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Quasi-résident et TOU : le 3a pour un frontalier genevois

La taxation ordinaire ultérieure d'un frontalier est la démarche qui peut ouvrir, après coup, des déductions que l'impôt à la source ignore, dont le pilier 3a. Voici qui peut la demander, comment, et avant quelle échéance.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

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Dans cette page
  1. TOU : sigle et logique
  2. Qui peut la demander côté frontalier
  3. Les déductions qui s'ouvrent, dont le 3a
  4. Le calendrier de la demande
  5. Après la TOU : impôt sur le capital 3a
  6. Pièges des couples franco-suisses
  7. Questions fréquentes

Un frontalier qui travaille à Genève voit son impôt prélevé directement sur son salaire, mois après mois. Cette retenue est simple, mais elle ne sait rien de votre pilier 3a. La taxation ordinaire ultérieure d'un frontalier, que l'on abrège en TOU, est la démarche qui permet, dans des cas précis, de faire recalculer l'impôt comme pour un contribuable ordinaire, avec les déductions que le barème à la source ne contient pas.

Beaucoup de frontaliers entendent parler de la TOU au détour d'une conversation de bureau, souvent résumée en une phrase : « il faut être quasi-résident ». C'est à la fois juste et trop court. Cette page suit le parcours administratif de bout en bout : ce que signifie le sigle, qui entre dans le champ de la demande, ce qui s'ouvre en matière de déductions, le calendrier à respecter, ce qui se passe quand vous retirez un jour votre capital 3a, et les pièges propres aux couples qui vivent entre la France et la Suisse. La réponse finale dépend toujours de votre situation personnelle : revenu, composition du foyer, pays de résidence, affiliation au 2e pilier. Seule une comparaison personnalisée, ou l'administration fiscale compétente, peut trancher votre cas.

TOU : sigle et logique

Ce que l'impôt à la source remplace

Quand vous travaillez en Suisse sans permis d'établissement ou sans domicile fiscal suisse, votre impôt est prélevé à la source. L'Administration fédérale des contributions cite précisément les frontaliers et les personnes en séjour hebdomadaire parmi les personnes concernées. Votre employeur retient l'impôt sur chaque paie et le verse à l'autorité fiscale du canton.

Le point décisif est juridique. Pour un non-résident, l'impôt à la source se substitue aux impôts fédéral, cantonal et communal sur le revenu de l'activité lucrative, ceux que l'on perçoit normalement par la procédure ordinaire. Les textes ajoutent une précision lourde de conséquences : sans taxation ordinaire ultérieure sur demande, aucune déduction supplémentaire n'est accordée après coup. Autrement dit, ce qui n'est pas dans le barème n'existe pas, sauf si vous ouvrez la porte de la TOU.

Le barème ne connaît pas votre 3a

Le barème de la retenue intègre des déductions forfaitaires, calculées pour un profil moyen. Les cotisations au pilier 3a n'en font pas partie : l'Administration fédérale des contributions le dit expressément pour les contribuables imposés à la source. Une personne qui verse chaque année une partie du plafond sur son compte de prévoyance liée ne voit donc, dans sa fiche de salaire, aucun effet de ce versement sur la retenue.

C'est pour cette raison que la TOU intéresse le frontalier. Elle ne change pas la nature de votre impôt : elle remplace, pour l'année concernée, la retenue par une taxation qui ressemble à celle d'un résident, avec ses déductions, dont le 3a.

Une demande, pas un automatisme

Pour la personne qui habite en Suisse, la TOU est parfois obligatoire : elle s'impose si les revenus bruts atteignent un certain montant sur l'année, ou si la personne dispose de revenus ou d'une fortune non soumis à la retenue. Ce seuil n'est pas chiffré dans la loi d'harmonisation : il est fixé par le Département fédéral des finances avec les cantons. Pour le frontalier qui habite à l'étranger, le schéma est différent. La TOU est le plus souvent une faculté : elle se demande, et personne ne la déclenche pour vous.

Il existe aussi une TOU d'office. En cas de situation problématique manifeste, notamment lorsque les déductions forfaitaires du taux à la source faussent le résultat, l'autorité cantonale peut ouvrir elle-même une taxation ordinaire ultérieure, en faveur ou en défaveur du contribuable. Retenez que ce mécanisme existe, mais ne comptez pas dessus : la démarche normale est la vôtre.

