Dans cette page
- Permis, reconnaissance du diplôme, inscription : la chronologie
- Affiliation AVS et caisse maladie à l'installation
- Prévoyance du libéral venu de l'étranger : les trois piliers
- Que devient la prévoyance du pays de départ
- Imposition ordinaire ou à la source selon le permis
- Cas du Dr Fabien, médecin arrivé de Lyon
- Checklist de l'installation
- Questions fréquentes
Ouvrir un cabinet en Suisse quand on a été formé et qu'on a exercé ailleurs, c'est empiler des démarches qui ne dépendent pas toutes du même guichet : l'office cantonal des migrations, l'autorité qui reconnaît le diplôme, la caisse de compensation, l'assurance maladie, le fisc. Pour une profession libérale avec un permis B, la prévoyance vient après ces démarches, mais elle se décide en réalité dès le début, parce qu'un indépendant n'est affilié automatiquement à presque rien. Cette page suit l'ordre réel d'une installation et montre où se placent les trois piliers, ce que devient la prévoyance du pays de départ et ce que change l'imposition. Elle informe ; elle ne remplace ni votre fiduciaire ni une comparaison personnalisée.
Permis, reconnaissance du diplôme, inscription : la chronologie
Le piège le plus fréquent n'est pas fiscal, il est chronologique. Beaucoup de libéraux pensent d'abord au local et à la clientèle, puis découvrent que le permis, l'autorisation de pratiquer et l'inscription professionnelle se conditionnent l'un l'autre. Selon la profession et le canton, l'ordre varie ; la frise ci-dessous donne la logique générale, à confronter avec ce que vous indiquent les autorités de votre canton.
Le permis B d'un indépendant : ce qu'on vous demandera
Un permis B avec activité indépendante n'est pas un permis B de salarié. L'autorité cantonale attend de voir que l'activité est viable : un plan d'affaires, les ressources de départ, parfois des garanties sur le lieu d'exercice. Pour un ressortissant de l'UE ou de l'AELE, la procédure est généralement plus simple que pour un ressortissant d'un État tiers, mais elle reste une démarche à part entière. Si vous venez d'un État tiers, comptez des conditions plus restrictives et un calendrier plus long ; vérifiez-les avant de signer un bail commercial.
Gardez une idée simple en tête : tant que le permis n'est pas délivré, aucune de vos cotisations suisses n'est lancée, et inversement, une fois le permis délivré, les affiliations deviennent exigibles sans que personne ne vienne vous prévenir de la suite.
Diplôme étranger, autorisation de pratiquer, inscription
Trois cas de figure illustrent la diversité des régimes :
- Médecin : le titre est reconnu au niveau fédéral, puis le canton délivre une autorisation de pratiquer à titre indépendant. L'exercice à charge de l'assurance obligatoire des soins suppose en outre une admission cantonale, soumise à des règles de régulation de l'offre qui varient d'un canton à l'autre.
- Avocat : l'inscription au registre cantonal des avocats conditionne la représentation en justice. Le canton examine le titre, le stage ou l'expérience, l'absence de condamnation incompatible et l'indépendance.
- Architecte : l'exercice du métier de projet n'est pas protégé de la même façon, mais le titre et l'inscription à un registre professionnel conditionnent certaines missions et l'accès à certains marchés.
Ce qu'il faut en retenir pour la prévoyance : l'inscription fixe la date réelle de début de votre activité indépendante en Suisse. C'est de cette date que découlent l'affiliation à l'AVS et la première année de cotisations, donc le début de la fenêtre pendant laquelle un rachat reste soumis à un plafond particulier.
Affiliation AVS et caisse maladie à l'installation
S'annoncer à la caisse de compensation
L'indépendant n'est pas affilié d'office par un employeur : c'est lui qui doit s'annoncer auprès de la caisse de compensation, lorsqu'il n'y est pas déjà affilié. La loi ne fixe pas de délai à cet endroit précis, ce qui ne signifie pas que l'on peut attendre : les cotisations d'une année sont calculées sur le revenu de l'activité et un retard crée des correctifs rétroactifs, parfois des intérêts.
