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3 piliers suisses et retraite française : comment ils s'emboîtent

Frontalier ou ancien frontalier, vous touchez une retraite de chaque côté de la frontière : AVS, caisse de pension et 3a en Suisse, régimes de base et complémentaire en France. Voici comment les assembler et dans quel ordre agir.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

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Dans cette page
  1. Deux systèmes, une seule retraite à reconstituer
  2. Ce que la France verse et ce que la Suisse verse
  3. Pension suisse du 1er pilier et régime français de base
  4. Capital ou rente du 2e pilier et complémentaire française
  5. Le 3e pilier suisse face à l'épargne retraite française
  6. Calendrier d'un dossier : à quel âge demander quoi
  7. Fiscalité des pensions perçues des deux pays
  8. Questions à poser avant la dernière année d'activité
  9. Questions fréquentes

Si vous avez travaillé en Suisse tout en habitant en France, votre retraite ne viendra pas d'un guichet unique. La retraite suisse d'un frontalier se compose de l'AVS (1er pilier), de la caisse de pension (2e pilier, LPP) et, si vous en avez ouvert un, du pilier 3a. Côté français, le régime de base et la retraite complémentaire s'y ajoutent. Chacune de ces sources a son organisme, sa demande, son calendrier et sa fiscalité. Cette page les met côte à côte pour que vous voyiez ce que chaque pays verse, dans quel ordre vous devez vous en occuper et quelles questions poser avant la dernière année d'activité.

Deux systèmes, une seule retraite à reconstituer

Il n'existe pas de « retraite franco-suisse » unique. Il existe deux systèmes qui ne se parlent que sur un point : les règles européennes de coordination permettent de totaliser les périodes d'assurance pour ouvrir un droit, mais chaque pays calcule et verse sa part séparément. La Suisse ne paie que pour les cotisations versées en Suisse ; la France ne paie que pour les trimestres validés en France. Aucun des deux ne compense les lacunes de l'autre.

Pour garder une vue claire, il est utile de distinguer trois questions, que l'on confond souvent.

  • Qui verse ? Un organisme différent pour chaque source : une caisse de compensation pour l'AVS, une institution de prévoyance pour la LPP, une banque ou une assurance pour le 3a, et côté français, les caisses du régime de base et de la complémentaire.
  • Sous quelle forme ? Rente à vie pour l'AVS, rente ou capital (ou un mélange) pour la caisse de pension, capital pour la plupart des 3a, rente pour certaines polices.
  • Qui impose, et comment ? Là encore, la réponse change source par source, et selon votre pays de résidence au moment où l'argent arrive.

Le schéma ci-dessous situe les cinq sources d'un ancien frontalier. Les trois piliers suisses forment un ensemble ; les deux régimes français en forment un autre.

Les sources de retraite d'un ancien frontalierVotre retraite à reconstituerCôté suissepériodes travaillées enSuisseCôté françaispériodes travaillées enFranceAVS1er pilierCaisse depension2e pilier LPPPilier 3aépargneindividuelle liéeRégime de base françaisRetraite complémentairefrançaise
Les sources de retraite d'un ancien frontalier

Un point de méthode avant d'aller plus loin : le vocabulaire diffère. Ce que la France appelle « âge légal » n'est pas ce que la Suisse appelle « âge de référence » ; les deux ne tombent pas forcément le même jour pour vous, et chaque pays applique sa propre règle. Les pages dédiées à l'AVS du frontalier et au 2e pilier du frontalier détaillent chaque pilier ; celle-ci sert de plan d'ensemble.

Ce que la France verse et ce que la Suisse verse

Pour un frontalier, la répartition suit une logique simple : chaque pays verse en proportion de ce qu'il a lui-même encaissé en cotisations. Un salarié qui a passé une partie de sa carrière à Genève et une autre en France reçoit donc des prestations suisses calculées sur les années genevoises et des prestations françaises calculées sur les années françaises.

Côté suisse : trois étages

  1. L'AVS est une rente de base, versée à vie. Son montant dépend des années de cotisation et du revenu moyen, pas de votre pays de résidence.
  2. La caisse de pension (LPP) est l'étage professionnel. Elle verse une rente, un capital, ou une combinaison, selon le règlement de votre institution et vos choix.
  3. Le pilier 3a est facultatif. Vous l'avez alimenté vous-même ; il se retire sous forme de capital pour l'essentiel des comptes bancaires, et parfois sous forme de rente pour des polices d'assurance.

