Aller au contenu
Le Grand-Pont et le quartier du Flon, à Lausanne

Guide

Permis B ou C : acheter son logement en Suisse avec son 3a

Vous êtes arrivé en Suisse avec un permis B ou C et votre 3a est récent : peut-il financer l'achat de votre logement ? Tout dépend d'abord de votre séjour et de la loi sur l'acquisition par des personnes à l'étranger, puis du retrait EPL.

Mis à jour le · Information générale, pas un conseil personnalisé ni une offre de prévoyance.

Demander une comparaison gratuite

Dans cette page
  1. Étranger résident en Suisse : le 3a, un apport possible
  2. Permis de séjour et accès à la propriété
  3. Frontalier : pourquoi l'EPL reste fermé sauf logement en Suisse
  4. Un 3a récent : quel apport espérer
  5. Impôt à la source et retrait EPL
  6. Faire reconnaître un bien proche de la frontière
  7. Ce que la banque demande à un arrivant
  8. Les pièges fréquents des arrivants acheteurs
  9. Et si le 3a ne suffit pas ?
  10. Questions fréquentes

Vous venez d'arriver en Suisse, vous avez un permis de séjour, un compte 3a ouvert depuis peu, et l'idée d'acheter plutôt que de louer s'installe. La question du lecteur de cette page tient en une phrase : avec un permis B, peut-on utiliser son 3a pour acheter un logement en Suisse ? La réponse comporte deux étages qu'il ne faut pas confondre. Le premier est un étage de droit des étrangers et de droit foncier : avez-vous le droit d'acquérir ce bien, compte tenu de votre statut et de la loi dite « Lex Koller » sur l'acquisition de logements par des personnes à l'étranger ? Le second est un étage de prévoyance : votre 3a peut-il être retiré par anticipation pour l'encouragement à la propriété du logement (EPL), et que reste-t-il réellement une fois l'impôt déduit ? Ce guide les prend dans cet ordre, parce qu'un arrivant qui commence par le retrait risque de découvrir trop tard que le bien visé lui est fermé.

Il s'adresse aux détenteurs d'un permis B ou C, aux frontaliers titulaires d'un permis G qui regardent de l'autre côté de la frontière, et à ceux qui sont arrivés d'Italie, de France ou d'Allemagne et qui n'ont pas encore le réflexe des règles suisses. Il n'est pas un conseil : il explique les mécanismes et indique ce qu'il faut vérifier, auprès de qui, avant de signer quoi que ce soit.

Étranger résident en Suisse : le 3a, un apport possible

Commençons par ce qui est réjouissant. Le versement anticipé du 3a pour le logement n'est pas réservé aux Suisses. La règle suit la prévoyance, pas la nationalité : une personne qui cotise à un pilier 3a auprès d'une fondation bancaire de prévoyance ou d'une police d'assurance liée peut, à certaines conditions, demander le retrait anticipé de son avoir pour un logement qu'elle occupe elle-même. Un permis B ou C n'est pas, en soi, un obstacle côté prévoyance.

Les usages admis sont ceux que les autorités fiscales fédérales décrivent : l'acquisition ou la construction d'un logement pour ses propres besoins, l'achat de parts de propriété d'un logement, ou le remboursement de prêts hypothécaires. Une demande n'est possible que tous les cinq ans, et seulement jusqu'à la limite d'âge prévue à l'art. 3 al. 1 OPP 3. Ces trois éléments (usage pour soi, rythme de cinq ans, limite d'âge) sont le squelette de toute demande EPL.

Dans le vocabulaire courant, « utiliser son 3a pour acheter » recouvre en réalité trois gestes différents :

  • le retrait anticipé : l'argent sort du 3a, il est imposé à part comme un capital de prévoyance, et il entre dans le financement comme fonds propres ;
  • la mise en gage : l'avoir reste dans le 3a, mais il garantit une partie du prêt ; il n'y a pas de sortie d'argent, donc pas d'impôt à ce moment ;
  • l'amortissement indirect : on ne rembourse pas la dette, on verse au 3a, et l'avoir sert à rembourser plus tard, ce qui est décrit dans la page sur l'amortissement indirect pour un arrivant propriétaire.

Cette page se concentre sur ce qui est propre à l'arrivant : le statut de séjour, l'accès à la propriété et la fiscalité d'un résident encore imposé à la source.

