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Vous venez de décrocher un permis B et la question du 3e pilier se pose : faut-il ouvrir un pilier 3a tout de suite, que devient-il si le statut évolue, et que reste-t-il de ce choix si vous rentrez un jour chez vous ? Ce guide suit le parcours d'un arrivant venu d'un pays voisin, de l'installation au permis C puis au passeport suisse. À chaque étape, il distingue ce qui change vraiment (l'impôt, la façon de déclarer, la sortie de l'impôt à la source) de ce qui reste identique (les règles du 3a lui-même), et il garde en tête le retour possible vers l'Allemagne, la France ou l'Italie.
Une précision d'emblée : le statut de séjour n'est pas un critère du 3a. Ce qui compte, c'est un revenu d'une activité lucrative soumis à l'AVS et votre affiliation, ou non, à une caisse de pension. Le permis agit ailleurs : sur la manière dont votre revenu est imposé, donc sur la manière dont vous faites valoir la déduction. C'est cette mécanique que les sections suivantes déroulent.
Arriver avec un permis B : première année
Le permis B est le titre de séjour de l'arrivant qui s'installe pour travailler. Pour le 3e pilier, il ouvre l'essentiel : dès lors que vous exercez une activité lucrative en Suisse et cotisez à l'AVS, vous pouvez verser dans un pilier 3a, qu'il s'agisse d'un compte auprès d'une fondation bancaire de prévoyance ou d'une police d'assurance liée. Le 3a est un produit de prévoyance individuelle liée : l'argent y est bloqué jusqu'à un motif de retrait prévu par l'OPP 3.
Exemple : Léna, 34 ans, venue d'Allemagne en 2026, ingénieure à Neuchâtel, permis B puis permis C. Elle commence son contrat au printemps, reçoit son premier bulletin de salaire avec une retenue d'impôt à la source, et se demande si elle peut déjà alimenter un 3a pour l'année en cours. Nous suivrons son parcours tout au long du guide, pour illustrer chaque étape.
Quel plafond s'applique la première année ?
Deux plafonds existent, selon que vous êtes affilié à une caisse de pension (2e pilier) ou non. Un salarié d'une entreprise qui l'affilie à la LPP relève du plafond le plus bas ; une personne sans 2e pilier, par exemple un indépendant non affilié, peut verser davantage, dans la limite d'une part de son revenu d'activité. Les repères officiels de l'année figurent ci-dessous.
7 258 francs
Plafond 3a 2026 avec 2e pilier
Source: 3e pilier a — plafonds de déduction (OFAS)
36 288 francs
Plafond 3a 2026 sans 2e pilier
Source: 3e pilier a — plafonds de déduction (OFAS)
7 373 francs
Plafond 3a 2027 avec 2e pilier
Source: Conseil fédéral, décision du 2 octobre 2026
36 864 francs
Plafond 3a 2027 sans 2e pilier
Source: Conseil fédéral, décision du 2 octobre 2026
31 mars de l'année suivante
Dernier jour pour demander la taxation ordinaire ultérieure
Source: Impôt à la source (résidents en Suisse) — Fedlex
Ces plafonds sont des maximums annuels de déduction, pas des objectifs. Ce que vous pouvez verser dépend de votre revenu, de votre trésorerie et de votre horizon : le site informe sur les règles, il ne dit pas quel montant vous convient. La page sur le plafond 3a de l'année suivante et les arrivants détaille ce que le relèvement annoncé change.
L'année d'arrivée : un versement possible, une déduction à organiser
Arriver en cours d'année ne vous prive pas du 3a. Votre revenu est partiel, mais le plafond de l'année n'est en principe pas réduit au prorata : la question pratique porte plutôt sur la trésorerie des premiers mois, quand il faut aussi meubler un logement, payer une caution et avancer des frais d'installation. Beaucoup d'arrivants préfèrent d'abord stabiliser leurs charges fixes, puis verser sur la fin de l'année. Les cas de revenu partiel la première année sont traités à part.
Le point de vigilance est ailleurs. Avec un permis B, vous êtes en principe soumis à l'impôt à la source : les travailleurs sans permis d'établissement, domiciliés ou en séjour en Suisse au regard du droit fiscal, sont imposés à la source sur le revenu de leur activité dépendante (art. 83 al. 1 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct, LIFD). Or le barème de l'impôt à la source ne tient pas compte de vos cotisations 3a. Verser dans un 3a ne réduit donc pas, tel quel, la retenue de votre salaire.