Côté français : deux étages

  • Le régime de base verse une pension calculée sur les trimestres validés et les meilleures années de salaire.
  • La retraite complémentaire verse une pension fondée sur des points accumulés pendant la vie active en France.

Ce qui surprend le plus souvent un ancien frontalier, c'est l'absence de réciprocité automatique : la Suisse ne vous demandera jamais si la France a déjà versé votre pension, et inversement. C'est à vous d'ouvrir chaque dossier. Si vous voulez voir comment cette logique s'applique à un parcours complet, la page sur la retraite d'un frontalier et ses trois piliers prolonge ce tableau.

Un exemple pour fixer les idées

Exemple fictif : Nathalie, 59 ans, habite Thonon-les-Bains. Elle a travaillé douze ans à Genève, puis vingt ans en France. Voici, sans aucun montant, la reconstitution schématique de ses sources.

  • Pour ses douze années genevoises : une rente AVS (proportionnelle à ces années), un avoir de caisse de pension (resté dans l'institution de son dernier employeur genevois ou déposé sur un compte de libre passage), et, si elle l'a ouvert, un compte 3a.
  • Pour ses vingt années françaises : une pension du régime de base et des points de retraite complémentaire.

Nathalie n'a donc pas une retraite, mais cinq lignes à demander, auprès de quatre ou cinq organismes. Sa première tâche n'est pas de calculer, mais de dresser la liste : qui détient quoi, avec quels documents d'identification. Les montants personnels viendront des relevés officiels ; cette page n'en invente aucun.

Pension suisse du 1er pilier et régime français de base

C'est la partie la plus simple à comprendre, et celle où les erreurs de calendrier sont les plus coûteuses.

L'AVS : une rente par la caisse de compensation

Vous avez cotisé à l'AVS sur votre salaire suisse. À l'âge de référence, vous pouvez demander la rente de vieillesse correspondante, même si vous résidez en France. Les rentes sont en règle générale versées sur un compte bancaire ou postal, ce qui n'impose pas d'avoir un compte suisse : un versement sur un compte français est une pratique courante, à confirmer avec la caisse.

Trois points à connaître :

  • Le calcul anticipé est gratuit en principe. Une personne assurée, actuelle ou passée, peut demander un calcul anticipé de sa rente de vieillesse ; il est gratuit, mais une taxe de CHF 300 au plus peut exceptionnellement être prélevée si la personne a moins de 40 ans ou l'a déjà demandé dans les cinq dernières années sans raison particulière. À l'approche de la retraite, le demander est donc sans enjeu.
  • L'ajournement est possible. Le versement de la rente de vieillesse peut être ajourné d'une année au moins et de cinq ans au plus, pour la totalité ou pour une part comprise entre 20 et 80 %. Il peut être révoqué en tout temps à compter du début du mois suivant. L'ajournement a des effets sur le montant de la rente, qu'il faut chiffrer avec la caisse avant de décider.
  • Les lacunes peuvent parfois se combler. Des cotisations versées entre l'âge de référence et cinq ans plus tard peuvent combler des lacunes, si le revenu réalisé atteint 40 % au moins de la moyenne des revenus de l'activité lucrative non partagés et si la cotisation minimale annuelle est versée. Cela concerne surtout ceux qui poursuivent une activité en Suisse.

Si vous continuez à travailler après l'âge de référence, deux règles méritent d'être connues. Le salarié qui veut que les cotisations soient perçues sur l'intégralité de son salaire le communique à chaque employeur séparément, au plus tard lors du premier salaire suivant l'âge de référence ou du premier salaire d'une année suivante ; ce choix est reconduit automatiquement l'année d'après. Et un nouveau calcul de la rente peut être demandé une seule fois, en ne prenant en compte que les cotisations versées pendant cinq années au plus après l'âge de référence ; la rente recalculée naît le premier jour du mois qui suit la demande. Pour l'effet des réformes récentes, voyez AVS 21 et la retraite des frontaliers.

Le régime de base français : trimestres et dossier

La pension de base française dépend de la durée d'assurance validée et du salaire annuel moyen retenu. Ce que vous avez cotisé en Suisse peut, par totalisation, aider à compléter la durée d'assurance exigée pour ouvrir ou majorer certains droits, sans pour autant que la France verse une pension à la place de la Suisse. La demande se fait auprès de la caisse d'assurance retraite de votre région de résidence ; elle demande habituellement vos relevés de carrière, et le dossier doit mentionner vos périodes suisses.