Pour situer le 3a avant d'aller plus loin, la page Frontalier : le 3e pilier lié, mode d'emploi rappelle les bases du versement.

Qui peut la demander côté frontalier

Les trois portes d'entrée

La loi ouvre la demande à la personne imposée à la source, non résidente, dans trois situations. Il suffit de remplir l'une d'elles.

  1. Une part prépondérante de vos revenus mondiaux, ceux de votre conjoint compris, est imposable en Suisse.
  2. Votre situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse : c'est ce que l'on appelle le quasi-résident.
  3. La TOU est nécessaire pour faire valoir des déductions prévues par une convention contre les doubles impositions.

Ces trois cas figurent à la fois dans la loi sur l'harmonisation des impôts directs (LHID, art. 35a al. 1 let. a à c) et, pour l'impôt fédéral direct, dans la loi sur l'impôt fédéral direct (LIFD, art. 99a al. 1). Les textes ne chiffrent pas la « part prépondérante » : ce seuil relève de la pratique et des instructions des administrations. Ne vous fiez pas à un pourcentage entendu à la machine à café ; demandez-le à l'administration compétente ou vérifiez-le dans ses explications officielles.

Un arbre de décision pour se situer

Le schéma suivant résume la logique d'éligibilité. Il ne remplace pas un examen de votre dossier : il indique par quelle porte vous pouvez tenter d'entrer.

Pouvez-vous demander la TOU comme frontalier ?Une part prépondérante de vos revenus mondiaux,conjoint compris, est-elle imposable en Suisse ?OuiLa demande est ouverte au titre de la partprépondérante des revenus.NonVotre situation est-elle comparable à celled'un contribuable domicilié en Suisse ?OuiLa demande est ouverte au titre duquasi-résident.NonUne convention contre les doublesimpositions prévoit-elle une déductionque seule la TOU permet de faire valoir ?OuiLa demande est ouverte au titre de laconvention.NonAucune des trois portes n'est franchie; l'impôt à la source reste définitif.
Pouvez-vous demander la TOU comme frontalier ?

Ce que « quasi-résident » veut dire concrètement

Le mot est entré dans l'usage courant, mais les textes parlent d'une situation comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse. L'idée est simple : si presque tout votre revenu familial se forme en Suisse, la Suisse est le seul État en mesure de tenir compte de votre capacité contributive personnelle. Votre pays de résidence n'a presque rien à imposer, donc presque rien à déduire. Dans ce cas, refuser les déductions au motif que vous habitez de l'autre côté de la frontière serait injuste, et la TOU corrige cela.

Pour un Genevois de travail qui habite côté français, le raisonnement s'appuie sur la composition du revenu du foyer entier. Un salaire suisse versé à un conjoint qui n'a aucun revenu en France plaide dans le même sens ; à l'inverse, un conjoint qui perçoit un salaire français important peut faire basculer le calcul. Cette logique de foyer est détaillée pour le cas genevois dans Frontalier à Genève : le régime spécial et le 3a.

Exemple : Hervé, frontalier à Ferney-Voltaire

Exemple : Hervé habite à Ferney-Voltaire et travaille à Genève. L'essentiel du revenu de son foyer vient de son emploi genevois ; son épouse n'a pas de revenu professionnel. Hervé est affilié à une caisse de pension et verse une partie du plafond de l'année sur un compte 3a suisse. Il est imposé à la source. S'il ne fait rien, sa retenue ne reflète pas son versement. S'il estime que son foyer remplit l'une des trois portes d'entrée, il peut déposer une demande de TOU pour l'année concernée afin que ce versement soit pris en compte. Cet exemple est fictif : il illustre la mécanique, pas une issue garantie.

Ce qui ne dépend pas de vous

Deux limites méritent d'être connues. La première : la TOU suit l'assujettissement à la source. Elle s'applique tant que vous êtes imposé à la source, et prend fin avec cet assujettissement. La seconde : une demande acceptée ne change pas votre pays de résidence fiscale. Votre pays d'habitation garde le droit d'imposer certains revenus selon la convention applicable, et ses propres règles de déclaration restent en vigueur. Pour la France, voir 3e pilier suisse : déclaration française, 3916 et CSG/CRDS.