Ce que « pour ses propres besoins » veut dire pour un arrivant

L'expression est le piège le plus fréquent. Le logement doit servir de résidence principale : celui où vous vivez réellement, à votre adresse déclarée. Un appartement acheté pour le louer, une résidence secondaire ou un bien destiné à vos futurs parents ne rentrent pas dans ce cadre. Pour un arrivant, cela a une conséquence concrète : la fondation ou l'assureur vous demandera de prouver que vous habiterez le bien. Une attestation de domicile à l'adresse du logement, une fois acquis, fait partie des pièces habituelles.

Exemple : Elena, arrivée d'Italie avec un permis B à Genève. Elena est salariée, affiliée à une caisse de pension, et son 3a est ouvert depuis peu. Elle visite un trois-pièces dans le canton et imagine y affecter son 3a. Avant de calculer quoi que ce soit, elle devra répondre à deux questions : son statut lui permet-il d'acquérir ce bien en tant que résidence principale, et son avoir actuel, encore modeste parce que le compte est récent, vaut-il l'impôt et les démarches d'un retrait ? Nous verrons plus loin que la seconde question est souvent la plus décevante. Les montants de son cas restent volontairement non chiffrés : ils dépendent de sa fondation, de son canton et de son revenu.

Permis de séjour et accès à la propriété

Avant le 3a, il y a le titre de séjour. En Suisse, l'acquisition d'immeubles par des personnes domiciliées à l'étranger ou par des étrangers sans établissement stable est encadrée par la loi fédérale sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger, que l'on appelle couramment Lex Koller. Son principe est restrictif pour les personnes à l'étranger, mais ses exceptions couvrent une grande partie des arrivants. Le point décisif est de savoir si vous êtes, au sens de cette loi, une « personne à l'étranger » ou non.

Les grandes lignes, à confirmer pour votre cas auprès de l'autorité cantonale ou d'un notaire :

  • Permis C (établissement) : en règle générale, la restriction ne s'applique pas. Le titulaire d'un permis d'établissement acquiert comme un résident suisse. Le détail est dans la page sur le permis C et le 3e pilier.
  • Permis B (séjour) : tout dépend de votre nationalité et de votre domicile. Les ressortissants de l'Union européenne ou de l'AELE qui sont domiciliés en Suisse ne sont, en règle générale, pas soumis à la restriction. Les ressortissants d'États tiers titulaires d'un permis B sont, eux, en principe soumis à une autorisation, même si l'achat d'une résidence principale est le cas le plus favorablement traité.
  • Permis G (frontalier) : vous n'êtes pas domicilié en Suisse. Un logement qui deviendrait votre résidence principale n'est pas concevable tant que vous vivez de l'autre côté de la frontière, et l'acquisition d'un bien d'habitation par une personne domiciliée à l'étranger est le cœur de la loi. Voir la page sur le permis G.
  • Permis L (courte durée) : le séjour limité pèse sur la banque autant que sur la loi ; voir la page sur le permis L et le 3a.

Ces repères sont des orientations, pas une réponse. Les cantons appliquent la loi avec leurs propres autorités et pratiques, et les règles évoluent. Retenez le réflexe : demandez par écrit, avant la promesse de vente, si votre acquisition est soumise à autorisation, et conservez la réponse. C'est le notaire chargé de l'acte qui, en pratique, pose la question à l'autorité compétente.

Un tableau pour situer chaque statut

La grille ci-dessous donne une première lecture, sans remplacer la vérification de votre situation. Elle croise le statut, l'accès à la propriété et la possibilité d'EPL pour un logement habité en Suisse.

Statut, accès à la propriété et possibilité d'EPLPermis BPermis CPermis GPermis LRésidence en SuisseOuiOuiNonOui mais limitéeAccès au logement habitéSelon nationalitéet cantonEn règle généralelibrePas de résidenceprincipale enSuisseSouvent limitépar la duréeLex KollerÀ vérifier au caspar casPas derestrictionhabituelleRestrictionapplicableÀ vérifier au caspar casEPL du 3aPossible silogement habitéPossible silogement habitéFermé sauflogement enSuisseRare, selon laduréeFiscalité du retraitSouvent à lasourceOrdinaireSelon le paysSouvent à lasource
Statut, accès à la propriété et possibilité d'EPL

Une lecture rapide de la grille : le permis C est la situation la plus simple, le permis B la plus variable, le permis G la plus fermée pour un logement habité en Suisse, et le permis L la plus fragile parce que la banque peut refuser un financement sur un séjour court. Les cases « à vérifier » sont volontairement honnêtes : personne ne peut les trancher à votre place sans connaître votre passeport, votre canton et le bien.