Déduire son 3a quand on est imposé à la source
Pour faire valoir la déduction, il faut passer par la taxation ordinaire ultérieure (TOU). Les règles de base :
- certaines personnes imposées à la source y sont soumises obligatoirement, par exemple si leurs revenus bruts atteignent ou dépassent un montant fixé par le Département fédéral des finances avec les cantons, ou si elles ont des revenus non soumis à l'impôt à la source (art. 89 al. 1 LIFD) ;
- les autres peuvent la demander ; la demande doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'année fiscale concernée, et elle s'étend au conjoint vivant en ménage commun (art. 89a LIFD) ;
- une fois la TOU accordée, le montant déjà perçu à la source est imputé, sans intérêts, sur l'impôt ordinaire.
Pour Léna, cela signifie que son versement 3a de l'année ne produit pas d'effet visible sur sa fiche de salaire. Il pèsera sur son impôt seulement si elle dépose une demande de TOU dans le délai. Le montant d'économie qui en résulte dépend de son revenu, de son canton, de sa situation familiale et de ses autres déductions : ce n'est jamais un chiffre à retenir d'avance. Le détail de ce mécanisme pour un nouveau résident se trouve dans la page permis B, impôt à la source et 3a.
Le rachat rétroactif, une porte ouverte aux arrivants ?
Une nouveauté concerne les années où l'on n'a pas pu verser : le rachat rétroactif de cotisations 3a. Il est possible pour jusqu'à dix ans de cotisations manquantes, il est déductible fiscalement l'année où il est effectué, et il s'applique à partir de l'année fiscale 2026 (rachat portant sur 2025). Autre condition : il faut avoir versé l'intégralité de la cotisation due pour l'année en cours avant de racheter, en une fois, celle de l'année précédente.
Pour un arrivant, l'enjeu est de savoir quelles années comptent comme « manquantes » : une période passée à l'étranger, sans revenu soumis à l'AVS en Suisse, ne se comble pas de la même façon qu'une année de séjour suisse sans versement. La page sur le rachat rétroactif pour arrivants et frontaliers examine ces cas ; la réponse dépend de votre dossier et de l'avis du prestataire de 3a.
Obtenir le permis C : ce qui change
Le permis C, ou permis d'établissement, marque un cap : vous n'êtes plus un travailleur en séjour dont le droit dépend du contrat, mais un résident établi. Les conditions d'octroi varient selon la nationalité et le canton : la durée de séjour préalable, l'intégration, la maîtrise d'une langue nationale, l'absence de condamnation ou de poursuites pèsent dans la décision. Le service cantonal chargé de la population indique la durée applicable à votre pays d'origine ; cette page ne la chiffre pas, faute de source officielle commune à tous les cantons dans ce dossier. Pour le détail du titre lui-même, voir la page permis C et 3e pilier.
Ce qui ne change pas : le 3a
Votre 3a reste le même contrat, le même compte, la même fondation ou la même police. Le plafond dépend toujours de votre affiliation au 2e pilier et de votre revenu, pas de la couleur de votre permis. Les motifs de versement anticipé restent ceux de l'OPP 3 : rachat dans une institution de prévoyance professionnelle, invalidité complète sans couverture, début ou changement d'activité indépendante, acquisition d'un logement pour ses propres besoins, départ définitif de Suisse.
Ce qui change : la façon d'être imposé
Là se trouve le vrai changement. L'impôt à la source frappe les personnes sans permis d'établissement ; avec le permis C, vous sortez de ce régime et vous êtes taxé selon la procédure ordinaire, avec une déclaration d'impôt annuelle. Trois conséquences pratiques :
- La déduction du 3a devient directe. Vous la portez dans votre déclaration, sans demande de TOU. C'est l'effet le plus apprécié, mais il suppose de conserver l'attestation de versement que le prestataire de 3a délivre en début d'année suivante.
- Vous déclarez aussi le reste. Fortune, comptes, titres, éventuels biens à l'étranger : la déclaration ordinaire est plus complète que la retenue à la source. Pensez aux comptes que vous avez gardés dans votre pays d'origine.
