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Le Grand-Pont et le quartier du Flon, à Lausanne

Question

3e pilier et permis B, G, L : qui peut cotiser au 3a ?

Le permis ne décide pas seul : ce qui ouvre le droit de verser dans un 3a, c'est un revenu d'activité soumis à l'AVS. Voici ce que cela change pour les permis B, C, G et L.

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Dans cette page
  1. Permis et accès au 3a
  2. Permis B : le séjour en Suisse
  3. Permis G : le frontalier
  4. Permis L et séjour de courte durée
  5. Conjoint sans activité
  6. Le quasi-résident
  7. Frontalier retraité
  8. Les petits revenus accessoires
  9. À faire avant de verser
  10. Questions fréquentes

Titulaire d'un permis B, G, L ou C, vous pouvez cotiser au pilier 3a dès que vous touchez un revenu (ou un revenu de remplacement) d'une activité lucrative soumise à l'AVS. Le permis n'est donc pas le critère : c'est l'activité qui l'est. Un permis G ne vous exclut pas du 3e pilier suisse ; un permis L ne vous y donne pas un accès réduit ; un permis B ne l'ouvre pas à lui seul. Ce qui varie d'un permis à l'autre, c'est surtout l'impôt, donc l'intérêt concret de verser.

Permis et accès au 3a

Le 3a est une prévoyance individuelle liée. La règle d'entrée est la même pour tous : seules les personnes qui perçoivent un revenu d'une activité lucrative soumise à l'AVS peuvent cotiser, et sans activité lucrative le versement n'est plus possible. La lettre de votre autorisation de séjour ou de travail ne figure pas dans cette condition. Elle détermine en revanche la manière dont votre salaire est imposé, et c'est là que les différences apparaissent.

Le schéma ci-dessous résume l'accès par permis, tel que la règle générale l'établit. Il suppose que vous exercez une activité salariée ou indépendante soumise à l'AVS ; la seconde ligne dépend de votre affiliation à une caisse de pension.

Permis et accès au 3aPermis BPermis CPermis GPermis LCotiser au 3aOui avec unrevenu AVSOui avec unrevenu AVSOui avec unrevenu AVSOui avec unrevenu AVSRésidenceEn SuisseEn SuisseÀ l'étrangerEn Suisse pour unséjour limitéImposition du salaireImpôt à la sourceProcédureordinaireImpôt à la sourceImpôt à la sourcePlafond applicableSelon la caissede pensionSelon la caissede pensionSelon la caissede pensionSelon la caissede pensionIntérêt de la déductionÀ vérifier avecla TOUSelon le cantonSelon l'accordfiscalÀ vérifier avecla TOU
Permis et accès au 3a

Cette grille est une première orientation, pas une réponse personnelle. Pour un cas précis, les pages sur le plafond 3a selon le permis et l'emploi et sur le mode d'emploi du 3e pilier lié prolongent le raisonnement.

Le plafond dépend de la caisse de pension, pas du permis

Deux plafonds existent. Avec un 2e pilier, le « petit 3a » est de 7 258 CHF en 2026 et de 7 373 CHF en 2027. Sans 2e pilier (cas typique d'un indépendant non affilié), le montant maximal est de 36 288 CHF en 2026 et de 36 864 CHF en 2027, avec en dessous de ce maximum le taux de 20 % du revenu de l'activité lucrative. Le canton de Genève publie les mêmes montants pour 2026 : 7 258 CHF pour les personnes affiliées à une caisse LPP et 36 288 CHF, dans la limite de 20 % du revenu déterminant, pour les autres.

7 258 CHF

Plafond avec 2e pilier, 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

7 373 CHF

Plafond avec 2e pilier, 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 288 CHF

Plafond sans 2e pilier, 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 864 CHF

Plafond sans 2e pilier, 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

31 mars

Dernier jour pour demander une TOU, après l'année fiscale

Source: Non-résidents - frontaliers et prestations de prévoyance

Les repères du 3a

Un salarié qui possède une caisse de pension, quel que soit son permis, relève donc du petit plafond. La distinction qui compte est celle de l'affiliation au 2e pilier, et la page sur le plafond des indépendants frontaliers détaille le cas du grand plafond.