Les vérifications à faire avant de visiter

Avant la première visite, quelques démarches évitent de perdre du temps :

  • confirmer votre nationalité et votre statut exact sur la carte de séjour (B, C, G ou L) ;
  • se renseigner auprès de l'autorité cantonale compétente (souvent un office ou un registre foncier) pour savoir si l'acquisition visée est soumise à autorisation ;
  • vérifier la nature du bien : une résidence principale, un bien de rapport ou un immeuble commercial ne sont pas traités de la même façon ;
  • demander au futur vendeur si la vente est conditionnée à une autorisation, et inscrire cette condition dans la promesse de vente.

Frontalier : pourquoi l'EPL reste fermé sauf logement en Suisse

Si vous êtes frontalier, titulaire d'un permis G, votre situation est différente de celle d'un arrivant domicilié en Suisse. Vous travaillez en Suisse, vous cotisez à un 3a, mais vous habitez en France, en Allemagne ou en Italie. Or l'EPL est un dispositif lié à un logement que vous habitez. Un logement dans votre pays de résidence peut vous paraître éligible, puisque c'est bien votre résidence principale. Sur le papier, la règle suisse vise le « logement pour ses propres besoins », mais en pratique la fondation qui gère votre 3a, et surtout l'autorité fiscale, sont réticentes à verser un avoir suisse pour un bien situé à l'étranger, et le montage est souvent refusé ou rendu très incertain. Plusieurs prestataires l'excluent d'office dans leurs conditions.

Résumé de la logique : pour un frontalier, l'EPL reste en pratique fermé, sauf si l'achat vise un logement en Suisse que vous allez habiter. Dans ce cas, vous cessez d'être frontalier : vous devenez résident, avec un permis B ou C selon votre nationalité et votre statut, et les règles de l'étage précédent s'appliquent à vous.

C'est le cas du frontalier qui décide de s'installer en Suisse, par exemple pour se rapprocher de son employeur ou pour scolariser ses enfants sur place. Le moment du changement de statut est alors critique pour le 3a : un retrait EPL demandé juste avant ou juste après le changement de domicile n'a pas le même traitement fiscal qu'un retrait fait en pleine résidence. Pour la lecture fiscale côté frontalier, consultez aussi la page sur le régime spécial genevois ou celle sur le quasi-résident et la TOU.

Le piège du bien « de l'autre côté »

Un frontalier qui voudrait utiliser son 3a pour acheter chez lui, en France ou en Italie, devrait obtenir de sa fondation une réponse écrite avant tout engagement. Les questions utiles sont simples : le prestataire accepte-t-il un EPL pour un logement hors de Suisse ? Quelles pièces demande-t-il ? Quel est le traitement fiscal du retrait pour un non-résident ? La réponse la plus fréquente est négative ou conditionnelle, et ce que vous perdez à insister, ce sont des semaines de négociation avec le vendeur. Si la réponse est non, le 3a reste un capital de retraite, que vous retirerez plus tard selon les règles applicables aux non-résidents.

Un 3a récent : quel apport espérer

Revenons à Elena et à son compte ouvert depuis peu. L'enjeu est un ordre de grandeur, pas un calcul : un 3a récent contient peu, parce qu'il se nourrit de versements annuels limités par un plafond. Pour 2026, ce plafond est de 7 258 CHF pour une personne affiliée à une caisse de pension (le « petit 3a »), et de 36 288 CHF pour un indépendant non affilié, dans la limite de 20 % du revenu de l'activité lucrative. Pour 2027, les montants maximaux prévus sont de 7 373 CHF et de 36 864 CHF. Un salarié qui n'a cotisé que pendant une période courte n'a pas pu accumuler beaucoup : même s'il a versé le plafond chaque année depuis son arrivée, le total reste une fraction de l'apport qu'une banque attend pour un achat.

Voici les repères officiels qui encadrent cette réflexion.