Le piège le plus fréquent : croire que les années suisses « suivent » automatiquement dans le dossier français. Elles ne sont prises en compte que si vous les déclarez, avec les attestations de la caisse de compensation suisse.

Capital ou rente du 2e pilier et complémentaire française

Le 2e pilier est l'étage où les choix ont le plus de conséquences, parce que certains sont irréversibles.

Les trois formes possibles

En règle générale, les prestations de la caisse de pension sont allouées sous forme de rente. L'assuré peut demander que le quart de son avoir de vieillesse déterminant lui soit versé en capital. Beaucoup de règlements vont plus loin que ce minimum légal et permettent un capital plus important, voire la totalité. C'est donc d'abord le règlement de votre caisse qu'il faut lire. Pour la répartition entre étapes, la prestation de vieillesse peut être perçue sous forme de rente en trois étapes au plus ; en capital, le retrait peut aussi se faire en trois étapes au plus, une étape comprenant tous les retraits d'une année civile.

Pour un frontalier, la comparaison rente contre capital n'est pas seulement financière. Elle touche aussi :

  • la fiscalité : le traitement d'un capital et celui d'une rente ne sont pas les mêmes, ni en Suisse ni en France ;
  • la monnaie : une rente suisse est versée en francs suisses, alors que vos dépenses sont en euros ;
  • la liquidité : un capital peut financer un projet, un logement ou un complément ; une rente couvre le quotidien, sans capital à transmettre ;
  • la transmission : le capital éventuellement restant se transmet, la rente suit les règles propres au règlement.

Que faire de l'avoir si vous ne travaillez plus en Suisse ?

Si vous avez quitté votre dernier employeur suisse avant l'âge de la retraite, votre avoir est soit resté dans la caisse, soit transféré sur un compte ou une police de libre passage. Dans les deux cas, il faut savoir où il se trouve et à quelle date il pourra être demandé. Les institutions de libre passage ont leurs propres conditions ; renseignez-vous auprès d'elles à l'avance plutôt qu'à la dernière minute.

Face à la complémentaire française

La retraite complémentaire française (Agirc-Arrco pour les salariés du privé) fonctionne en points, versés sous forme de pension à vie, sans option de capital. Elle n'a donc pas d'équivalent de la décision « capital ou rente » du 2e pilier suisse. Cette asymétrie explique pourquoi l'arbitrage suisse mérite le plus de temps : c'est le seul étage où vous choisissez une forme de versement. Pour un tour d'horizon complémentaire, la page sur la retraite en France après la Suisse suit ce thème de près, et celle consacrée au frontalier résidant en France traite l'impôt et les régimes en parallèle.

Le 3e pilier suisse face à l'épargne retraite française

Le pilier 3a est la pièce que beaucoup de frontaliers oublient, parce qu'il n'est jamais versé automatiquement : c'est un compte ou une police que vous avez ouvert et alimenté volontairement. On y arrive par la déduction fiscale suisse, selon les règles de la loi sur l'impôt fédéral direct (art. 33 al. 1 let. e : sont déductibles les primes, cotisations et montants versés pour acquérir des droits contractuels dans des formes reconnues de prévoyance individuelle liée). Si vous êtes imposé à la source, la possibilité de déduire dépend de votre situation ; la page sur la déduction du 3a et la TOU l'explique pour les frontaliers.

Quand peut-on retirer ?

Les prestations de vieillesse du 3a peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence. Les contrats ne peuvent pas prévoir la fin du contrat après la 70e année. Entre ces deux bornes, vous choisissez, dans le cadre du contrat, la date de retrait. Le versement en espèces après le début d'une activité indépendante obéit à une règle spéciale : il n'est possible que dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement, et la totalité de l'avoir doit alors être retirée, sans retrait partiel.

Comparaison avec l'épargne française

Un 3a n'a pas de jumeau exact en France. Il ressemble à une épargne retraite individuelle, mais ses règles propres (plafond annuel, blocage jusqu'à l'approche de la retraite, imposition séparée du capital) ne se retrouvent pas à l'identique de l'autre côté. Les plafonds suisses donnent un ordre de repère : en 2026, le plafond 3a avec 2e pilier s'élève à CHF 7 258 et celui sans 2e pilier à CHF 36 288 (dans la limite de 20 % du revenu).