- Votre conjoint peut changer de régime. Les époux vivant en ménage commun ne sont pas imposés à la source si l'un d'eux a la nationalité suisse ou est au bénéfice d'un permis d'établissement (art. 83 al. 2 LIFD et art. 32 al. 2 de la loi sur l'harmonisation des impôts directs, LHID). Si vous obtenez le permis C avant votre conjoint, c'est donc tout le ménage qui bascule.
Un piège de calendrier
L'année du changement de régime, vous pouvez avoir connu les deux situations : une partie des mois à la source, puis le reste en taxation ordinaire, selon la date retenue par votre canton. Gardez vos fiches de salaire, l'attestation du permis et le justificatif de versement 3a, et vérifiez auprès de l'administration fiscale cantonale comment l'année est traitée. La règle du 31 mars pour demander la TOU de l'année écoulée reste utile si votre dernier exercice à la source n'a pas encore été régularisé.
Léna, après son passage au permis C, constate que sa déclaration d'impôt lui demande des informations que la retenue ne réclamait pas : l'attestation 3a, le détail de ses comptes, ses frais professionnels. Elle comprend aussi qu'elle n'a plus de TOU à demander : la déduction se fait en une seule opération.
Tableau : ce que le permis change pour le 3e pilier
| Étape | Impôt sur le revenu | Déduction du 3a | Ce qui reste identique |
|---|---|---|---|
| Permis B | Impôt à la source | Par la TOU, sur demande | Droit de verser, plafond selon le 2e pilier |
| Permis C | Taxation ordinaire | Directe, dans la déclaration | Contrat 3a, plafond, motifs de retrait |
| Passeport suisse | Taxation ordinaire | Directe, dans la déclaration | Contrat 3a, plafond, motifs de retrait |
Naturalisation : un statut sans effet sur le 3a
La naturalisation est un événement lourd sur le plan personnel, mais elle ne modifie presque rien dans votre 3e pilier. Le droit de cotiser, le plafond, les motifs de retrait et la logique du blocage restent attachés à votre situation professionnelle et à votre contrat de 3a, non à votre nationalité.
Sur le plan fiscal : peu de différence avec le permis C
Vous étiez déjà taxé de manière ordinaire depuis le permis C : le passeport suisse n'ajoute pas de nouvelle déduction. Il a en revanche un effet sur le conjoint, car l'exemption de l'impôt à la source vaut dès que l'un des époux a la nationalité suisse ou un permis d'établissement. Si votre conjoint était resté sous permis B alors que vous aviez le permis C, la situation est déjà réglée ; si vous êtes la première personne du couple à obtenir l'un de ces statuts, l'effet joue à ce moment-là.
Sur le plan de la prévoyance : la logique ne change pas
Un citoyen suisse qui quitte le pays peut, comme un étranger, demander son 3a au titre du départ définitif de Suisse, sans que sa nationalité l'avantage ou le pénalise. Ce qui compte pour l'impôt et pour le retrait, c'est le domicile : où vous vivez, où vous êtes taxé, quel pays impose le capital. La nationalité n'est pas le critère.
Ce qui change dans la vie de tous les jours
Le passeport suisse vous donne des droits politiques et la liberté de vous installer sans condition de séjour. Pour un arrivant qui pensait « rester quelques années puis voir », le passeport rend le retour en Suisse plus simple s'il part puis souhaite revenir. Sur le plan de la prévoyance, l'effet est indirect : avec un statut plus stable, vous pouvez envisager un horizon plus long pour votre 3a et pour votre 2e pilier, donc penser autrement la répartition entre le 3a et le pilier 3b.
Léna, elle, hésite à demander la nationalité suisse : elle craint de perdre sa nationalité allemande. La réponse tient au droit de chaque pays (voir plus bas, la section sur la double nationalité), non à la prévoyance.
Ce qu'il faut vérifier avant la demande
- Le règlement cantonal de naturalisation : il fixe les conditions pratiques, les pièces et les délais, qui relèvent du canton et de la commune.
- L'état de votre dossier fiscal : des impôts impayés ou une déclaration manquante peuvent gêner la procédure.
- L'effet sur la nationalité d'origine : la législation de votre pays dit si elle autorise la double nationalité.
