indépendant non affilié), en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
120 000 CHF
Seuil de TOU obligatoire à Vaud, revenu brut annuel
Source: Imposition à la source et taxation ordinaire ultérieure (TOU) — Vaud
4,5 % de la masse salariale brute
Compensation financière de la France aux cantons de l'accord
Source: Frontaliers - accord franco-suisse du 11 avril 1983
Le plafond de 36 288 CHF en 2026 est un montant maximal : en dessous, le taux de 20 % du revenu de l'activité lucrative s'applique. Il ne concerne que l'indépendant non affilié à une caisse de pension, pas le salarié ordinaire. Pour 2027, le plafond sans 2e pilier est de 36 864 CHF, selon la même source.
Ce que la déduction change, et ne change pas
Quand un résident suisse verse à un 3a, il déduit le versement de son revenu imposable. Le calculateur fiscal de l'Administration fédérale des contributions permet de mesurer l'ordre de grandeur de cet effet, pour une personne seule, sans enfant, sans confession et sans fortune, domiciliée à Lausanne, sur la base d'un revenu imposable donné en 2026. Voici ce qu'il donne pour un versement 3a de CHF 7 258.
| Revenu imposable | Impôt sans versement 3a | Impôt avec versement 3a | Différence |
|---|---|---|---|
| CHF 60 000 | CHF 10 452 | CHF 8 708 | CHF 1 744 |
| CHF 80 000 | CHF 15 801 | CHF 13 697 | CHF 2 104 |
| CHF 100 000 | CHF 22 272 | CHF 19 814 | CHF 2 458 |
| CHF 150 000 | CHF 40 852 | CHF 37 906 | CHF 2 946 |
Ces lignes sont un ordre de grandeur pour un résident de Lausanne, au chef-lieu, avec les hypothèses indiquées. Ce n'est pas une économie personnelle : un frontalier résidant en France n'est pas dans cette situation, puisqu'il n'est pas imposé à Lausanne. L'effet réel pour lui dépend de la fiscalité française et de sa situation familiale. Le calculateur de l'effet d'un versement 3a pour un frontalier aide à cadrer la question, sans remplacer l'avis d'un professionnel du côté français.
Ce que cela change dans le choix du produit
Le régime fiscal de 1983 ne désigne aucun produit. Compte bancaire, fonds, police d'assurance : cette décision relève d'autres critères, dont la durée de détention, la tolérance au risque, la monnaie (le franc suisse, alors que vous dépensez en euros) et la souplesse des versements. Une police d'assurance est un engagement à plus long terme, avec une valeur de rachat qui peut être inférieure aux primes versées en début de contrat. Un compte bancaire de prévoyance offre en général plus de liberté sur les montants. Aucune de ces options n'est meilleure en soi : cela dépend de votre horizon et de votre situation.
Autrement dit, pour un frontalier de ces quatre cantons, le raisonnement est inversé par rapport à un salarié résident : on commence par se demander si la déduction existe côté français, puis on évalue le produit. Si la déduction n'existe pas, le 3a reste un outil d'épargne long terme, à juger pour ce qu'il est, et non pour un avantage fiscal supposé.
Capital à la sortie
Un impôt prélevé par le canton débiteur
Le sujet le plus délicat arrive à la fin de la vie professionnelle ou au départ : le retrait du capital. Les règles d'imposition du capital de prévoyance suivent une logique cantonale. La loi fédérale prévoit que les personnes qui reçoivent d'un employeur ou d'une institution de prévoyance sis dans le canton des pensions, retraites ou autres prestations découlant de rapports de travail de droit public sont imposées à la source sur ces prestations. Pour les prestations en capital, le débiteur (la fondation, la banque, l'assureur) retient l'impôt et reçoit une commission de perception : 1 % du montant total de l'impôt à la source, mais au plus 50 francs par prestation en capital, pour l'impôt de la Confédération, des cantons et des communes.
Cette règle de la commission ne vous coûte rien directement : elle rémunère le débiteur pour le travail de prélèvement. Mais elle explique qu'un retrait suisse passe par un prélèvement à la source, même quand vous résidez à l'étranger. La page sur l'impôt à la source sur le capital et le canton débiteur détaille la logique : c'est l'endroit du débiteur qui détermine le canton prélevant, pas votre domicile.