Pourquoi l'impôt change l'intérêt de verser

Les travailleurs sans permis d'établissement, domiciliés ou en séjour en Suisse, sont soumis à un impôt à la source sur le revenu de leur activité dépendante. C'est le cas des permis B et L. À défaut de taxation ordinaire ultérieure sur demande, cet impôt se substitue à l'impôt fédéral direct sur le revenu de l'activité, et aucune déduction ultérieure supplémentaire n'est accordée. Concrètement : verser dans un 3a reste possible, mais la déduction n'apparaît pas automatiquement dans un prélèvement à la source.

Permis B : le séjour en Suisse

Le permis B vous place parmi les personnes sans permis d'établissement, domiciliées en Suisse. Votre salaire est imposé à la source. Le droit de cotiser, lui, est entier dès que vous travaillez et que vous percevez un revenu soumis à l'AVS.

Deux questions pratiques se posent. La première : la taxation ordinaire ultérieure (TOU). Les personnes imposées à la source sont soumises à une TOU obligatoire si leurs revenus bruts atteignent ou dépassent un certain montant sur une année fiscale, ou si elles disposent de revenus non soumis à l'impôt à la source ; le montant est fixé par le DFF avec les cantons. Dans ce cas, le versement 3a peut entrer dans la déclaration. La seconde : l'année d'arrivée, où le revenu est partiel. Les pages sur Permis B et 3a en arrivant et sur la première année et le revenu partiel traitent ces deux points.

Le permis C, lui, marque l'établissement : on sort de l'impôt à la source et on revient à la procédure ordinaire. La règle de l'accès au 3a reste identique. La page sur le permis C et le 3e pilier explique ce passage.

Permis G : le frontalier

Le frontalier habite à l'étranger et travaille en Suisse. Les travailleurs domiciliés à l'étranger qui exercent une activité dépendante en Suisse sont soumis à l'impôt à la source sur le revenu de leur activité en Suisse. Pour les personnes domiciliées dans un État limitrophe, employées par un employeur ayant en Suisse son siège, son administration effective ou un établissement stable, la Suisse prélève aussi cet impôt sur le revenu généré à l'étranger par cette activité, si l'accord fiscal applicable lui accorde ce droit d'imposition.

Trois conséquences pour le 3a :

  • L'accès est ouvert. Votre salaire suisse est un revenu soumis à l'AVS : la condition est remplie.
  • Le plafond se règle sur la caisse de pension. Un frontalier salarié affilié relève du petit plafond, comme un résident.
  • La déduction n'est pas acquise. Pour les non-résidents, l'impôt à la source se substitue à l'impôt fédéral direct, sans déduction ultérieure supplémentaire. C'est la taxation ordinaire ultérieure qui peut rouvrir la question.

Exemple : Inès, 38 ans, titulaire d'un permis G, habite en France et travaille à Genève comme assistante de direction (exemple fictif). Elle peut verser sur un 3a ; ce qu'elle ignore, c'est si sa déduction sera admise. Cela dépend de l'accord fiscal applicable et de sa situation.

Les pages suivantes détaillent ce volet : le 3e pilier du frontalier, ce qu'ouvre le permis G, puis, selon le canton de travail, Genève ou les accords de 1983 pour Vaud, Valais, Neuchâtel et le Jura. Et selon votre pays de résidence : France, Allemagne ou Italie.

Permis L et séjour de courte durée

Le permis L couvre un séjour limité. Si vous travaillez en Suisse et que vous êtes en séjour, votre revenu d'activité est imposé à la source, comme pour le permis B. La règle de l'accès au 3a ne change pas : un salaire soumis à l'AVS suffit.