Le choix de la caisse suit une logique simple, que la loi organise :
- si vous êtes membre d'une association professionnelle fondatrice d'une caisse, vous relevez de la caisse de cette association ; si vous êtes à la fois membre d'une association professionnelle et d'une association interprofessionnelle, vous choisissez l'une des deux ;
- si vous n'appartenez à aucune association fondatrice, vous relevez de la caisse de compensation cantonale.
Pour un médecin, un avocat ou un architecte, il existe souvent une caisse rattachée à l'association du métier. Demandez à l'association si elle gère sa propre caisse, et quels services s'y ajoutent (conseil, facturation des acomptes). Le choix de la caisse ne change pas vos droits à la rente, mais il change l'interlocuteur et la façon dont les acomptes de cotisations sont fixés.
Une particularité mérite l'attention des personnes arrivées dans l'année : les indépendants et certains salariés ne sont pas assurés lorsqu'ils ne remplissent les conditions d'assurance que pour une période relativement courte ; le Conseil fédéral règle les modalités. Pour une installation durable, ce cas ne vous concerne pas, mais il est utile à connaître si votre projet est un séjour d'essai.
Les périodes à l'étranger : la totalisation
Votre carrière d'avant n'est pas perdue. Pour les ressortissants de l'UE et de l'AELE, les accords de coordination permettent en principe d'additionner les périodes d'assurance accomplies dans plusieurs États pour vérifier si vous remplissez les conditions d'ouverture d'un droit à pension. Cette totalisation sert à ouvrir un droit ; elle ne transforme pas vos années françaises, allemandes ou italiennes en années suisses de cotisation. Chaque État calcule et verse sa propre pension pour les périodes accomplies sous son régime. Pour un libéral arrivé tard, la question des années manquantes est traitée dans les lacunes AVS de l'indépendant arrivé tard.
L'assurance maladie : obligatoire, pour toute la famille
Toute personne qui s'installe en Suisse est tenue de s'assurer auprès d'une caisse maladie dans un délai fixé par la loi, et la couverture remonte alors à la date de l'arrivée. Cela concerne aussi le conjoint et les enfants qui vous rejoignent. Le choix du modèle (franchise, médecin de famille, etc.) est une question d'assurance, pas de prévoyance, mais elle pèse sur votre budget d'installation et donc sur ce que vous pourrez affecter à votre 3e pilier.
Deux assurances qu'un salarié reçoit sans les demander ne sont pas automatiques pour vous : l'indemnité journalière en cas de maladie et la couverture accident. Elles se souscrivent librement, auprès d'un assureur. Un libéral dont le revenu s'arrête avec son activité a tout intérêt à examiner cette question avant d'épargner pour la retraite. Cela relève de l'assurance privée ; nous n'en recommandons aucune, mais nous vous invitons à la traiter en même temps que la prévoyance.
Prévoyance du libéral venu de l'étranger : les trois piliers
Le modèle suisse repose sur trois piliers. Pour un indépendant, le premier est obligatoire, le deuxième facultatif, le troisième libre mais fiscalement très encadré. Un aperçu des trois piliers pour l'arrivant se trouve dans Arriver en Suisse : les 3 piliers.
| Pilier | Pour l'indépendant | Ce que le libéral venu de l'étranger doit régler |
|---|---|---|
| 1er pilier (AVS et AI) | Obligatoire | S'annoncer à la caisse de compensation, cotiser sur le revenu de l'activité |
| 2e pilier (LPP) | Non obligatoire, affiliation facultative | Décider d'une affiliation à l'institution de la profession ou à l'institution supplétive |
| 3e pilier lié (3a) | Facultatif, déductible dans des limites | Ouvrir un compte ou une police liés, choisir le plafond applicable |
| 3e pilier libre (3b) | Facultatif, déduction très limitée | À envisager après les trois autres, selon la situation |
Le 2e pilier : un choix, pas un automatisme
Les indépendants ne sont pas soumis à l'assurance obligatoire LPP ; ils peuvent s'affilier à titre facultatif à l'institution de prévoyance dont ils relèvent en raison de leur profession, ou à la fondation institution supplétive LPP. Or cette décision commande le plafond du pilier 3a : affilié à une institution du 2e pilier, vous relevez du « petit 3a » ; non affilié, vous avez accès au « grand 3a ». Voir aussi permis B, activité indépendante et petit 3a.
