Dans cette page
Un frontalier qui démissionne pour ouvrir son cabinet, son atelier ou son activité de conseil pose presque toujours la même question : le 3a accumulé pendant les années de salariat peut-il servir à financer le lancement ? Pour un frontalier indépendant, le 3a ne se règle pas avec la seule règle suisse du retrait. Trois éléments s'additionnent : ce que la fondation ou l'assureur reconnaît comme début d'activité indépendante, l'endroit où l'activité s'exerce réellement, et le régime social qui vous suit une fois le contrat de travail terminé. C'est cette articulation entre résidence, lieu d'activité et affiliation qui décide du reste, y compris de l'impôt prélevé sur le capital.
Cette page ne dit pas ce que vous devez faire. Elle explique comment les règles se combinent, quelles pièces préparer, quelles questions poser par écrit à votre prestataire et où se trouvent les pièges propres à ceux qui traversent la frontière chaque jour.
Exemple fictif : Julien, 39 ans, habite à Annemasse. Il a été salarié dans une entreprise genevoise et ouvre son cabinet de conseil. Nous le suivrons tout au long de la page, car son cas se dédouble selon qu'il installe son bureau à Genève ou chez lui, en France.
Indépendant en Suisse depuis la France ou depuis la Suisse
Ce que « se mettre à son compte » change pour le 3a
Tant que vous êtes salarié en Suisse, votre 3a est un capital lié : il reste en place jusqu'à un motif de sortie prévu par la réglementation. Le début d'une activité indépendante fait partie de ces motifs, avec des conditions strictes. La règle, telle que l'Administration fédérale des contributions la résume, tient en deux idées :
- le versement en espèces n'est possible que dans l'année qui suit l'établissement à son compte, ou le changement d'activité indépendante ;
- la totalité de l'avoir doit être retirée : un retrait partiel n'est pas admis.
Ces deux contraintes ont des conséquences concrètes. Si vous détenez plusieurs comptes 3a, la question se pose pour chacun d'eux, et un compte ne se vide pas à moitié pour garder une réserve. Elles expliquent aussi pourquoi la fiche de plusieurs comptes 3a avant un départ intéresse aussi les futurs indépendants : la répartition de l'épargne entre plusieurs contrats détermine ce qu'on peut libérer, et quand.
Un début d'activité, pas une simple intention
Ce qui compte pour les établissements, c'est la réalité de l'installation : une activité qui existe, une inscription aux assurances sociales comme indépendant, une reconnaissance de ce statut par l'organisme d'assurance sociale compétent. Une intention, un projet de société encore dans les cartons ou une simple facture isolée ne suffisent pas toujours. Beaucoup de fondations demandent des pièces écrites, et leurs exigences ne sont pas identiques d'un établissement à l'autre. C'est pourquoi la liste des documents à demander figure plus bas, dans la partie consacrée à l'affiliation.
Pour une approche centrée sur les critères exacts de reconnaissance, d'autres pages du site détaillent les pièces ; ici, l'accent est mis sur le cas du frontalier.
Depuis la France, l'Allemagne ou l'Italie : trois pays, une même logique
Que vous habitiez en France, en Allemagne ou en Italie, la mécanique est la même : le 3a est un produit suisse, soumis au droit suisse, mais l'activité qui le justifie peut se dérouler dans plusieurs pays. Les pages par pays de résidence (France, Allemagne, Italie) détaillent ce qui change côté impôt et retraite. Retenez ici que la fiscalité du capital dépend, elle, de votre pays de résidence et du canton qui verse, pas de la localisation de votre bureau.
Frontalier devenu indépendant : ce qui ne change pas
Même indépendant, vous restez un travailleur domicilié à l'étranger. Votre permis G, s'il existe encore, ne se transforme pas automatiquement. La question du titre de séjour ou de travail en tant qu'indépendant se règle auprès de l'autorité cantonale, indépendamment du 3a ; la page sur le permis G en rappelle les contours. Le 3a, lui, suit des règles propres : il se lie à la prévoyance, pas au permis.
Où l'activité s'exerce : le point décisif
Pourquoi le lieu compte autant
Pour un salarié, le lieu de travail est simple à établir : c'est celui de l'employeur. Pour un indépendant, il se discute. Votre bureau est-il à Genève, à Annemasse, dans un espace de coworking, au domicile d'un client ? Vos prestations sont-elles réalisées en Suisse, en France, ou à distance ? Chacune de ces questions a des effets sur trois terrains :
- la reconnaissance du motif par le prestataire du 3a, qui évalue s'il y a bien « activité indépendante » au sens de la réglementation suisse ;
- l'assujettissement social, c'est-à-dire le pays dont vous dépendez pour l'assurance vieillesse, l'assurance maladie et le reste ;
- l'impôt, qui dépend de l'État où se trouve le centre de l'activité et de la convention applicable.