La vraie question du permis L est la durée. Un 3a est un engagement de long terme, et le capital est bloqué jusqu'à des motifs de retrait précis : retraite, départ définitif de Suisse, achat d'un logement, entre autres. Si votre séjour est court, il faut regarder ce que deviendra le compte à votre départ, et à quel impôt le retrait sera soumis. Ces points figurent dans les pages permis L et 3a et retirer son 3a en quittant la Suisse.

Exemple : Raphaël, 27 ans, titulaire d'un permis L à Fribourg, travaille pour une entreprise de logistique (exemple fictif). Il peut cotiser, mais il se demande s'il vaut mieux verser une partie du plafond seulement, le temps de voir si son contrat est prolongé. Rien ne l'en empêche. En revanche, comme son salaire est imposé à la source et qu'il n'y a pas de TOU automatique pour lui, il doit vérifier d'abord si la déduction lui profitera avant de planifier un versement important.

Ce que le permis L n'a pas de particulier

On lit parfois que le permis L exclut du 3a. Ce n'est pas exact : la règle est celle du revenu soumis à l'AVS. Ce qui peut gêner, ce sont des faits annexes : un contrat très court, des revenus irréguliers, ou un prestataire qui exige des pièces que vous n'avez pas encore. Les documents pour ouvrir un 3a listent ce qu'il faut préparer.

Conjoint sans activité

Le cas du conjoint sans activité lucrative est le plus mal compris. Le droit au 3a est strictement personnel : il suit le revenu soumis à l'AVS de la personne qui verse. Une personne sans activité lucrative ne peut pas cotiser, et ses éventuels versements antérieurs ne peuvent plus être poursuivis une fois l'activité terminée. Le revenu du conjoint ne lui ouvre pas un droit.

Ce que le couple peut faire est autre chose : le conjoint actif verse sur son propre 3a, dans son propre plafond. Quand les deux époux vivant en ménage commun exercent une activité, les retenues à la source sont calculées sur le cumul de leurs revenus, avec des dépenses professionnelles, primes d'assurance et charges de famille prises en compte de façon forfaitaire. Cela ne crée pas de droit de cotiser, mais cela influence la façon de lire la fiche d'impôt.

Selon le pays de résidence et le régime matrimonial, le sujet se complique. Les pages sur le conjoint au foyer et sur le couple marié entre deux pays approfondissent.

Le quasi-résident

Le quasi-résident est un frontalier dont une part prépondérante des revenus mondiaux, conjoint compris, est imposable en Suisse. Les personnes imposées à la source en vertu de l'art. 91 peuvent demander une taxation ordinaire ultérieure si cette part prépondérante est imposable en Suisse, si leur situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse, ou si la TOU est nécessaire pour faire valoir les déductions prévues par une convention contre les doubles impositions. La demande se fait au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale (art. 99a al. 1).

L'intérêt pour le 3a est direct : une fois taxé de manière ordinaire, le frontalier peut faire valoir ses déductions comme un résident, dont le versement 3a. Le droit de cotiser était déjà là ; c'est la déduction qui devient possible. Deux pages détaillent la mécanique : le quasi-résident et la TOU pour le 3a et la déduction du 3a du frontalier en TOU.

Les pièges du quasi-résident

  • Un délai manqué fait retomber le salarié dans l'impôt à la source sans déduction ultérieure.
  • La condition de la part prépondérante des revenus se juge sur l'ensemble du ménage, pas sur votre seul salaire.
  • Le pays de résidence peut avoir ses propres règles sur le traitement du 3a, indépendantes de la Suisse.

Frontalier retraité

Quand on cesse de travailler, on cesse de pouvoir cotiser : sans revenu d'activité soumis à l'AVS, plus de versement 3a. Un frontalier retraité qui ne perçoit plus aucun salaire suisse ne peut donc plus alimenter son compte, même s'il l'a conservé.