Une affiliation tardive n'est pas une catastrophe, mais elle n'est pas neutre : sans 2e pilier, la retraite repose sur l'AVS, le 3a et l'épargne personnelle, et il faut alors construire seul ce qu'une caisse de pension d'employeur aurait bâti à votre place. Si vous vous affiliez, une règle de rachat s'applique aux arrivants : selon l'administration genevoise, qui résume l'art. 79b LPP, pendant les cinq premières années suivant l'affiliation à une institution de prévoyance suisse après une arrivée de l'étranger, le rachat annuel ne peut pas dépasser 20 % du salaire assuré. Le rachat est une opération à soigner ; l'institution vous précisera ce qui est possible chez elle.
Le 3e pilier a : deux plafonds, un seul critère
Pour un indépendant avec un permis B, l'accès au pilier 3a est ouvert dès lors que vous avez un revenu d'activité soumis à l'AVS. Le plafond dépend de votre situation vis-à-vis du 2e pilier. Voici les repères officiels.
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 864 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
20 % du salaire assuré
Rachat LPP annuel pendant les cinq premières années en Suisse
Source: Rachat dans le 2e pilier (LPP art. 79b), administration genevoise
Le plafond de 36 288 francs (2026) est un montant maximal : en dessous, la limite est une part du revenu de l'activité, indiquée par l'administration genevoise comme 20 % du revenu déterminant. Un libéral dont le revenu de la première année est faible ou partiel ne pourra donc pas verser le maximum. Le cas de l'année d'arrivée est traité dans première année en Suisse : revenu partiel et 3a, et le grand plafond pour indépendant dans le grand 3a du frontalier indépendant, dont les règles se recoupent pour l'essentiel.
Les montants se vérifient chaque année. La déduction fiscale des versements est prévue par la LIFD, qui admet en déduction les sommes versées dans des formes reconnues de la prévoyance individuelle liée ; le Conseil fédéral détermine, avec les cantons, quelles formes sont admises et dans quelle mesure.
Le 3e pilier b : à considérer en dernier
Le pilier 3b, prévoyance libre, n'offre pas la même déduction. Il peut avoir un sens pour une couverture décès ou invalidité, ou pour un projet précis, mais il vient après l'arbitrage entre 2e pilier et 3a. Voir le pilier 3b vu de l'étranger. Quelle que soit la forme, une police d'assurance a une valeur de rachat et des conditions de résiliation : lisez-les avant de signer, surtout si un retour dans votre pays d'origine reste possible.
Que devient la prévoyance du pays de départ
C'est la question que les libéraux oublient, alors qu'elle engage des sommes parfois importantes. Votre ancienne caisse professionnelle ne disparaît pas parce que vous déménagez.
Les régimes de départ les plus courants
Les professions libérales sont souvent couvertes, dans leur pays d'origine, par des caisses autonomes plutôt que par le régime général :
- France : médecins, avocats et architectes relèvent chacun d'une caisse de retraite de leur profession (par exemple, pour les médecins, la caisse autonome des médecins de France ; pour les avocats, celle des barreaux ; pour les architectes, la caisse interprofessionnelle des professions libérales), en plus d'une couche de base. L'affiliation s'interrompt si vous cessez d'exercer en France, mais vos points ou trimestres restent acquis et donneront droit à une pension au moment de la retraite.
- Allemagne : de nombreuses professions libérales cotisent à un organisme de prévoyance de la profession (Versorgungswerk), dont les droits restent acquis, parfois avec la possibilité de rester affilié à titre volontaire pendant un séjour à l'étranger.
- Italie : les caisses professionnelles privées (ENPAM pour les médecins, Cassa Forense pour les avocats, INARCASSA pour les architectes et ingénieurs) conservent les droits acquis et versent la pension à l'âge prévu.
Ces régimes ont leurs propres règles de maintien, de rachat ou de transfert. Les décisions utiles à prendre au moment du départ sont les suivantes :
- demander l'arrêt de l'affiliation par écrit et un relevé de carrière à jour ;
- vérifier si une cotisation volontaire est possible ou utile pendant l'exil suisse ;
- demander l'attestation de périodes d'assurance qui servira à la totalisation ;
- obtenir une projection de pension à l'âge de la retraite de ce régime, pour savoir ce qu'il reste à construire en Suisse ;
- ne pas oublier les assurances décès et invalidité qui étaient liées à l'ancienne caisse et qui s'arrêtent avec elle.