Ces trois terrains ne se confondent pas, et c'est la source de la plupart des erreurs. On peut très bien avoir un motif reconnu pour le 3a sans que l'activité ne soit assujettie en Suisse.
Le raisonnement en arbre
Voici un arbre de décision qui assemble les trois critères. Il ne remplace pas l'avis de votre prestataire ni celui d'un organisme officiel : il montre dans quel ordre se poser les questions.
Le cas de Julien : deux bureaux possibles
Julien a deux scénarios. Dans le premier, il loue un bureau à Genève, y reçoit ses clients et facture depuis la Suisse. Son activité est ancrée en Suisse : le prestataire du 3a y voit sans difficulté un établissement à son compte. Dans le second, il travaille depuis un bureau chez lui à Annemasse pour des clients genevois. Les prestations sont consommées en Suisse, mais exercées en France. Là, le prestataire peut hésiter, l'organisme social français peut revendiquer l'affiliation, et le fisc des deux pays regarde de près où se trouve le centre de l'activité.
La leçon est simple : ne présumez pas. Demandez par écrit au prestataire quelle pièce il juge probante pour une activité exercée depuis votre pays de résidence, puis comparez avec la décision de l'organisme social.
Activité répartie entre plusieurs lieux
Beaucoup d'indépendants travaillent à la fois en Suisse et chez eux. Dans ce cas, le règlement européen de coordination de la sécurité sociale prévoit des règles de rattachement : en principe, une seule législation s'applique à la fois, et la part d'activité réalisée dans l'État de résidence peut faire basculer l'affiliation. Les modalités exactes dépendent de votre situation ; l'organisme compétent délivre une attestation indiquant la législation applicable. Cette attestation est la pièce la plus utile à présenter à un prestataire de 3a lorsqu'un doute existe sur le lieu d'activité.
Questions à poser avant de lancer la demande
- Quelle pièce prouve, pour vous, le début de mon activité indépendante ?
- Acceptez-vous une activité exercée depuis mon pays de résidence, ou seulement depuis la Suisse ?
- Quel est le délai que vous appliquez à partir de l'établissement, et de quelle date partez-vous ?
- Le retrait concerne-t-il l'ensemble de mes avoirs chez vous, ou compte par compte ?
- À quel canton l'impôt à la source sera-t-il versé ?
Affiliation sociale côté suisse ou français
Le rattachement n'est pas un choix
Le régime social ne se choisit pas, il se constate. Les indépendants, comme les employeurs et les personnes sans activité lucrative, doivent, s'ils ne sont pas déjà affiliés, s'annoncer auprès de la caisse de compensation cantonale. La loi ne fixe pas de délai à cet endroit précis, mais dans la pratique, plus l'annonce tarde, plus le dossier devient difficile à justifier. La caisse décide ensuite si vous êtes assuré en Suisse et, pour un indépendant venant de l'étranger, à quel titre.
Affiliation suisse : ce qu'elle ouvre pour le 3a
Une affiliation à l'AVS comme indépendant, avec un revenu soumis à cotisations, est ce qui permet de continuer à verser au 3a. Sans revenu soumis à l'AVS en Suisse, vous ne pouvez plus cotiser, même si votre ancien compte existe encore. L'affiliation joue aussi sur le montant du plafond :
- un indépendant affilié à une caisse de pension (2e pilier) relève du petit plafond, soit 7 258 CHF en 2026 ;
- un indépendant sans 2e pilier relève du grand plafond, soit 36 288 CHF en 2026, dans la limite de 20 % du revenu de l'activité lucrative.
Pour 2027, les montants sont de 7 373 CHF et de 36 864 CHF. Le grand plafond n'est donc jamais un droit automatique à verser la somme maximale : le pourcentage du revenu s'applique en dessous du maximum. La page sur le plafond 3a de l'indépendant détaille le calcul, et celle sur le grand 3a de l'indépendant frontalier en explique l'accès.