Deux nuances. D'abord, un frontalier qui poursuit une activité en Suisse après l'âge de référence peut garder un revenu soumis à l'AVS : la page sur le frontalier actif après l'âge de référence précise le cadre. Ensuite, les bénéficiaires d'une rente AI qui réalisent un revenu d'activité sur leur capacité de travail résiduelle peuvent constituer un 3a. Un revenu de remplacement soumis à l'AVS compte, une rente seule ne suffit pas.

Pour la phase de retrait elle-même, la page sur le retrait du 3a par un frontalier retraité explique ce qui attend le capital.

Les petits revenus accessoires

Dernière situation : une activité indépendante accessoire. Quand le revenu d'une telle activité n'excède pas 2500 francs par année civile, la cotisation AVS n'est perçue qu'à la demande de l'assuré (art. 19). Si l'AVS n'est pas perçue, la preuve d'un revenu soumis à l'AVS devient difficile : réfléchissez-y avant de miser sur ce seul revenu pour justifier un 3a. Pour un indépendant, la page sur le 3a d'un permis B indépendant avec LPP pose le cadre.

À faire avant de verser

  • Confirmer que vous percevez un revenu d'activité soumis à l'AVS cette année
  • Savoir si vous êtes affilié à une caisse de pension, donc quel plafond s'applique
  • Repérer comment votre salaire est imposé (source ou procédure ordinaire)
  • Noter le 31 mars si une demande de TOU est envisagée
  • Demander au prestataire s'il accepte votre permis et votre pays de résidence

Une comparaison gratuite peut aider à croiser ces points avec des offres accessibles pour votre profil, et la page Comment ça marche explique qui traite la demande.

Questions fréquentes

Le permis B donne-t-il droit au 3a ?

Oui, dès que vous touchez un revenu d'activité soumis à l'AVS. Le permis B ne limite ni n'étend ce droit. Il détermine surtout que vous êtes imposé à la source, ce qui conditionne l'effet fiscal du versement.

Un frontalier avec permis G peut-il ouvrir un 3a suisse ?

Oui sur le principe : son salaire suisse est soumis à l'AVS. Ce qui reste à examiner, c'est l'accès aux produits pour un non-résident chez un prestataire donné, et l'avantage fiscal selon le pays de résidence et l'accord fiscal applicable.

Le permis L empêche-t-il de cotiser ?

Non. Le critère reste le revenu soumis à l'AVS. En revanche, un séjour court pose la question du devenir du compte au départ et de l'impôt sur le retrait.

Mon conjoint sans activité peut-il verser dans un 3a ?

Non. Sans activité lucrative, le versement n'est pas possible. Seul le conjoint qui perçoit un revenu soumis à l'AVS peut cotiser, dans son propre plafond.

Quel plafond s'applique avec un permis G ?

Le plafond suit votre affiliation à une caisse de pension, pas le permis. Avec un 2e pilier : 7 258 CHF en 2026 et 7 373 CHF en 2027. Sans 2e pilier : 36 288 CHF en 2026 et 36 864 CHF en 2027, dans la limite de 20 % du revenu de l'activité en dessous du maximum.

La déduction du 3a est-elle automatique pour un salarié imposé à la source ?

Non. À défaut de taxation ordinaire ultérieure, l'impôt à la source se substitue à l'impôt sur le revenu de l'activité, sans déduction ultérieure supplémentaire. La TOU, obligatoire ou demandée, peut ouvrir la déduction.

Jusqu'à quand demander la TOU quand on est frontalier ?

Pour les personnes imposées à la source en vertu de l'art. 91, la demande se dépose au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale, si l'une des conditions de l'art. 99a al. 1 est remplie.

Un retraité peut-il encore cotiser ?

Non, sauf s'il perçoit encore un revenu d'activité soumis à l'AVS. Un bénéficiaire de rente AI qui travaille sur sa capacité résiduelle peut aussi constituer un 3a.

Sources

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