Les déductions qui s'ouvrent, dont le 3a

Ce que la TOU ajoute au calcul

Une fois la TOU accordée, votre revenu est taxé comme celui d'un contribuable ordinaire. Les déductions que le barème forfaitaire ne contenait pas deviennent possibles. L'Administration fédérale des contributions cite le pilier 3a en première ligne : les quasi-résidents imposés à la source peuvent demander la TOU pour déduire notamment leurs cotisations au pilier 3a. Pour l'impôt fédéral direct, les textes précisent que les personnes imposées à la source non domiciliées en Suisse peuvent déduire leurs cotisations 3a si elles remplissent les conditions de l'art. 99a LIFD, ou si une taxation ultérieure d'office est ouverte selon l'art. 99b LIFD.

D'autres charges se présentent dans la même logique, selon le canton : cotisations aux assurances, frais, rachats éventuels au 2e pilier. Elles ne sont pas toutes traitées sur cette page, qui se concentre sur le 3a.

Les plafonds de versement à garder en tête

Le droit de déduire n'a de sens que dans la limite du plafond de l'année. Le tableau suivant reprend les repères officiels cités par la Confédération et par le canton de Genève.

CHF 7 258

Plafond 3a avec 2e pilier en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

CHF 36 288

Plafond 3a sans 2e pilier en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

CHF 7 373

Plafond 3a avec 2e pilier en 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

31 mars de l'année suivante

Date limite de la demande de TOU, ni prolongeable

Source: Imposition à la source et taxation ordinaire ultérieure (TOU)

Les repères de la page

Le plafond le plus élevé s'applique à une personne qui n'est pas affiliée au 2e pilier, par exemple un indépendant. Pour 2026, la page du canton de Genève indique qu'il se limite à une part du revenu déterminant, à hauteur de 20 %. Les deux plafonds de 2027 sont plus élevés que ceux de 2026 ; la page Plafonds 3a 2027 : ce qui concerne frontaliers et non-résidents détaille ce que cela change. Pour votre situation précise, voyez aussi Frontalier : quel plafond 3a selon votre permis et votre emploi ?.

Un ordre de grandeur, jamais une promesse

Le calculateur fiscal de l'Administration fédérale des contributions permet de mesurer l'effet d'un versement 3a. Les résultats ci-dessous concernent une personne seule, sans enfant, sans confession et sans fortune, domiciliée dans le chef-lieu genevois, avec un revenu imposable donné, pour l'année 2026 et un versement de CHF 7 258.

Revenu imposable Impôt sans versement 3a Impôt avec versement 3a Différence
CHF 60 000 CHF 8 938 CHF 7 049 CHF 1 889 d'impôt en moins
CHF 80 000 CHF 14 338 CHF 12 281 CHF 2 057 d'impôt en moins
CHF 100 000 CHF 20 651 CHF 18 353 CHF 2 298 d'impôt en moins
CHF 150 000 CHF 37 879 CHF 35 157 CHF 2 722 d'impôt en moins

Lisez ce tableau avec prudence. Il concerne une personne domiciliée à Genève, imposée selon le barème ordinaire ; un frontalier qui habite en France n'est pas dans cette position. Ces chiffres ne sont pas une économie personnelle : l'effet réel dépend de votre revenu, de votre foyer, de votre canton et de la décision de l'administration sur votre demande. Pour tester vos propres hypothèses, la page Frontalier : quelle économie d'impôt attendre d'un 3a ? explique les limites du calcul, et l'outil calculez ce qu'un versement 3a change sur votre impôt permet de simuler un ordre de grandeur.

Récapitulatif : à la source seule ou avec TOU

Le tableau ci-dessous compare les deux régimes sur les points qui comptent pour un frontalier. Il se base sur les textes cités dans les sources.

Critère Impôt à la source seul Après TOU sur demande
Base du calcul Barème avec déductions forfaitaires Taxation proche de celle d'un résident
Versements au pilier 3a Non pris en compte Déductibles, sous conditions
Démarche Aucune, la retenue est automatique Demande écrite à l'autorité cantonale
Délai Sans objet Au plus tard le 31 mars de l'année suivante
Déductions supplémentaires ultérieures Aucune Possibles selon le canton
Impôt déjà retenu Définitif Imputé sans intérêts
Conjoint Non concerné La demande s'étend au conjoint vivant en ménage commun

Ce tableau décrit des règles générales. Une demande acceptée n'est pas automatiquement plus favorable : elle l'est seulement si vos déductions et la composition de vos revenus pèsent plus que les forfaits de la retenue.