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
20 %
Part du revenu qui limite le grand plafond
Source: Genève (GE)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 864 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Affiliation française : ce qu'elle suppose
Si l'organisme compétent conclut que vous relevez du régime de votre pays de résidence, vous cotisez là-bas pour la retraite de base, l'assurance maladie et le reste. Dans ce scénario, il n'existe plus de revenu soumis à l'AVS suisse, donc plus de droit à cotiser à un 3a. Le compte existant ne disparaît pas : il demeure dans la fondation, avec ses règles de sortie. La question qui se pose alors est celle de la reconnaissance du motif de retrait, car un début d'activité exercé entièrement hors de Suisse n'est pas traité de la même façon par tous les établissements.
Pour Julien, installé chez lui à Annemasse et travaillant pour des clients genevois, ce point mérite d'être clarifié avant toute démarche : le prestataire peut demander l'attestation de législation applicable ou une décision de la caisse.
Le 2e pilier de l'ancien emploi
Quitter le salariat met fin à l'affiliation à la caisse de pension de l'employeur. L'avoir de prévoyance professionnelle part alors en libre passage. Ce n'est pas le 3a, mais les deux dossiers se croisent : le capital destiné à financer le lancement peut venir de l'un, de l'autre, ou d'une épargne privée. La page LPP du frontalier présente le fonctionnement du 2e pilier, et celle sur le retrait du 3a et de la LPP d'un indépendant non résident montre comment les deux se combinent.
Les pièces à réunir
Quel que soit le résultat de l'affiliation, voici une liste de pièces fréquemment demandées :
- La décision ou l'attestation de la caisse de compensation sur votre statut d'indépendant
- L'inscription au registre approprié (registre du commerce ou équivalent, selon la forme choisie)
- Un contrat ou une première facture montrant le début effectif des prestations
- Le justificatif de fin de contrat de travail précédent
- L'attestation de la législation applicable en matière de sécurité sociale, si votre activité touche plusieurs pays
- Une pièce d'identité et un justificatif de domicile à l'étranger
- L'attestation de 2e pilier ou de libre passage de l'ancien employeur
La liste varie selon l'établissement. La page sur les documents pour ouvrir un 3a donne une idée du dossier type côté prestataire.
Impôt à la source sur le retrait
Un capital lié, imposé à la source
Si vous êtes domicilié à l'étranger et que vous retirez un 3a suisse, ce capital n'échappe pas à l'impôt suisse. Les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de prestations de formes reconnues de prévoyance individuelle liée doivent l'impôt sur ces prestations. Pour les rentes, le taux est de un pour cent du revenu brut. Pour un capital, l'impôt est calculé selon la méthode prévue par la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct pour les prestations en capital. Le détail du canton qui prélève, de la méthode de calcul et des taux dépasse le cadre de cette page : ces éléments figurent dans la page canton débiteur de l'impôt à la source et dans celle sur le retrait d'un 3a par un frontalier.
Ce que le motif de retrait change, ou pas
Que le retrait ait lieu pour un début d'activité indépendante, pour une retraite ou pour un départ de Suisse, l'impôt à la source sur le capital s'applique de la même manière à un non-résident. Le motif ouvre le droit au retrait ; il ne change pas la logique de l'impôt. Le canton à l'origine du paiement est en règle générale celui du siège de la fondation ou de l'assureur, ce qui n'est pas forcément celui où vous travaillez.
Éviter la double imposition
Pour un résident français, la convention de 1966 évite la double imposition lorsque l'accord particulier de 1983 ne s'applique pas. Le résident français qui remplit les conditions de l'accord est exonéré de l'impôt à la source suisse sur son salaire ; sinon, la convention joue. Cette règle concerne les revenus d'activité, pas le capital du 3a, et il ne faut pas la transposer sans vérification. Pour le capital retiré, la taxation française dépend de la manière dont votre administration qualifie ce versement. Les pages sur la déclaration française d'un 3a et sur l'impôt du frontalier indépendant traitent ce point.
Le calendrier du retrait
Le calendrier mérite une vigilance particulière :
- le retrait doit être demandé dans l'année qui suit l'établissement à son compte ;
- l'impôt à la source est prélevé au moment du versement par le prestataire ;
- la déclaration dans le pays de résidence suit l'année du versement ;
- si une taxation ordinaire ultérieure est possible dans votre situation, elle se demande dans un délai fixé par la loi, au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale.
Le troisième et le quatrième point sont souvent oubliés : le prestataire ne s'en charge pas à votre place.
La taxation ordinaire ultérieure (TOU) : à quoi sert-elle ?