7 258 CHF

Plafond 3a avec 2e pilier en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 288 CHF

Plafond 3a sans 2e pilier en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

Plafonds 3a, repères officiels

Ces plafonds concernent la phase de versement ; à la retraite, ils n'ont plus d'incidence directe, sauf si vous cotisez encore. La page sur le frontalier actif après l'âge de référence traite ce cas.

Capital ou rente pour le 3a

La plupart des comptes 3a bancaires se retirent en capital ; certaines polices 3a d'assurance prévoient une rente. Si vous avez une police, la rente 3a d'assurance pour un résident en France décrit ce que l'on peut attendre. Pour le retrait d'un compte, voyez la page retirer son 3a depuis la France à la retraite. Pour l'étalement, lisez aussi échelonner ses retraits de 3a : l'étalement ne rapporte pas toujours ce qu'on imagine, notamment pour un non-résident.

Calendrier d'un dossier : à quel âge demander quoi

Le calendrier n'est pas celui d'une seule date : il s'étale sur plusieurs années, et chaque pays a ses délais. La frise ci-dessous met les démarches dans l'ordre. Elle ne fixe aucune date personnelle : votre propre âge de référence et votre âge de départ français déterminent les vôtres.

De cinq ans avant la retraite à un an aprèsCinq ans avantLe 3a peut être retiré au plus tôt à ce stade ;faites le point sur vos comptes et sur lerèglement de la caisse de pension.Plusieurs années avantDemandez le relevé de carrière français et lecalcul anticipé de la rente AVS.Dernière année d'activitéAnnoncez votre départ à la caisse de pension etdemandez les options rente ou capital.Plusieurs mois avantDéposez le dossier du régime de base français etcelui de la complémentaire.À l'âge de référence suisseDéposez la demande de rente AVS, ou décidez del'ajourner.Au départ à la retraitePercevez les pensions françaises ; retirez les 3aprévus et déclarez chaque revenu.Un an aprèsContrôlez les premiers versements et les retenues,et demandez la restitution si besoin.
De cinq ans avant la retraite à un an après

Ce qui se demande tôt

  • Les relevés : ils prennent du temps à obtenir, surtout si vos employeurs suisses ont changé de forme juridique ou fermé.
  • Les adresses des institutions : une caisse de pension ou un compte de libre passage oublié se retrouve par les démarches de recherche prévues pour cela ; n'attendez pas le dernier moment.
  • Le choix capital ou rente : les règlements imposent souvent un préavis pour un retrait en capital. Il faut le lire dans votre règlement, pas le supposer.

Ce qui se demande tard

L'AVS se demande à l'approche de l'âge de référence, la complémentaire française au moment du départ français, le 3a quand vous choisissez de le retirer. Aucune de ces demandes n'est déclenchée automatiquement par l'autre. Pour un panorama voisin des départs avant l'âge légal, voyez la retraite anticipée du frontalier et son 3a.

Fiscalité des pensions perçues des deux pays

La fiscalité est l'angle qui inquiète le plus, et celui où il faut le plus de prudence. Les règles sont posées par la convention fiscale franco-suisse sur les pensions et les capitaux de prévoyance. Retenez le principe, puis vérifiez chaque cas auprès des administrations fiscales concernées, car les détails (surtout pour les capitaux) dépendent de votre situation.

Le principe, source par source

  • Pensions françaises (base et complémentaire) : imposées en France, comme revenu de votre foyer.
  • Rente AVS : le droit d'imposer revient en principe au pays de résidence, soit la France si vous y vivez ; la Suisse ne retient en règle générale pas d'impôt sur cette rente pour un non-résident.
  • Rente de caisse de pension : côté suisse, les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de prestations d'institutions suisses de droit privé de prévoyance professionnelle ou de formes reconnues de prévoyance individuelle liée doivent l'impôt sur ces prestations ; le taux est de un pour cent du revenu brut pour les rentes. Côté français, la rente est ensuite à déclarer, avec la possibilité d'une imputation selon la convention.
  • Capital de caisse de pension ou de 3a : pour les prestations en capital, l'impôt suisse est calculé selon l'art. 38 al. 2 de la loi fédérale (prestations imposées séparément, art. 38 al. 1), et le canton du débiteur joue un rôle central, comme l'explique la page sur l'impôt à la source sur le capital. Côté français, le traitement du capital et la prise en compte de l'impôt suisse déjà retenu sont à vérifier avec le fisc français ; ne partez pas du principe qu'un capital est exonéré chez vous.