Un revenu de retraite en plusieurs morceaux
À la retraite, vous pourrez toucher une rente suisse (AVS), éventuellement des prestations d'une caisse LPP ou d'un 3a, et une ou plusieurs pensions de votre pays d'origine. Chaque morceau a son âge de départ, sa fiscalité et son pays payeur. Il vaut la peine de dresser un tableau dès l'installation, au lieu d'attendre la veille de la retraite. Pour comprendre la jonction avec la France, voir 3 piliers suisses et retraite française ; pour la situation d'un indépendant quittant la Suisse, la LPP facultative d'indépendant au départ.
Si la rente AVS est un jour ajournée, la loi impose une déclaration d'ajournement au moyen de la formule officielle, dans un délai d'un an à compter du début de la période d'ajournement ; sans déclaration dans ce délai, la rente est fixée et versée selon les règles générales. C'est un détail, mais il illustre une constante du système : les droits demandent des gestes formels.
Imposition ordinaire ou à la source selon le permis
Pourquoi la question se pose
Un salarié titulaire d'un permis B est en principe imposé à la source : l'employeur retient l'impôt sur le salaire. Un indépendant, lui, déclare ses revenus et ses charges et reçoit une taxation. Mais l'installation d'un libéral prend souvent des formes intermédiaires : une société dont il est salarié, une association de cabinets, un premier emploi salarié avant d'ouvrir sa propre structure. La forme juridique commande donc le régime. Il faut la déterminer avec la fiduciaire avant d'ouvrir le cabinet, pas après la première facture.
Ce que dit la loi pour l'impôt à la source
Le barème de l'impôt à la source tient compte, sous forme de forfaits, des frais professionnels, des primes d'assurance et des déductions pour charges de famille ; l'AFC publie le montant de ces forfaits. Quand les deux époux vivant en ménage commun exercent une activité lucrative, les retenues se calculent sur le cumul de leurs revenus, avec des déductions forfaitaires. C'est un point clé pour un couple dont le conjoint arrivé avec vous reprend une activité.
Surtout, le barème ne tient pas compte des cotisations 3a. Une personne imposée à la source peut demander par écrit, jusqu'au 31 mars de l'année suivante, une taxation ordinaire ultérieure (TOU) pour déduire ses cotisations 3a. Une TOU devient obligatoire lorsque les revenus bruts atteignent ou dépassent un certain montant durant l'année fiscale, ou lorsqu'il existe des revenus non soumis à l'impôt à la source ; ce montant est fixé par le Département fédéral des finances avec les cantons, et la loi ne le chiffre pas. Détail pratique : la demande de TOU doit être déposée au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année concernée, et les personnes qui quittent la Suisse doivent l'avoir demandée au moment du dépôt de la déclaration de départ.
Pour comprendre l'articulation entre permis B, impôt à la source et 3a, voir Permis B : impôt à la source et 3a en arrivant.
L'indépendant en taxation ordinaire
Si vous êtes taxé de manière ordinaire, la déduction des versements 3a est directe, dans la limite du plafond de l'année. Vos acomptes d'impôt sont fixés d'après les premiers revenus déclarés : si l'activité démarre doucement, les acomptes peuvent être revus à la baisse sur demande motivée. L'économie réelle que procure un versement dépend de votre revenu, de votre canton, de votre état civil et de la confession ; aucun chiffre général ne vaut pour votre cas, et il faut passer par une simulation personnalisée.
Et à la sortie ?
Les prestations de prévoyance, y compris les capitaux, sont des revenus imposables. Quand vous touchez un jour votre 3a ou votre LPP, la façon dont le capital est imposé dépend de votre domicile à ce moment-là. Pour les bénéficiaires domiciliés à l'étranger, les prestations d'institutions suisses de prévoyance professionnelle de droit privé ou de formes reconnues de prévoyance individuelle liée sont soumises à l'impôt à la source ; le taux est de un pour cent du revenu brut pour les rentes, et le capital est calculé selon une règle particulière. Cette perspective de départ doit être connue dès l'ouverture du compte, car elle ne s'improvise pas : retirer son 3a en quittant la Suisse.