Un taux calculé comme pour une rente
Quand le revenu comprend des versements de capitaux remplaçant des prestations périodiques, l'impôt est calculé compte tenu des autres revenus, au taux qui serait applicable si une prestation annuelle correspondante était versée à la place de la prestation unique. C'est le principe de la LHID, article 11, alinéa 2. L'impôt fédéral direct suit une logique voisine : ces prestations sont, selon l'article 38, alinéa 2 de la LIFD, « dans tous les cas soumises à un impôt annuel entier qui se calcule en additionnant le capital au revenu de l'année fiscale et en appliquant le barème correspondant ».
En clair, le retrait d'un capital n'est pas taxé comme un revenu ordinaire de l'année, mais selon un mécanisme séparé, avec un barème propre. Sa lourdeur dépend du canton, du montant et de la situation personnelle : il serait faux de raisonner sur un taux unique.
Et si je suis résident de France ?
Pour un frontalier de l'accord de 1983, deux questions se posent à la sortie, et il faut les distinguer. La première : quel canton prélève un impôt à la source sur le capital, et à quel taux ? La seconde : quel traitement le fisc français réserve-t-il à la somme perçue, et à quel moment la déclarer ? Les réponses dépendent de la convention de 1966, des règles du canton débiteur et du droit français. La page sur l'imposition du retrait d'un 3a pour un frontalier rassemble ces cas.
Le calculateur officiel de Vaud, « Calculer mes impôts », propose d'ailleurs une case pour simuler l'impôt distinct sur les prestations en capital provenant de la prévoyance. C'est un bon réflexe d'y jeter un œil, en gardant à l'esprit qu'il s'adresse aux contribuables du canton et ne remplace pas la lecture de votre situation de non-résident.
Cas pratique : Maël
Exemple : Maël, 37 ans, habite à Morteau et travaille à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel, pour un salaire moyen de la région. Son employeur a bien reçu son attestation de résidence : aucun impôt à la source suisse n'est retenu sur son salaire. Il verse chaque année une partie du plafond sur un 3a bancaire, et se pose trois questions. Premièrement, le versement est-il déductible côté français ? Deuxièmement, comment déclarer le compte ? Troisièmement, quel sera le traitement du capital le jour où il le retirera, probablement au moment de sa retraite ?
Aucune de ces questions n'a de réponse unique. La première dépend de la fiscalité française, la deuxième d'une obligation déclarative précise, la troisième du canton du débiteur et du moment du retrait. Maël a donc intérêt à conserver ses justificatifs de versement, ses relevés annuels et les documents de son prestataire, et à se renseigner avant, pas après, sur l'effet d'un retrait.
Particularités par canton
Vaud
Vaud est le canton romand le plus fréquenté par les frontaliers français après Genève. Les personnes domiciliées à l'étranger (frontaliers, titulaires d'une résidence secondaire en Suisse) y sont imposées à la source sur leur revenu d'activité suisse, mais l'accord de 1983 neutralise cette règle pour les résidents de France qui remplissent les conditions. Le canton publie un calculateur d'impôts qui comprend l'option de simuler l'impôt distinct sur les prestations en capital de la prévoyance, et il fixe un seuil de TOU de 120 000 CHF de revenu brut annuel pour les personnes imposées à la source. Pour le reste, la page dédiée au 3e pilier dans le canton de Vaud approfondit la situation de l'arrivant comme du frontalier.
Valais
Le Valais figure dans la liste de l'accord. Pour le frontalier français, le régime est donc celui de la résidence. La particularité du canton tient plutôt à sa géographie : les frontaliers y sont moins nombreux côté français, et une part importante des travailleurs transfrontaliers vient d'Italie, pour qui l'accord de 1983 ne s'applique pas. Si vous êtes dans ce cas, la lecture de la page consacrée au Valais vous sera plus utile que celle-ci.
Neuchâtel
Neuchâtel est le canton d'où l'on parle le plus de cet accord, car il est au cœur du bassin d'emploi horloger voisin du Haut-Doubs. Le site de l'administration neuchâteloise résume ainsi le principe : le résident français qui remplit les conditions de l'accord est exonéré de l'impôt à la source suisse ; sinon, la convention de 1966 évite la double imposition. Pour des cas concrets et les démarches côté employeur, la page sur Neuchâtel et l'impôt à la source donne le détail.