Le tableau de synthèse

Le tableau suivant récapitule les sources publiques. Il ne remplace ni une fiche fiscale individuelle ni l'avis de l'administration : les colonnes « imposition en France » indiquent le principe à vérifier.

Source Organisme Forme de versement Imposition en France (principe à vérifier)
Régime de base français Caisse d'assurance retraite Pension à vie Imposée comme pension, dans le revenu du foyer
Retraite complémentaire française Caisse de retraite complémentaire Pension à vie Imposée comme pension, dans le revenu du foyer
AVS (1er pilier) Caisse de compensation suisse Rente à vie À déclarer en France selon la convention ; vérifier le traitement exact
Caisse de pension (2e pilier) Institution de prévoyance Rente, capital ou mixte Rente : à déclarer ; capital : traitement particulier à vérifier
Pilier 3a bancaire Fondation bancaire de prévoyance Capital le plus souvent À déclarer ; l'impôt suisse retenu est à faire valoir
Pilier 3a assurance Assureur (police liée) Capital ou rente Selon la forme choisie ; vérifier avant de signer

Taxation ordinaire ultérieure et délais

Si vous avez été imposé à la source sur vos salaires suisses, les années d'activité peuvent encore avoir des suites fiscales. La taxation ordinaire ultérieure (TOU) doit être demandée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale concernée ; les personnes qui quittent la Suisse doivent l'avoir demandée au moment du dépôt de la déclaration de départ. Ce délai est strict. Il concerne surtout la phase d'activité, mais il explique pourquoi un dossier de départ doit se préparer avant le dernier jour de travail. Le calendrier fiscal du frontalier place ces dates dans l'année.

Côté France : ce qu'il faut déclarer

Un compte 3a, un compte de libre passage ou une police suisse ouverts ou détenus à l'étranger relèvent d'obligations déclaratives en France, détaillées dans la page déclaration française du 3e pilier suisse. La fortune détenue en Suisse peut aussi compter dans des impôts français sur le patrimoine, comme l'expose la page sur le 3a, la fortune suisse et l'IFI. Pour estimer l'impôt suisse sur un retrait, le simulateur d'impôt sur le retrait du 3a donne un ordre de grandeur, jamais un résultat personnel.

Les pièges fiscaux les plus fréquents

  • Oublier de déclarer un compte suisse, au motif que l'argent n'a pas encore été retiré.
  • Supposer une double imposition automatique et ne rien demander ; ou, à l'inverse, supposer qu'elle est évitée automatiquement et ne pas conserver les attestations de retenue.
  • Retirer plusieurs capitaux la même année sans en avoir mesuré l'effet sur l'impôt de cette année-là.
  • Perdre les justificatifs : l'attestation de retenue remise par le débiteur est la pièce qui permet de faire valoir l'impôt déjà payé.

Questions à poser avant la dernière année d'activité

La dernière année d'activité est celle où vous pouvez encore tout ajuster. Voici une liste de questions, à poser aux organismes concernés plutôt qu'à vous-même.

  • À la caisse de pension : quelles sont les formes de prestation possibles (rente, capital, mixte) et quel préavis exige le règlement ?
  • À la caisse de pension : que devient mon avoir si je quitte l'entreprise avant la retraite, et où sera-t-il déposé ?
  • À la caisse de compensation : puis-je obtenir un calcul anticipé de ma rente AVS et un relevé de mes années de cotisation ?
  • À la caisse de compensation : comment la rente est-elle versée à un résident en France, et sur quel type de compte ?
  • À la banque ou à l'assureur du 3a : quelle est la procédure de retrait, quels documents, et quelles retenues à la source seront appliquées ?
  • À l'assurance retraite française : quels trimestres sont validés, et comment mes périodes suisses sont-elles prises en compte ?
  • À la caisse complémentaire française : combien de points sont inscrits, et comment les périodes suisses interviennent-elles ?
  • À l'administration fiscale française : comment déclarer chaque revenu et comment faire valoir l'impôt suisse déjà retenu ?

Si vous ne savez pas par où commencer, la comparaison gratuite permet de recevoir une comparaison d'offres de 3e pilier adaptée à votre situation, notamment si vous avez encore quelques années de cotisation devant vous. Elle ne remplace pas ces démarches auprès des organismes officiels, elle les complète.