Cas du Dr Fabien, médecin arrivé de Lyon
Exemple fictif, pour illustrer. Le Dr Fabien, médecin, exerçait en libéral à Lyon pendant de longues années. Il s'installe à Lausanne avec sa conjointe et leurs enfants. Il obtient son permis B avec activité indépendante, fait reconnaître son titre, reçoit son autorisation de pratiquer, puis ouvre un cabinet de groupe.
Voici l'ordre qu'il suit, et pourquoi.
- Il s'annonce à l'AVS auprès de la caisse liée à son association médicale, puis fait inscrire sa conjointe, qui reprendra une activité à temps partiel. Ses acomptes sont fixés d'après une estimation prudente de ses premiers revenus.
- Il souscrit l'assurance maladie pour toute la famille et complète par une indemnité journalière, parce que son revenu s'arrête quand il n'exerce plus.
- Il écrit à sa caisse de retraite lyonnaise pour demander son relevé de carrière, l'arrêt de l'affiliation et une attestation de périodes. Il constate que sa future pension française représentera une partie de ses besoins, pas la totalité.
- Il décide de son 2e pilier. Il hésite entre s'affilier à l'institution du corps médical et rester sans 2e pilier. S'il s'affilie, il sera soumis au petit plafond du 3a et pourra compléter par un rachat, plafonné pendant les cinq premières années ; s'il ne s'affilie pas, il pourra utiliser le grand plafond, dans la limite d'une part de son revenu. Il compare ces deux voies avec sa fiduciaire plutôt que de choisir sur un seul critère.
- Il ouvre un 3a seulement après avoir fixé le point précédent, et il verse une partie du plafond la première année, en fonction du revenu réellement encaissé, avant la fin de l'exercice.
- Il note la suite fiscale : comme son cabinet est exploité en société où il est salarié, il vérifie avec la fiduciaire s'il est imposé à la source, auquel cas il devra demander la TOU avant le 31 mars de l'année suivante pour déduire son 3a.
Ce qu'il retient : la prévoyance d'un libéral venu de l'étranger n'est pas un produit, c'est une suite de décisions qui s'enchaînent, et la plus lourde (affiliation ou non au 2e pilier) conditionne les autres.
Checklist de l'installation
- Vérifier avec l'office cantonal que le permis B avec activité indépendante est bien délivré avant toute dépense irréversible
- Faire reconnaître le diplôme et obtenir l'autorisation ou l'inscription professionnelle
- S'annoncer à la caisse de compensation (association professionnelle ou caisse cantonale)
- Assurer toute la famille auprès d'une caisse maladie
- Examiner l'indemnité journalière et la couverture accident
- Demander à l'ancienne caisse de retraite l'arrêt de l'affiliation, le relevé de carrière et l'attestation de périodes
- Décider de l'affiliation facultative au 2e pilier, en connaissant ses effets sur le plafond 3a
- Fixer avec la fiduciaire la forme juridique du cabinet et le régime d'imposition (ordinaire ou à la source)
- Ouvrir un 3a et verser avant la fin de l'exercice, dans la limite du plafond applicable
- Noter la date limite de la TOU (31 mars) si vous êtes imposé à la source
- Demander une comparaison personnalisée avant de signer un contrat de prévoyance
Les pièces à prévoir pour ouvrir un compte sont listées dans documents pour ouvrir un 3a avec un permis étranger. Pour une vue complète des questions d'un indépendant venu d'ailleurs, voir aussi 30 questions de prévoyance de l'indépendant venu d'ailleurs, et pour tester votre situation, le rachat 3a pour un arrivant. Pour comparer des offres de 3e pilier, voir la comparaison des offres.
Questions fréquentes
Un indépendant avec un permis B peut-il verser dans un pilier 3a ?
Oui, dès lors qu'il perçoit un revenu d'activité soumis à l'AVS. Le plafond applicable dépend de son affiliation, même facultative, à une institution du 2e pilier. Sans revenu soumis à l'AVS, aucun versement 3a n'est possible pour l'année. Détails dans qui peut cotiser selon son permis.
Dois-je m'affilier à un 2e pilier si je m'installe en libéral ?
Non, ce n'est pas obligatoire : les indépendants ne sont pas soumis à l'assurance obligatoire LPP. Vous pouvez vous affilier à titre facultatif à l'institution de votre profession ou à la fondation institution supplétive. La question à vous poser est celle de la retraite et de la protection en cas d'invalidité, puisque sans 2e pilier, elles reposent sur l'AVS, l'AI et l'épargne que vous constituez vous-même.