Quitter la Suisse à chaque étape : le retrait
Un arrivant qui s'installe peut rentrer un jour chez lui : retour au pays après un contrat, rapprochement familial, retraite à l'étranger. La bonne nouvelle est que le 3a prévoit ce cas. Parmi les motifs de versement anticipé, l'OPP 3 cite le départ définitif de Suisse (art. 3 OPP 3). Le principe ne varie pas selon que vous aviez un permis B, un permis C ou un passeport suisse ; ce qui varie, ce sont les modalités et l'impôt.
Avec un permis B
C'est l'étape où le retour est le plus fréquent. Le contrat de travail prend fin, le permis perd sa base, vous quittez le logement : la déclaration de départ est déposée auprès de la commune, et c'est elle qui fixe le point de départ du retrait. Les personnes qui quittent la Suisse doivent avoir demandé la taxation ordinaire ultérieure au moment du dépôt de la déclaration de départ (art. 89a al. 3 LIFD et art. 33b al. 3 LHID). Si vous avez versé dans un 3a pendant votre séjour, ne laissez donc pas passer ce moment sans examiner si une demande de TOU est utile pour récupérer l'effet de la déduction.
Le capital 3a lui-même est ensuite versé, avec une retenue d'impôt à la source sur la prestation en capital. Le canton compétent et le taux dépendent de votre situation ; la page sur l'impôt à la source du capital selon le canton du débiteur explique qui décide.
Avec un permis C
Le permis C ne bloque pas le départ, mais il impose un geste : l'autorité compétente prend acte de votre départ, et le permis d'établissement s'éteint après une absence prolongée de Suisse selon les règles de votre canton. Le statut d'établi ne vous donne aucun droit supplémentaire sur le 3a : le motif de retrait est le même, le départ définitif. La particularité est fiscale : comme vous étiez en taxation ordinaire, vous n'avez pas de TOU à demander, mais vous devez régulariser votre déclaration l'année du départ.
Avec un passeport suisse
Le départ à l'étranger d'un citoyen suisse produit les mêmes effets sur le 3a. Vous gardez le droit d'y revenir, ce qui rend le projet « partir puis voir » plus souple. Si vous rentrez ensuite en Suisse, vous pouvez rouvrir un 3a (voir la page rentrer en Suisse après un départ).
Qu'advient-il du 2e pilier ?
Le 3a n'est qu'une partie du dossier. Votre avoir de caisse de pension suit des règles distinctes : selon que vous partez dans un État de l'UE ou de l'AELE, ou ailleurs, la partie obligatoire de l'avoir de libre passage peut ne pas être versée en espèces. Vérifiez ce point auprès de votre caisse de pension avant de décider de la date de départ. Ne présumez pas que le 3a et la LPP se règlent de la même façon : ils obéissent à deux logiques.
Les pièces à réunir pour demander le retrait
- l'attestation de départ de la commune ou une preuve de la nouvelle résidence à l'étranger ;
- un justificatif d'identité en cours de validité ;
- le numéro de compte ou de police 3a, et l'adresse de remise du capital ;
- les documents que le prestataire exige pour appliquer l'impôt à la source.
Pour un guide pas à pas, voyez la page sur le retrait du 3a quand on quitte la Suisse et la check-list du départ.
Quel pays imposera le capital ?
Une fois le capital perçu, la question suivante est celle de l'impôt dans votre pays de résidence. Un exemple : un retour en France ouvre des obligations déclaratives propres, détaillées dans la page déclaration française du 3e pilier suisse. Le simulateur d'impôt sur le retrait du 3a selon le pays de résidence permet de comparer des situations types ; il ne remplace pas l'avis de l'administration compétente.
Double nationalité et impôts à l'étranger
Quand on cumule plusieurs nationalités, deux questions se posent : celle du statut juridique et celle de l'impôt. Elles sont distinctes, et beaucoup d'erreurs viennent de leur confusion.
La nationalité n'est pas le critère fiscal
Pour l'impôt, ce qui compte est la résidence fiscale. Un double national résidant en Suisse est imposé en Suisse ; installé en Allemagne, en France ou en Italie, il est imposé là-bas selon les règles de ce pays. Les conventions contre les doubles impositions répartissent le droit d'imposer entre les États. Pour un résident français qui travaille en Suisse, par exemple, le résident remplissant les conditions de l'accord de 1983 est exonéré de l'impôt à la source suisse ; sinon, la convention de 1966 évite la double imposition. Ces cas visent les frontaliers, mais ils illustrent la logique : c'est la résidence et le lieu de travail qui déterminent l'État qui impose.