Jura
Le Jura est un canton de l'accord, voisin du territoire de Belfort et du Doubs. Le raisonnement fiscal y est identique à celui des autres cantons listés. Les particularités tiennent à la taille du marché du travail et au type d'employeurs (industrie, horlogerie, sous-traitance), qui influence le choix du 2e pilier, donc l'existence d'un petit ou d'un grand 3a. Voir la page sur le Jura.
Fribourg, hors liste
Fribourg n'est pas dans la liste de l'accord du 11 avril 1983, ce qui peut surprendre. Un résident français qui travaille dans ce canton doit donc vérifier son régime avec précision, plutôt que d'étendre à Fribourg ce qui vaut pour Vaud ou Neuchâtel. La page sur Fribourg traite l'arrivée dans ce canton, avec permis B, 3a et impôt à la source.
Tableau de comparaison
| Canton | Dans la liste de l'accord | Régime du résident de France | Particularité pour le 3e pilier |
|---|---|---|---|
| Vaud | Oui | Imposé en France | Calculateur cantonal, seuil de TOU propre aux sourciers |
| Valais | Oui | Imposé en France | Nombreux frontaliers italiens, régime différent |
| Neuchâtel | Oui | Imposé en France | Bassin d'emploi lié au Haut-Doubs |
| Jura | Oui | Imposé en France | Marché du travail industriel, voisin de Belfort |
| Fribourg | Non | À vérifier | Régime à confirmer avec l'employeur |
| Genève | Non | Régime propre | Voir la page dédiée |
Déclarer en France
Ce qu'il faut déclarer et quand
Le résident français qui détient un compte de prévoyance en Suisse est, en général, tenu de déclarer l'existence de ce compte étranger. C'est une obligation distincte de celle de déclarer les revenus. Elle porte sur le compte lui-même : ouverture, détention, clôture. Les pages Déclarer son 3a en France et 3e pilier suisse : déclaration française, 3916 et CSG/CRDS détaillent ces obligations, le formulaire concerné et les prélèvements sociaux possibles. Un oubli peut entraîner une amende, voire un redressement : c'est pourquoi la déclaration du compte ne doit pas être traitée comme un détail.
Les documents à garder
Pour que votre dossier soit défendable devant l'administration française, trois familles de documents méritent d'être conservées. D'abord les relevés annuels de votre prestataire, avec le solde au 31 décembre et les versements de l'année. Ensuite l'attestation de résidence remise à l'employeur et la preuve de son dépôt. Enfin, au retrait, le décompte de l'impôt à la source retenu en Suisse, qui sert de pièce justificative pour éviter la double imposition.
- Attestation de résidence fiscale française remise à l'employeur suisse
- Relevés annuels du compte ou de la police 3a
- Preuve de la déclaration du compte étranger chaque année
- Décompte de l'impôt retenu à la source en cas de retrait
- Questions posées au prestataire sur les frais, la monnaie et les conditions de retrait
Le calendrier
Il n'y a pas de calendrier unique entre la Suisse et la France. Côté suisse, les versements au 3a se comptent par année civile. Côté français, la déclaration des revenus suit son propre rythme annuel. Une rapide mise en parallèle des dates de l'année, par exemple dans le calendrier fiscal du frontalier, évite les mauvaises surprises. Pour les personnes qui disposent d'une fortune et de revenus non soumis à l'impôt à la source et qui sont dans le circuit de la TOU en Suisse, le formulaire de déclaration se demande avant le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale concernée.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'accord franco-suisse de 1983 ?
C'est un accord conclu le 11 avril 1983 entre la France et la Suisse, qui s'applique aux cantons frontaliers à l'exception de Genève. Il prévoit que le travailleur y est imposé dans son pays de résidence. Concrètement, un résident de France qui travaille dans un canton de la liste n'est pas imposé à la source en Suisse, s'il remplit les conditions de l'accord.
Quels cantons sont concernés par l'accord de 1983 ?
La liste comprend Neuchâtel, Vaud, le Valais, Berne, Soleure, Bâle-Campagne, Bâle-Ville et le Jura. Fribourg et Genève n'y figurent pas. Pour un frontalier romand, les cantons à retenir sont donc Vaud, le Valais, Neuchâtel et le Jura.
Si je travaille à Lausanne, mon employeur retient-il l'impôt à la source ?