Une TOU peut aussi jouer contre vous

La loi parle de taxation « en faveur ou en défaveur du contribuable ». Concrètement, une fois dans la procédure ordinaire, l'administration reprend l'ensemble de votre situation : si vos déductions réelles sont modestes et que le barème forfaitaire vous était plutôt favorable, le résultat peut être moins bon. Il peut aussi arriver que d'autres éléments de revenu entrent en ligne de compte. Avant de déposer la demande, demandez-vous donc si votre 3a, et vos autres charges déductibles, sont substantiels par rapport aux forfaits de la retenue. C'est une des raisons pour lesquelles une comparaison personnalisée a du sens.

Le calendrier de la demande

Une échéance unique, sans prolongation

L'échéance est nationale et simple à retenir : la demande de TOU doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'année fiscale concernée. L'Administration fédérale des contributions précise que ce délai n'est pas prolongeable. Pas de rappel, pas de tolérance : une demande déposée après la date ne compte pas, et la retenue à la source reste définitive pour l'année en cause.

La demande se fait pour chaque période fiscale. Autrement dit, la TOU ne se reconduit pas toute seule d'une année sur l'autre : si vous êtes éligible trois années de suite, vous devez en principe déposer trois demandes. Les cantons proposent généralement un formulaire ; renseignez-vous auprès du vôtre pour connaître la forme exacte attendue, la loi fédérale parlant d'une demande écrite.

La frise suivante montre l'ordre des étapes, pour une année fiscale donnée.

Calendrier de la demande de TOU pour une année fiscalePendant l'année fiscaleVous versez sur votre compte 3a ; l'impôt estretenu à la source sans en tenir compte.Fin de l'annéeLe versement doit être enregistré avant la clôturede l'année pour compter pour cette année.Début de l'année suivanteVous recevez l'attestation de votre prestataire 3aet votre certificat de salaire.Évaluation de votre situationVous vérifiez si l'une des trois portes d'entrées'applique à votre foyer.Au plus tard le 31 marsVotre demande écrite de TOU parvient à l'autoritécantonale. Ce délai n'est pas prolongeable.Traitement par l'administrationL'autorité examine vos conditions et reprend lecalcul de l'impôt.Décision de taxationL'impôt retenu à la source est imputé sansintérêts sur le nouveau montant.
Calendrier de la demande de TOU pour une année fiscale

Ce qu'on prépare avant l'échéance

La TOU se prépare plus tôt qu'on ne le croit : le versement 3a, lui, doit avoir été fait pendant l'année pour laquelle vous voulez le déduire. Un versement tardif, après la clôture de l'année, compte pour l'année suivante. Cette règle se vérifie auprès du prestataire de votre compte : la date retenue est celle de l'inscription du versement, pas celle de l'ordre de virement. La page Permis B ou départ : jusqu'à quand verser son 3a ? traite le sujet pour les cas d'arrivée et de départ.

Pour tenir le fil de l'année, le calendrier fiscal du frontalier rassemble les repères utiles.

Les pièces à réunir

Le dossier est généralement léger, mais il demande de la rigueur. Voici la liste que la plupart des cantons attendent, sous une forme ou sous une autre. Vérifiez la vôtre auprès de l'administration cantonale concernée.

  • L'attestation annuelle de votre prestataire 3a, avec les versements de l'année
  • Le certificat de salaire de votre employeur suisse
  • La preuve de votre affiliation, ou non, à une caisse de pension, qui fixe le plafond applicable
  • Les revenus du foyer à l'étranger, y compris ceux de votre conjoint, pour justifier la part de revenus imposable en Suisse
  • Une attestation de résidence du foyer, si l'administration la demande
  • Le formulaire de demande de TOU de votre canton, signé

Le refus ou la difficulté tient souvent à l'absence de preuve sur les revenus de l'autre pays. Mieux vaut chercher ces justificatifs avant le dépôt.