Deux États, deux déclarations ?
Si vous quittez la Suisse pour votre pays d'origine tout en conservant un 3a, deux obligations coexistent :
- côté suisse, l'impôt à la source sur le capital au moment du versement ;
- côté résidence, la déclaration des revenus, de la fortune ou des comptes étrangers selon les règles de votre pays.
Les conventions tendent à éviter que la même somme soit imposée deux fois, mais les mécanismes varient : imputation, exonération, crédit d'impôt. Ils ne s'appliquent pas automatiquement : il faut souvent déclarer et justifier. Pour la France, par exemple, les règles sur les comptes détenus à l'étranger et les prélèvements sociaux méritent une lecture attentive.
Le piège du double statut
Certains pays imposent leurs ressortissants sur leur revenu mondial, quel que soit le lieu de résidence, ou prévoient des règles particulières pour les anciens résidents. Si vous avez gardé une nationalité qui répond à ce schéma, la convention et les règles internes de ce pays déterminent ce que vous devrez déclarer. La question mérite un avis fiscal personnalisé, car il dépend de la nationalité conservée, du pays de résidence et du type de revenu.
Léna, de nationalité allemande, se demande si le passeport suisse change sa situation à Berlin le jour où elle y retournera. La réponse se trouve dans la convention applicable entre la Suisse et l'Allemagne et dans le droit allemand ; l'administration fiscale du futur pays de résidence est la source à interroger, avant le départ.
Succession : ne pas oublier les héritiers
Une dernière hypothèse concerne la transmission. Chaque héritier a droit, indépendamment des autres, au rappel d'impôt simplifié sur les éléments de fortune et de revenu soustraits par le défunt, sous des conditions précises : aucune autorité fiscale n'en a connaissance, l'héritier collabore sans réserve et fait l'effort d'acquitter le rappel (art. 53a LHID, calculé sur les périodes fiscales précédant l'année du décès). Pour un double national dont les avoirs sont répartis entre deux pays, ce mécanisme rappelle l'intérêt de tout déclarer à temps.
Calendrier d'un arrivant sur dix ans
Pour fixer les idées, voici la frise d'un parcours type. Les durées exactes dépendent de votre nationalité et de votre canton : la frise ne donne aucune date, seulement l'ordre des décisions.
Les marqueurs à retenir
- Chaque année : conservez l'attestation de versement du 3a, vérifiez le plafond de l'année et, si vous êtes à la source, notez la date limite du 31 mars.
- Au passage du permis C : annoncez votre nouveau statut à votre employeur, à votre caisse et à votre prestataire de 3a, et demandez à l'administration fiscale comment l'année de transition sera traitée.
- À l'approche d'un projet : achat d'un logement, activité indépendante ou départ ; chacun est un motif de versement anticipé, et chacun doit être préparé par un calendrier de retraits plutôt que décidé à la dernière minute.
Checklist de l'arrivant
- Vérifier si mon employeur m'affilie à une caisse de pension
- Connaître le plafond 3a de l'année qui me concerne
- Conserver chaque attestation de versement 3a
- Noter la date du 31 mars pour la demande de TOU
- Informer mon prestataire de 3a de tout changement de permis
- Rassembler les pièces utiles à un retrait en cas de départ
Pour une première vue d'ensemble de l'architecture suisse de la retraite, la page les trois piliers pour l'arrivant pose le vocabulaire.
Les besoins varient d'une personne à l'autre : un salarié affilié à une caisse généreuse, une personne qui souhaite acheter un logement ou une famille avec un conjoint sans emploi n'ont pas les mêmes priorités. Pour confronter votre situation aux offres disponibles, vous pouvez demander une comparaison gratuite ; elle ne constitue pas un conseil personnalisé.
Questions fréquentes
Un permis B suffit-il pour ouvrir un 3a ?
Oui, dès lors que vous exercez une activité lucrative soumise à l'AVS. Le permis B autorise le séjour pour travailler, et le droit de verser dans un pilier 3a dépend du revenu et de l'affiliation à la caisse de pension, pas du type de permis. Chaque prestataire peut toutefois demander des pièces d'identité et de résidence que vous devez lui présenter.
Pourquoi ma déduction 3a n'apparaît-elle pas sur ma fiche de salaire ?