Les cas particuliers à signaler d'emblée

  • Vous avez été indépendant en Suisse : les règles du 3a et de la prévoyance ne sont pas les mêmes ; le retrait de la totalité de l'avoir après le début d'une activité indépendante obéit à la règle décrite plus haut.
  • Vous êtes couple, avec un conjoint qui a lui aussi des droits des deux côtés : chaque dossier se traite séparément, mais la fiscalité française se calcule au niveau du foyer.
  • Vous avez travaillé dans plusieurs cantons ou pour plusieurs employeurs : plusieurs caisses de pension, plusieurs avoirs, plusieurs débiteurs de retenue ; la liste du début devient plus longue.
  • Vous partez en retraite avant l'âge de référence suisse : le 3a peut se retirer plus tôt, mais l'AVS ne se déclenche pas automatiquement avec la France.

Questions fréquentes

Un frontalier touche-t-il la retraite suisse en vivant en France ?

Oui. Le droit à l'AVS et à la caisse de pension découle des cotisations versées en Suisse, pas de votre lieu de résidence. Les prestations sont versées à l'étranger. En revanche, la demande doit être faite par vos soins, auprès de chaque organisme, et les règles fiscales dépendent de votre résidence.

La France et la Suisse additionnent-elles mes années de travail ?

Pour ouvrir un droit, les périodes peuvent être totalisées en vertu des règles européennes de coordination. Pour le montant, chaque pays ne calcule que sur ses propres périodes : la Suisse sur vos années suisses, la France sur vos années françaises. Aucun des deux ne compense la part de l'autre.

Dois-je demander moi-même la rente AVS ?

Oui, la rente ne part pas toute seule. Vous déposez une demande auprès de la caisse de compensation compétente, avant l'âge de référence, avec vos pièces d'identité. Vous pouvez demander à l'avance un calcul anticipé, gratuit en principe, pour savoir à quoi vous attendre.

Puis-je reporter ma rente AVS ?

Oui, le versement peut être ajourné d'une année au moins et de cinq ans au plus, pour la totalité ou pour une partie de la rente. Il peut être révoqué en tout temps, à compter du début du mois suivant. L'effet exact sur le montant se chiffre avec la caisse avant toute décision.

Rente ou capital pour mon 2e pilier : qui décide ?

C'est vous, dans les limites du règlement de la caisse. La règle est la rente, avec la possibilité de demander le quart de l'avoir de vieillesse déterminant en capital ; certains règlements autorisent davantage. Comme le choix est souvent irréversible, relisez le règlement et vérifiez le préavis exigé.

À partir de quel moment puis-je retirer mon 3a ?

Les prestations de vieillesse du 3a peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, et les contrats ne peuvent pas prévoir leur fin après la 70e année. Entre les deux, la date dépend du contrat et de votre choix. Des règles particulières existent pour les indépendants.

Mon 3a suisse est-il imposé deux fois ?

Pas automatiquement : la convention fiscale franco-suisse vise à éviter la double imposition. Mais l'impôt retenu en Suisse et l'impôt dû en France se règlent selon des procédures distinctes. Gardez l'attestation de retenue remise par le débiteur et vérifiez avec l'administration française comment l'impôt suisse est pris en compte.

Quel impôt la Suisse retient-elle sur une rente de caisse de pension versée en France ?

Pour les bénéficiaires domiciliés à l'étranger, le taux prévu par la loi fédérale pour les rentes est de un pour cent du revenu brut. Les prestations en capital sont calculées selon une règle distincte. La France demande ensuite une déclaration de ces revenus.

Faut-il déclarer en France un 3a qu'on n'a pas encore retiré ?

Un compte détenu à l'étranger relève d'obligations déclaratives, même si l'argent n'a pas bougé. Les modalités sont expliquées dans la page sur la déclaration française du 3e pilier suisse. En cas de doute, il vaut mieux déclarer à tort que d'omettre une déclaration.

Que faire si j'ai perdu la trace d'une caisse de pension ?

Commencez par rassembler vos anciens certificats de salaire et décomptes de prévoyance, puis adressez-vous aux organismes de recherche d'avoirs oubliés prévus en Suisse. Le dossier français ne pourra pas vous aider à la retrouver ; il faut passer par le côté suisse.

Peut-on continuer à cotiser à l'AVS après l'âge de référence ?

Oui, si vous poursuivez une activité en Suisse. Le salarié qui veut que les cotisations soient perçues sur l'intégralité de son salaire en informe chaque employeur ; l'indépendant ne cotise qu'au-delà d'une franchise annuelle, sauf s'il y renonce par communication à la caisse. Un nouveau calcul de la rente peut ensuite être demandé une seule fois.

Sources

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