La TOU est une procédure qui permet, à certaines conditions, de remplacer l'impôt à la source par une taxation ordinaire. Pour un non-résident imposé à la source, elle peut être demandée si l'un des trois cas suivants se présente : une part prépondérante des revenus mondiaux, conjoint compris, est imposable en Suisse ; la situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse (quasi-résident) ; la TOU est nécessaire pour faire valoir des déductions prévues par une convention contre les doubles impositions. Le montant retenu est alors imputé sans intérêts.
À défaut de demande, l'impôt à la source remplace l'impôt ordinaire sur le revenu de l'activité lucrative, sans déduction supplémentaire ultérieure. Les autorités cantonales peuvent aussi demander d'office une taxation ordinaire ultérieure, en faveur ou en défaveur du contribuable, en cas de situation problématique manifeste.
Attention toutefois : ces règles décrivent la situation d'un travailleur dépendant. Un indépendant n'est pas imposé à la source sur son bénéfice comme un salarié, ce qui change la façon d'aborder la déduction. La partie suivante y revient. La page sur le quasi-résident et la TOU approfondit la question.
Ce qui arrive à la déduction du 3a
La déduction suit le revenu imposé en Suisse
Les salariés et les indépendants peuvent verser des cotisations à des formes reconnues de prévoyance et les déduire de leur revenu pour les impôts directs de la Confédération, des cantons et des communes. Cette règle suppose un revenu imposable en Suisse sur lequel la déduction puisse s'imputer. Un frontalier salarié imposé à la source ne bénéficie pas d'une déduction du 3a dans le barème de la retenue : le barème ne tient compte que de forfaits (frais professionnels, primes d'assurance, charges de famille), et aucune déduction ultérieure supplémentaire n'est accordée sans TOU. La page sur la déduction du 3a par un frontalier présente ce mécanisme, et celle sur la déduction du quasi-résident indépendant le cas d'un indépendant.
Après le passage à l'indépendance
Une fois à votre compte, la question se déplace. Si votre revenu d'activité est imposé en Suisse selon la procédure ordinaire, parce que votre activité y est exercée et que le droit d'imposer revient à la Suisse, un versement au 3a peut être déduit dans les limites du plafond applicable. Si l'activité est exercée et imposée dans votre pays de résidence, la déduction en Suisse n'a plus d'objet, car il n'y a pas de revenu suisse sur lequel l'imputer. Dans ce cas, la prudence commande de ne plus verser tant que la situation n'est pas clarifiée.
Pour estimer l'effet d'un versement sur l'impôt, l'AFC met à disposition un calculateur dont les résultats se lisent comme un ordre de grandeur, l'économie réelle dépend de la situation de chacun. Les hypothèses de ce calculateur sont précises (personne seule, sans enfant, sans confession, sans fortune, chef-lieu du canton, revenu imposable) ; elles ne reflètent pas un indépendant frontalier. Le calculateur de l'impact d'un 3a sur l'impôt du site reprend cette logique pour illustrer, sans prétendre à une personnalisation.
Le piège de l'année du retrait
L'année où vous retirez le capital et celle où vous commencez à verser peuvent coïncider. Plusieurs combinaisons existent :
- vous retirez le 3a de l'ancienne vie salariée pour financer le lancement, puis ouvrez un nouveau 3a avec votre premier bénéfice ;
- vous conservez le 3a et laissez courir, en attendant que le chiffre d'affaires se stabilise ;
- vous retirez et ne versez plus rien, parce que votre régime social ne le permet plus.
Chaque option a un coût fiscal différent. Aucune ne peut être jugée à l'avance sans connaître votre revenu, votre canton, votre pays de résidence et votre affiliation au 2e pilier.
Réserves latentes et cessation d'activité
À l'autre bout de la vie d'indépendant, une règle spécifique s'applique : le contribuable âgé de 55 ans révolus qui cesse définitivement son activité indépendante, ou qui ne peut la poursuivre pour cause d'invalidité, voit les réserves latentes réalisées au cours des deux derniers exercices imposées séparément. Les rachats de prévoyance sont alors déductibles. Cela concerne la fin de carrière plutôt que le lancement, mais il est utile de savoir qu'un projet d'indépendance s'inscrit dans une durée. La page sur la vente d'entreprise avant un départ y revient.