Cas particulier : la personne qui quitte la Suisse

Pour les personnes imposées à la source qui quittent la Suisse, les textes prévoient une règle plus stricte : la TOU doit avoir été demandée au moment du dépôt de la déclaration de départ. Cette disposition figure dans les articles consacrés aux résidents imposés à la source ; elle intéresse en pratique l'ancien titulaire d'un permis B devenu frontalier ou parti à l'étranger. Si c'est votre cas, ne comptez pas sur le 31 mars de l'année suivante : renseignez-vous avant le départ. Le détail des gestes à accomplir se trouve dans la check-list du départ de Suisse.

Après la TOU : impôt sur le capital 3a

La TOU change la déduction, pas la sortie

La TOU règle l'entrée : elle permet de déduire le versement. Ce que vous retirerez un jour de votre compte 3a obéit à un autre régime fiscal. Les prestations en capital de la prévoyance sont imposées à part, avec un taux réduit : c'est l'impôt sur les prestations en capital. Une déduction obtenue grâce à la TOU durant vos années de travail n'efface donc pas l'impôt dû à la sortie, et elle ne dit rien de la manière dont il sera calculé.

Ce que dit le canton de Genève

Le canton de Genève décrit la procédure pour la personne taxée sur son territoire. La déclaration d'une prestation en capital du 2e ou du 3e pilier A se fait en joignant une copie du justificatif de retrait à l'Administration fiscale cantonale (Service des impôts spéciaux) et en reportant le montant à la ligne 98.12 de la déclaration d'impôt. L'impôt est calculé séparément, « au cinquième du taux ordinaire » : c'est la formulation de la page officielle, reprise ici sans le texte de loi.

Cette règle s'adresse à la personne taxée à Genève comme résidente. Pour un frontalier qui retire son capital depuis la France, c'est une autre mécanique qui s'applique : la retenue à la source sur le capital est en général fixée par le canton du débiteur de la prestation, comme l'explique Impôt à la source sur le capital : le canton du débiteur décide. Pour le détail du retrait, voir Frontalier : comment est imposé un retrait du 3a ?.

Un rappel côté pays de résidence

La déduction obtenue en Suisse ne vous dispense pas de regarder ce que votre pays de résidence exige. Il peut demander la déclaration de votre compte étranger, voire imposer certains revenus selon ses propres règles. Un frontalier qui a fait valoir une déduction 3a en Suisse et qui déclare son compte à l'étranger doit pouvoir expliquer chaque pièce : le versement, l'attestation, la demande de TOU, la décision. Gardez ces documents pendant toute la durée de détention du compte, et au-delà tant que le retrait n'est pas définitivement taxé.

Pièges des couples franco-suisses

La demande s'étend au conjoint

Les textes sont explicites : la demande de TOU s'étend au conjoint vivant en ménage commun. Cela a deux conséquences. Les revenus du conjoint comptent dans l'appréciation de la part prépondérante. Et la taxation qui résulte de la demande concerne le couple, pas seulement la personne qui travaille en Suisse. Un couple dont l'un des conjoints travaille à Genève et l'autre en France ne se trouve pas dans la même situation qu'un couple dont un seul conjoint est actif, et ce n'est pas la même chose pour la part prépondérante.

Les revenus de l'autre pays comptent

Pour apprécier la part prépondérante, on regarde les revenus mondiaux du foyer, conjoint compris. Un salaire, une retraite, des revenus de location ou de capitaux situés en France, en Allemagne ou en Italie entrent dans le calcul. Les oublier est le piège classique : la demande est déposée sur la foi d'une situation simplifiée, puis rejetée quand l'administration obtient l'image complète. Dressez la liste honnête de tous les revenus du foyer avant de décider.

Le 3a de chacun des conjoints

Chaque conjoint a son propre plafond de versement, à condition d'avoir son propre revenu d'activité. Un conjoint sans activité lucrative ne peut pas verser dans un pilier 3a à son nom ; le couple ne cumule donc pas deux plafonds si un seul des deux travaille. Cette question est traitée pour les couples qui vivent entre deux pays dans Frontalier marié : le 3e pilier quand le couple vit entre deux pays.

Un foyer qui change d'année en année

La situation d'un couple évolue : un emploi qui s'arrête côté français, une naissance, un déménagement, un nouveau poste en Suisse. Chaque changement peut déplacer le foyer d'un côté ou de l'autre du critère de la part prépondérante. Comme la demande se fait chaque année, la réponse d'une année ne vaut pas pour la suivante. Notez chaque année ce qui a changé dans le foyer.