Parce que l'impôt à la source applique un barème qui ne tient pas compte des cotisations 3a. Pour que le versement compte, il faut demander une taxation ordinaire ultérieure, au plus tard le 31 mars de l'année suivante. L'effet sur l'impôt dépend de votre situation et ne peut pas être fixé d'avance.
Que devient mon impôt à la source quand j'obtiens le permis C ?
Il cesse : l'impôt à la source concerne les personnes sans permis d'établissement. Vous passez à la taxation ordinaire, avec une déclaration annuelle. Selon le canton, l'année de transition peut mêler les deux régimes ; demandez à l'administration fiscale cantonale comment elle est traitée.
Mon conjoint reste-t-il à la source si j'ai le permis C ?
En principe non : les époux vivant en ménage commun ne sont pas imposés à la source si l'un d'eux a la nationalité suisse ou un permis d'établissement. Le changement de régime touche donc le ménage entier. Vérifiez la date d'effet auprès de votre canton, car elle peut fixer le début de l'obligation de déclarer.
Le passeport suisse améliore-t-il mon 3a ?
Non, il ne modifie ni le plafond, ni les motifs de retrait, ni la fiscalité du compte. Il peut avoir des effets indirects : stabilité du séjour, sortie de l'impôt à la source pour le conjoint, facilité de revenir en Suisse après un départ. Le 3a reste lié à votre activité et à votre contrat.
Puis-je retirer mon 3a si je repars dans mon pays d'origine ?
Oui : le départ définitif de Suisse figure parmi les motifs de versement anticipé de l'OPP 3. Il faut déposer une déclaration de départ et fournir les pièces demandées. Le capital est imposé selon les règles applicables, avec un impôt à la source sur la prestation, et il faudra ensuite examiner l'imposition dans votre pays de résidence.
Faut-il retirer le 3a au départ ou le laisser en place ?
La réponse dépend de votre situation. Retirer au départ simplifie le dossier et ferme la relation avec le prestataire ; laisser le 3a en place peut convenir si le contrat le permet et si le retrait sera plus avantageux plus tard. L'impôt du pays de résidence, le type de produit et vos projets pèsent dans la décision. Une comparaison personnalisée aide à trancher.
Un 3a ouvert en permis B survit-il à un retour puis à une nouvelle arrivée ?
Si vous avez retiré le capital au départ, le contrat est clos et vous pourrez en ouvrir un nouveau au retour. Si vous l'avez conservé, il continue selon son contrat. Dans les deux cas, le rachat rétroactif peut jouer, à condition de remplir ses conditions, dont le versement intégral de la cotisation de l'année en cours.
La double nationalité change-t-elle l'impôt sur mon capital 3a ?
Pas en soi : c'est la résidence qui détermine l'État qui impose. Les conventions contre les doubles impositions répartissent ensuite le droit d'imposer. Certains pays ont des règles spécifiques pour leurs ressortissants ou pour les anciens résidents ; le droit interne du pays de résidence doit donc être examiné au cas par cas.
Qui peut m'aider à comparer des offres de 3a pendant ces années de transition ?
Le site informe, il ne conseille pas et ne recommande aucun prestataire. Le formulaire de comparaison gratuite vous permet de recevoir une comparaison d'offres adaptée à votre statut, tandis que les pages de ce site expliquent les règles à connaître. Pour un cas fiscal complexe, tournez-vous aussi vers l'administration fiscale compétente.
Sources
- Impôt à la source (résidents en Suisse) — Fedlex
- Impôt à la source (résidents en Suisse), taxation ordinaire ultérieure — Fedlex
- Impôt à la source : résidents sans permis d'établissement — Fedlex
- Taxation ordinaire ultérieure des résidents imposés à la source — Fedlex
- Délais, prescription, recours et rappel d'impôt — Fedlex
- 3e pilier a — retrait et imposition — OFAS
- 3e pilier a — plafonds de déduction 2026 — OFAS
- Plafonds 3a 2027 — Conseil fédéral
- Rachat rétroactif de cotisations 3a — OFAS
- Frontaliers — Administration fédérale des contributions
- Imposition à la source et taxation ordinaire ultérieure (TOU) — Administration fédérale des contributions
- Frontaliers : Genève et accord franco-suisse du 11 avril 1983 — Canton de Neuchâtel
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