7 258 CHF

Plafond 3a avec 2e pilier, en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

7 373 CHF

Plafond 3a avec 2e pilier, en 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 288 CHF

Plafond 3a sans 2e pilier, en 2026

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

36 864 CHF

Plafond 3a sans 2e pilier, en 2027

Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)

Les repères officiels pour un 3a récent

Ces chiffres sont des plafonds de versement, non des soldes. Ils servent à fixer l'ordre de grandeur de ce qu'un arrivant a pu mettre de côté, rien de plus. La plupart des fondations rappellent aussi que les premières années, les frais ou les variations de valeur peuvent peser sur un petit capital. L'effet de la durée et des intérêts composés se visualise sur une courbe, mais il ne s'écrit pas ici : le rendement n'est jamais promis, et l'écart entre un compte ancien et un compte récent est précisément celui qui sépare un apport utile d'un apport symbolique.

Le rachat rétroactif : un levier pour l'arrivant ?

Certains arrivants peuvent combler les années pendant lesquelles ils n'ont pas pu cotiser, grâce au rachat rétroactif du 3a. Ce dispositif, prévu pour les lacunes de versement, change la donne pour qui est arrivé tardivement ou a une longue période de non-cotisation. Il dépend du statut, de la période concernée et des règles applicables à la date du versement. Pour savoir si vous êtes concerné, voyez la page sur le rachat rétroactif pour arrivants et frontaliers. Sachez seulement ici que le rachat augmente l'avoir 3a, donc le potentiel d'apport, mais qu'il suppose une marge financière que beaucoup d'arrivants n'ont pas au moment d'acheter.

Retrait ou mise en gage : le choix qui change l'apport

Un avoir modeste peut être plus utile en mise en gage qu'en retrait. Dans une mise en gage, il n'y a pas d'impôt de sortie, l'avoir reste investi, et la banque le compte comme garantie pour une partie du financement. Le retrait, lui, apporte des fonds propres liquides, mais déclenche l'impôt sur les prestations en capital. Pour un petit montant, l'impôt et les démarches peuvent absorber une part sensible du bénéfice. Cette comparaison, point par point, est traitée dans d'autres pages du site ; ce qu'il faut retenir ici, c'est que la question à poser à la banque n'est pas « combien puis-je retirer ? » mais « comment comptez-vous mon 3a dans mon apport ? ».

Impôt à la source et retrait EPL

Pour un arrivant sans permis d'établissement, la fiscalité est celle de l'impôt à la source. Les autorités fédérales rappellent que l'impôt à la source est prélevé directement sur le revenu des personnes en Suisse sans permis d'établissement ou sans domicile fiscal suisse, par exemple les frontaliers et les personnes en séjour hebdomadaire. La loi sur l'harmonisation des impôts directs des cantons prévoit que les travailleurs sans permis d'établissement, domiciliés ou en séjour dans le canton, sont assujettis à un impôt perçu à la source sur le revenu de leur activité lucrative dépendante. Un détenteur de permis B salarié est donc, en règle générale, imposé à la source.

Cela soulève trois questions concrètes pour un projet de logement.

Peut-on déduire son 3a quand on est imposé à la source ?

Le barème de l'impôt à la source ne tient pas compte des cotisations 3a. Pour déduire ses versements, une personne imposée à la source peut demander par écrit, jusqu'au 31 mars de l'année suivante, une taxation ordinaire ultérieure (TOU). La loi précise aussi que les personnes imposées à la source qui disposent de revenus non soumis à l'impôt à la source, ou qui dépassent un certain montant de revenus bruts fixé par le Département fédéral des finances avec les cantons, sont soumises à une TOU obligatoire. Ce montant n'est pas chiffré dans la loi d'harmonisation et dépend de l'année. Pour l'arrivant acheteur, la TOU a un intérêt supplémentaire : à partir du moment où il devient propriétaire, il peut avoir des revenus et des charges (valeur locative, intérêts hypothécaires) qui sortent du cadre de l'impôt à la source. Il est alors utile de vérifier avec son canton comment ces éléments seront traités. Voir aussi la page sur l'impôt à la source et le 3a pour un permis B.

Comment est imposé le retrait EPL ?

Le retrait anticipé du 3a est imposé comme une prestation en capital de prévoyance, à part du reste du revenu. Le canton compétent, la commune et l'état civil déterminent le montant de l'impôt, et il n'existe pas de règle valable partout. Ce qui est sûr : le retrait n'est pas gratuit fiscalement, et le montant net qui arrive à l'apport est inférieur au brut. Une fondation sérieuse précise, avant le retrait, si elle retient un impôt à la source ou si elle laisse la taxation au canton. C'est une question à poser par écrit.