La déclaration en parallèle dans le pays de résidence

Même après une TOU acceptée, la déclaration dans le pays de résidence suit ses propres règles. Un frontalier qui habite en France remplit une déclaration française qui tient compte de ses revenus suisses ; les conventions évitent normalement la double imposition, mais il faut les appliquer à votre cas. La page Frontalier résidant en France : impôt, 3a et retraite reprend ces questions.

Avant d'agir : la liste des pièges

Pour ne rien oublier avant l'échéance, la page Frontalier : checklist des pièges fiscaux du 3a rassemble les erreurs les plus fréquentes, de la date de versement à l'oubli d'un justificatif.

Questions fréquentes

La taxation ordinaire ultérieure d'un frontalier est-elle automatique ?

Non. Pour le frontalier qui habite à l'étranger, la TOU se demande par écrit. Seule l'autorité cantonale peut ouvrir une taxation d'office, en cas de situation problématique manifeste, mais elle n'y est pas tenue et rien ne garantit qu'elle le fasse pour vous.

Jusqu'à quand puis-je déposer ma demande de TOU ?

Au plus tard le 31 mars de l'année qui suit l'année fiscale concernée. L'Administration fédérale des contributions précise que ce délai n'est pas prolongeable. Une demande tardive ne rouvre pas la retenue à la source, qui reste définitive.

Suis-je quasi-résident si je gagne tout mon revenu à Genève ?

Pas forcément de manière automatique. Les textes parlent de part prépondérante des revenus mondiaux, conjoint compris, ou de situation comparable à celle d'un résident. Le seuil n'est pas chiffré dans la loi. Le revenu de votre conjoint, ainsi que d'éventuels revenus de capitaux ou de location à l'étranger, pèsent dans l'appréciation.

Mon versement 3a est-il déductible sans TOU ?

Pas dans le cas d'un frontalier imposé à la source : le barème ne tient pas compte des cotisations 3a, et sans taxation ordinaire ultérieure sur demande, aucune déduction supplémentaire n'est accordée après coup. C'est précisément l'intérêt de la TOU pour un frontalier qui cotise.

Que se passe-t-il pour l'impôt déjà retenu sur mon salaire ?

Il est imputé sans intérêts sur le nouvel impôt. Si le montant retenu dépasse celui de la nouvelle taxation, la différence peut vous être rendue selon la décision. Si la TOU est moins favorable que la retenue, l'écart peut aussi aller dans l'autre sens.

Dois-je refaire la demande chaque année ?

Oui, en principe. La demande se fait pour chaque période fiscale, et la TOU s'applique jusqu'à la fin de l'assujettissement à la source, année après année, à condition de la demander à chaque fois. Gardez un modèle de dossier pour ne pas repartir de zéro.

Mon conjoint doit-il aussi déposer une demande ?

Non : la demande s'étend au conjoint vivant en ménage commun. En revanche, les revenus du conjoint comptent pour l'examen, et la taxation qui en résulte touche le couple. Rassemblez donc les justificatifs des deux conjoints.

Puis-je faire cette démarche seul ?

Oui, c'est une démarche administrative ordinaire que beaucoup de personnes accomplissent seules. Les situations complexes (revenus des deux côtés de la frontière, indépendant, dirigeant) justifient plus facilement un avis personnalisé. Le site informe, il ne conseille pas : pour savoir où vous en êtes, vous pouvez demander une comparaison gratuite.

La TOU modifie-t-elle l'impôt dû sur mon capital 3a au retrait ?

Non. Elle concerne l'impôt sur le revenu de l'activité, donc la déduction du versement. L'impôt sur les prestations en capital est un autre régime, fixé selon le canton concerné et, pour un non-résident, selon la retenue du débiteur. Les deux questions restent distinctes.

Que faire si je quitte la Suisse cette année ?

La demande de TOU doit avoir été déposée au moment de la déclaration de départ, selon les dispositions applicables aux personnes qui quittent la Suisse. Ne vous fiez pas à l'échéance de mars de l'année suivante : prévenez l'administration et demandez la procédure à suivre avant le départ.

Sources

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