Tableau récapitulatif des règles
| Question | Ce que dit la règle | Où la vérifier |
|---|---|---|
| Quand retirer en espèces ? | Dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement d'activité | Prestataire du 3a |
| Retrait partiel ? | Non admis : la totalité de l'avoir est retirée | Prestataire du 3a |
| Qui s'annonce comme indépendant ? | La caisse de compensation cantonale, sans délai fixé à cet endroit par la loi | Caisse de compensation |
| Quel impôt sur le capital d'un non-résident ? | Impôt à la source, calculé selon la méthode prévue pour les prestations en capital | Canton du prestataire |
| Quel impôt sur une rente d'un non-résident ? | Un pour cent du revenu brut | Canton du prestataire |
| Quelle déduction pour un versement 3a ? | Admise dans la limite du plafond, si le revenu est imposé en Suisse | Administration fiscale cantonale |
| TOU possible ? | Sur demande, dans trois cas définis, au plus tard le 31 mars de l'année suivante | Administration fiscale cantonale |
| Critère | Activité exercée en Suisse | Activité exercée depuis la résidence |
|---|---|---|
| Reconnaissance du motif par la fondation | Plus simple à établir | À confirmer par écrit |
| Affiliation sociale | Souvent suisse, à faire constater | Souvent celle de la résidence |
| Droit de verser au 3a ensuite | Si revenu soumis à l'AVS suisse | En principe non, sans revenu suisse |
| Imposition du revenu | Suisse, selon la convention | Pays de résidence |
| Imposition du capital 3a retiré | Impôt à la source suisse | Impôt à la source suisse, plus déclaration locale |
| Pièce clé | Décision de la caisse suisse | Attestation de législation applicable |
Alternative : rester salarié à temps partiel
Garder un pied dans le salariat
Se lancer ne signifie pas toujours rompre avec l'emploi. Beaucoup de frontaliers choisissent une période de transition : un contrat à temps partiel chez l'ancien employeur ou chez un autre, et une activité indépendante en parallèle. Cette option a un avantage évident pour la prévoyance : elle maintient l'affiliation à une caisse de pension, donc le petit plafond de 7 258 CHF en 2026 reste le plafond de référence. Elle conserve aussi un revenu soumis à l'AVS, donc le droit de cotiser.
Ce que cela change pour le retrait
Un frontalier qui garde un emploi salarié et lance une activité accessoire n'est pas forcément considéré comme ayant « établi son activité à son compte » au sens des fondations : la notion d'activité principale, de changement réel d'activité, est regardée de près. Le retrait du 3a peut donc être refusé, alors que le même projet mené à temps plein l'aurait ouvert. C'est un point à faire valider avant de signer quoi que ce soit.
Les points de vigilance du cumul
- Affiliation : une activité salariée en Suisse et une activité indépendante dans le pays de résidence relèvent d'une règle de pluriactivité ; l'organisme compétent détermine la législation applicable.
- Impôt : le salaire reste soumis à l'impôt à la source, le bénéfice indépendant suit le régime ordinaire du pays où il est réalisé.
- Plafond : la combinaison d'une caisse de pension et d'un revenu indépendant accessoire se traite avec le petit plafond ; le grand plafond suppose l'absence d'affiliation au 2e pilier.
- Calendrier : le temps partiel prolonge la période d'incertitude. Prévoyez un point écrit avec le prestataire à chaque changement de quotité.
La page sur le dirigeant de Sàrl qui se salarie montre un cas hybride proche, et celle sur la préparation de la retraite d'un indépendant élargit à l'ensemble des piliers.
Comparer avant de trancher
Entre retrait, maintien du 3a, temps partiel et épargne séparée, la bonne décision dépend de votre revenu, de votre canton, de votre pays de résidence et de votre affiliation au 2e pilier. Il n'existe pas de réponse générale. Une comparaison personnalisée permet de voir comment ces paramètres se combinent, sans engagement, et la page Comment ça marche explique qui traite la demande.
Questions fréquentes
Un frontalier peut-il retirer son 3a pour se mettre à son compte ?
La réglementation suisse ouvre ce motif : le versement en espèces est possible dans l'année qui suit l'établissement à son compte ou le changement d'activité indépendante, et pour la totalité de l'avoir. Pour un frontalier, la difficulté vient de la reconnaissance par le prestataire, surtout si l'activité s'exerce depuis le pays de résidence. Il faut demander par écrit quelles pièces sont acceptées.
Peut-on retirer seulement une partie de son 3a pour financer le lancement ?