La distinction avec un non-résident est utile à comprendre. Les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de prestations de formes reconnues de prévoyance individuelle liée, c'est-à-dire du pilier 3a, sont soumis à l'impôt à la source, selon la loi d'harmonisation et la loi fédérale directe, avec un calcul particulier pour les prestations en capital. Cette règle concerne le départ de Suisse et le frontalier, non l'arrivant résident. Pour comparer les situations, la page sur le retrait anticipé selon le statut et le pays de résidence détaille les cas, et celle sur l'impôt à la source sur le capital et le canton débiteur explique quel canton décide.

Et si l'on rembourse un prêt avec le 3a ?

Le remboursement d'un prêt hypothécaire avec un retrait 3a est l'un des usages admis, mais il suit la même fiscalité de retrait. Pour un arrivant imposé à la source, le lien avec la TOU et avec le traitement des intérêts mérite d'être examiné avant le remboursement. Cette situation est détaillée dans la page sur l'hypothèque, le 3a et l'impôt à la source.

Un point de calendrier à ne pas rater

La loi fixe une date commune aux principales demandes de TOU : au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale. Cette date vaut pour la demande de taxation ordinaire ultérieure d'une personne imposée à la source qui ne remplit pas les conditions de la TOU obligatoire, ainsi que pour la demande du formulaire de déclaration d'impôt par les personnes qui disposent de revenus non soumis à l'impôt à la source. Une personne qui quitte la Suisse doit, quant à elle, avoir demandé la TOU au moment du dépôt de la déclaration de départ. Pour un acheteur, la conséquence est simple : l'année de l'achat et du retrait, inscrivez ces dates dans votre calendrier avant de signer.

Faire reconnaître un bien proche de la frontière

Une question revient souvent chez les arrivants qui travaillent près de la frontière : « Et si j'achète du côté suisse, juste à côté de mon ancienne commune ? » Plusieurs cas sont à distinguer, parce que la proximité de la frontière ne change rien aux règles, mais elle change les arbitrages.

Le bien est en Suisse, vous y emménagez. C'est le cas standard : le logement sera votre résidence principale, vous devenez résident et l'EPL est envisageable sous réserve de l'accès à la propriété. Vous demandez à la fondation ou à l'assureur les pièces habituelles, et vous planifiez le retrait avec le notaire.

Le bien est en Suisse, mais vous continuez à habiter à l'étranger. Il ne s'agit plus de votre résidence principale. Ni la loi sur l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger, ni la logique de l'EPL ne s'y prêtent : il est en principe impossible de retirer son 3a pour ce type de bien. Si le bien est une résidence secondaire, la restriction sur l'acquisition par des personnes à l'étranger est précisément la règle qui pose la limite.

Le bien est à l'étranger, proche de la frontière. Voir plus haut : l'EPL est en pratique refusé ou incertain. Certains prestataires exigent que le logement soit situé en Suisse. Le frontalier qui compte sur son 3a pour acheter chez lui doit se préparer à l'idée que le capital resterait bloqué jusqu'à un événement de retrait ordinaire.

Le frontalier déménage en Suisse pour acheter. C'est la transition qui exige le plus de coordination : changement de domicile, nouveau permis, passage de l'imposition de frontalier à celle de résident imposé à la source ou ordinairement, et accord de la banque sur un revenu qui peut aussi changer de nature. La page sur les cantons romands à comparer pour un frontalier peut aider à comparer les régimes avant de s'engager.

Le piège de la date de déménagement

Un frontalier qui emménage au cours de l'année doit regarder quelle règle fiscale s'applique à chaque période. Le statut fiscal de l'année concernée, la date du changement de domicile et la date du retrait ne se recoupent pas toujours. Un retrait fait trop tôt, avant que le domicile suisse soit établi, ou trop tard, après un départ, ne reçoit pas le même traitement. Faites-vous confirmer par écrit, par la fondation et par l'autorité fiscale cantonale, la qualification de votre situation à la date prévue du retrait.

Ce que la banque demande à un arrivant

Même lorsque la loi autorise l'achat et que le 3a peut financer une part de l'apport, il reste la banque. Pour un arrivant, plusieurs critères pèsent davantage que pour un résident de longue date.