Quel plafond 3a s'applique en 2026 à un libéral ?
Avec une affiliation au 2e pilier, le plafond est de 7 258 francs ; sans affiliation, de 36 288 francs, dans la limite d'une part du revenu de l'activité. En 2027, ces montants seront de 7 373 et de 36 864 francs. L'année suivante se prépare à l'avance : voir plafonds 3a 2027.
Mes années d'assurance à l'étranger comptent-elles en Suisse ?
Elles peuvent être prises en compte pour ouvrir un droit à pension grâce à la coordination entre États de l'UE et de l'AELE, c'est ce qu'on appelle la totalisation. Elles ne se transforment pas en années de cotisation suisses : chaque pays verse sa part pour les périodes accomplies chez lui. Demandez des attestations de périodes à vos anciennes caisses.
Que faire de ma caisse de retraite de profession libérale à l'étranger ?
Ne la liquidez pas sans examen. Faites constater par écrit l'arrêt de votre affiliation, demandez un relevé de carrière et une projection de pension, et vérifiez si une cotisation volontaire est possible. Les droits acquis restent en général acquis, avec des règles différentes d'un pays et d'une caisse à l'autre.
Suis-je imposé à la source ou en taxation ordinaire ?
Cela dépend de la forme dans laquelle vous exercez. Un indépendant déclare ses revenus et reçoit une taxation ordinaire ; un salarié, y compris d'une société qu'il détient, peut être imposé à la source avec un permis B. Fixez-le avec votre fiduciaire avant l'ouverture. Voir aussi l'impôt du frontalier indépendant pour la logique de déclaration.
Comment déduire mon 3a si je suis imposé à la source ?
Le barème ne tient pas compte des cotisations 3a. Vous devez demander par écrit une taxation ordinaire ultérieure, au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale concernée, pour pouvoir les déduire. Si vous quittez la Suisse, la demande doit avoir été faite au moment de la déclaration de départ.
Puis-je racheter des années de 2e pilier quand j'arrive ?
Si vous vous affiliez à une institution de prévoyance, un rachat est possible selon les règles de celle-ci, mais pendant les cinq premières années suivant l'affiliation après une arrivée de l'étranger, le rachat annuel ne peut pas dépasser 20 % du salaire assuré. Le rachat rétroactif dans le 3a est une autre question, traitée dans le rachat rétroactif 3a pour arrivants.
Mon conjoint doit-il aussi s'annoncer ou s'assurer ?
Oui pour l'assurance maladie : toute la famille résidente doit être assurée. Pour la prévoyance, la situation du conjoint dépend de son activité : s'il travaille, les retenues à la source se calculent sur le cumul des revenus du couple. S'il reste au foyer, ses droits AVS et ses besoins de couverture se regardent avec le vôtre. La situation d'un couple vivant entre deux pays est détaillée dans couple franco-suisse en mobilité.
Que se passe-t-il si je repars après quelques années ?
Les droits LPP sont à transférer ou à placer en libre passage, le 3a peut être retiré dans des conditions précises qui dépendent de votre destination, et un impôt à la source s'applique aux prestations versées à l'étranger. Mieux vaut y penser à l'ouverture du compte qu'au départ, car ce choix commande le nombre de comptes et le prestataire.
Sources
- Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral) — admin.ch
- Plafonds du 3e pilier a (montants-limites non imposables) — OFAS
- Genève : versement 3e pilier A admis — République et canton de Genève
- Rachat dans le 2e pilier (LPP art. 79b) — République et canton de Genève
- Assurance LPP facultative des indépendants — OFAS
- Personnes assurées et affiliation (AVS) — Fedlex
- Frontaliers : brochure de l'Administration fédérale des contributions
- Impôt à la source (résidents en Suisse) — Fedlex
- Impôt à la source : résidents sans permis d'établissement — Fedlex
- Taxation ordinaire ultérieure (TOU) des résidents imposés à la source — Fedlex
- Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance — Fedlex
- Rentes de vieillesse : ajournement, anticipation, calcul — Fedlex
- Loi fédérale sur l'impôt fédéral direct (LIFD), état au 1er janvier 2026 — Fedlex
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