Non. Le retrait partiel n'est pas admis dans ce cas : la totalité de l'avoir de la prévoyance concernée doit être retirée. Si vous détenez plusieurs comptes, c'est une raison d'examiner leur répartition bien avant le lancement, car chaque compte relève d'une décision propre.
Que se passe-t-il si je dépasse le délai d'un an ?
Le motif du début d'activité n'est plus ouvert pour ce retrait. Le 3a reste lié jusqu'à un autre motif de sortie prévu par la réglementation, par exemple l'âge de la retraite, l'invalidité, le départ définitif de Suisse ou l'achat d'un logement. Le calendrier se calcule à partir de l'établissement à son compte, pas de la démission.
Mon activité est exercée depuis la France : le motif est-il reconnu ?
Cela dépend du prestataire et des pièces que vous fournissez. Certains exigent un rattachement suisse clair, d'autres acceptent une attestation sur la législation applicable. Ne supposez rien : posez la question avant de résilier votre contrat de travail, et conservez la réponse par écrit.
Dois-je m'annoncer auprès d'une caisse de compensation suisse ?
Les indépendants qui ne sont pas déjà affiliés doivent s'annoncer auprès de la caisse de compensation cantonale. La loi ne fixe pas de délai à cet endroit, mais le prestataire du 3a demandera probablement la décision de la caisse. L'organisme conclut ensuite à une affiliation suisse ou à celle du pays de résidence selon les règles de coordination.
Puis-je continuer à verser au 3a après être devenu indépendant ?
Seulement si vous avez un revenu d'activité soumis à l'AVS en Suisse. Avec une caisse de pension, le plafond est de 7 258 CHF en 2026 ; sans 2e pilier, il est de 36 288 CHF en 2026, dans la limite de 20 % du revenu de l'activité. Si votre affiliation passe au pays de résidence, le droit de cotiser disparaît.
Le capital retiré est-il imposé en Suisse ?
Oui : les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de prestations de prévoyance individuelle liée doivent l'impôt à la source sur ces prestations. Pour un capital, l'impôt est calculé selon la méthode prévue par la loi pour les prestations en capital. Votre pays de résidence peut ensuite exiger une déclaration, selon la convention et la manière dont il qualifie le versement.
Peut-on demander une taxation ordinaire ultérieure ?
Pour les personnes imposées à la source, elle se demande au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale, dans les trois cas prévus : part prépondérante des revenus mondiaux imposable en Suisse, situation comparable à celle d'un résident, ou déductions prévues par une convention. Les conditions précises dépendent de votre situation : consultez l'administration cantonale.
Quelle est la différence avec un frontalier qui reste salarié à temps partiel ?
Il garde l'affiliation à la caisse de pension, donc le petit plafond, et un revenu soumis à l'AVS. En contrepartie, le retrait pour début d'activité indépendante est moins évident, car une activité accessoire n'est pas toujours reconnue comme un changement d'activité. Demandez l'avis écrit de la fondation avant de décider.
Que devient mon 2e pilier si je quitte mon emploi ?
L'avoir est transféré en libre passage, auprès d'une institution de libre passage. Ce n'est pas le 3a : les règles de retrait sont différentes et souvent plus restrictives pour un non-résident. Vérifiez la situation avec l'institution concernée et lisez la page sur la LPP du frontalier.
Dois-je prévenir mon prestataire avant de démissionner ?
C'est recommandé. Vous évitez de découvrir, après avoir quitté votre emploi, qu'une pièce manque pour déclencher le retrait, ou que le délai d'un an court déjà. Une question écrite, avant le lancement, coûte peu et fixe les exigences.
Quelle page consulter ensuite ?
Selon le point qui vous inquiète : la checklist des pièges fiscaux du 3a pour l'impôt, l'aperçu du 3e pilier pour un frontalier pour les bases, ou la vue d'ensemble 3e pilier et mobilité pour situer votre cas.
Sources
- Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral) — admin.ch
- 3e pilier a — plafonds de déduction (chiffres repères OFAS)
- 3e pilier a — retrait et imposition — Administration fédérale des contributions
- Genève (GE) — montants LPP et 3e pilier A
- Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance — Fedlex
- Impôt à la source : non-résidents — Fedlex
- Impôt à la source (résidents en Suisse) — Fedlex
- Imposition séparée des prestations en capital de prévoyance — Fedlex
- Personnes assurées et affiliation — Fedlex
- Déduction fiscale des cotisations 3a — Fedlex
- Frontaliers : Genève et accord franco-suisse du 11 avril 1983 — Canton de Neuchâtel
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