En principe non, si vous résidez en France et remplissez les conditions de l'accord, et si votre employeur dispose de votre attestation de résidence. Sans ce document, l'employeur peut appliquer le régime ordinaire et retenir l'impôt à la source suisse. Vérifiez donc votre dossier auprès des ressources humaines.
Puis-je ouvrir un 3a si je suis frontalier dans un de ces cantons ?
Le droit de verser à un 3a dépend d'un revenu d'activité soumis à l'AVS en Suisse, pas du régime fiscal. Un frontalier salarié remplit en général cette condition. Voir la page sur le 3e pilier du frontalier pour le détail, notamment sur le prestataire et les documents.
Le versement sur un 3a est-il déductible quand je suis imposé en France ?
La déductibilité dépend du droit du pays qui vous impose, ici la France. Le barème suisse et le calculateur de l'AFC ne s'appliquent pas à votre cas, puisqu'ils décrivent un résident suisse. Faites vérifier la déduction côté français avant de bâtir votre épargne sur cet argument.
Les chiffres du calculateur de l'AFC sont-ils ce que j'économiserai ?
Non. Ils décrivent une personne seule, sans enfant, sans confession et sans fortune, domiciliée à Lausanne, avec un revenu imposable donné. C'est un ordre de grandeur pour un résident vaudois. Pour un frontalier résidant en France, l'effet réel dépend de la fiscalité française et de sa situation familiale.
Quel est le plafond du 3a en 2026 et en 2027 ?
Avec un 2e pilier, le plafond est de 7 258 CHF en 2026 et de 7 373 CHF en 2027. Sans 2e pilier, pour un indépendant non affilié, le montant maximal est de 36 288 CHF en 2026 et de 36 864 CHF en 2027, dans la limite de 20 % du revenu de l'activité lucrative. Ce plafond s'applique aussi aux frontaliers qui remplissent la condition.
Qu'est-ce que la TOU, et me concerne-t-elle ?
La taxation ordinaire ultérieure concerne les personnes imposées à la source qui résident en Suisse : elle est obligatoire si leurs revenus bruts atteignent un certain montant, ou si elles ont des revenus non soumis à l'impôt à la source. À Vaud, le seuil est de 120 000 CHF de revenu brut annuel. Un frontalier de l'accord de 1983, imposé en France, n'est en principe pas dans ce circuit.
Comment est imposé le capital que je retirerai d'un 3a ?
Le capital est imposé séparément, avec un barème propre, calculé comme si une prestation annuelle correspondante était versée. L'impôt à la source peut être prélevé par le canton du débiteur de la prestation, et le débiteur reçoit une commission de perception. Le traitement côté français est distinct et doit être examiné séparément. Voir la page sur l'impôt à la source sur le capital.
Faut-il déclarer mon 3a en France ?
Oui, dans la plupart des cas, le compte étranger doit être déclaré. Il s'agit d'une obligation distincte de la déclaration de revenus. Les pages dédiées à la déclaration en France détaillent la démarche et les risques d'un oubli.
Mon employeur change de canton : mon régime change-t-il ?
Cela peut arriver. Le critère est le canton où se trouve le siège, l'administration effective ou l'établissement stable de l'employeur. Un changement d'employeur ou une mutation vers Genève ou Fribourg ne conduit pas aux mêmes règles. Demandez une confirmation écrite avant de modifier vos versements.
Sources
- Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance (LIFD) — Fedlex
- Impôt à la source : non-résidents (LHID, art. 35, 35b, 37) — Fedlex
- Taxation ordinaire ultérieure (TOU) des résidents imposés à la source (LHID, art. 33a) — Fedlex
- Prestations en capital de prévoyance : imposition séparée (LHID, art. 11) — Fedlex
- Impôt à la source (résidents en Suisse) (LIFD, art. 89) — Fedlex
- Confédération — base légale (LIFD, art. 38) — Fedlex
- Frontaliers : Genève et accord franco-suisse du 11 avril 1983 — République et canton de Genève
- Impôt à la source et frontaliers — République et canton de Neuchâtel
- Personnes imposées à la source (sourciers) — Canton de Vaud
- Calculer mes impôts — Canton de Vaud
- Imposition à la source et taxation ordinaire ultérieure (TOU) — Administration fédérale des contributions
- Plafonds du 3e pilier a — OFAS / Conseil fédéral
- Calculateur fiscal de l'AFC
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