La stabilité du séjour. Un permis B est lié à un contrat de travail ou à un projet ; certaines banques, selon leur politique, se montrent plus prudentes avec un séjour récent, et plus encore avec un permis L. Le permis C rassure davantage.

L'historique de revenu. Un arrivant n'a souvent qu'un contrat récent, parfois une période d'essai. La banque demande les fiches de salaire, le contrat de travail, et parfois une attestation d'absence de poursuites suisse, qu'un arrivant n'a pas toujours : un extrait étranger équivalent peut être demandé.

L'apport en fonds propres. La banque examine l'origine des fonds. Un retrait de 3a est une source reconnue, mais elle regarde la part de fonds propres « durs » (épargne, apport familial) par rapport à la part issue de la prévoyance. Elle précisera comment elle compte le 3a dans le financement, ce qui est le sujet d'un autre guide du site.

La charge tenable. Le calcul de la capacité d'emprunt applique des règles prudentes. Un revenu en devise étrangère, par exemple celui d'un conjoint resté dans son pays, est souvent traité avec une décote. Les variations de change doivent être discutées dès le premier rendez-vous.

Les justificatifs de séjour. Passeport, carte de séjour, attestation de domicile, parfois justificatif de la situation fiscale (impôt à la source, TOU prévue).

Les pièces à préparer

Une checklist pour le premier rendez-vous avec la banque :

  • la copie du permis de séjour et du passeport ;
  • le contrat de travail et les dernières fiches de salaire ;
  • l'attestation du compte 3a avec le solde et le type de prestataire (fondation bancaire ou police liée) ;
  • un extrait de poursuites suisse, ou son équivalent étranger ;
  • la confirmation écrite que l'acquisition est possible au regard de la loi sur l'acquisition par des personnes à l'étranger ;
  • l'accord préalable de la fondation ou de l'assureur sur le principe du retrait ou de la mise en gage ;
  • les relevés des autres avoirs (épargne, 2e pilier, éventuels avoirs à l'étranger).

Le déroulé en une image

Les étapes ci-dessous donnent l'ordre logique de la démarche, depuis la vérification du droit d'acheter jusqu'à l'utilisation du 3a dans le financement.

Acheter son logement avec un 3a, dans l'ordre1Vérifier son statut de séjourPermis B, C, G ou L, nationalité et domicile2Contrôler l'accès à la propriétéLex Koller, autorisation éventuelle, nature du bien3Demander les conditions du 3aRetrait, mise en gage ou rien, selon la fondation4Estimer l'impôt de sortieCanton, statut, impôt à la source et TOU5Présenter le dossier à la banqueRevenus, apport, justificatifs de séjour6Signer chez le notaireConditions suspensives et autorisation incluses7Faire le retrait ou le gageAvec les pièces du notaire et du registre foncier8Suivre la déclaration d'impôtDates de la TOU et déclaration du retrait
Acheter son logement avec un 3a, dans l'ordre

Questions à poser avant de s'engager

Quelques questions précises, à poser par écrit, font gagner du temps :

  • à l'autorité cantonale ou au notaire : mon acquisition est-elle soumise à autorisation au regard de mon statut et de ma nationalité ?
  • à ma fondation ou à mon assureur : quelles pièces demandez-vous pour un retrait EPL ? le retrait est-il possible si mon compte est récent ? quel délai de traitement ?
  • à la banque : comment comptez-vous mon 3a dans mon apport ? acceptez-vous la mise en gage ? tenez-vous compte de mon statut de séjour ?
  • à l'administration fiscale : comment sera imposé mon retrait ? mon imposition à la source change-t-elle après l'achat ?

Pour une lecture personnalisée de votre situation, la comparaison gratuite permet d'obtenir une mise en perspective des offres qui s'appliquent à votre statut, et la page Comment ça marche précise qui traite la demande.

Les pièges fréquents des arrivants acheteurs

Plusieurs erreurs reviennent chez les acheteurs récents.

Retirer trop tôt. Un arrivant qui retire son 3a dès le premier achat voit son capital de retraite diminuer au moment où le compte commençait à porter ses effets. Le retrait n'est pas obligatoire : la mise en gage ou le simple maintien dans le 3a peuvent mieux servir le projet.

Oublier la limite de répétition. Une demande n'est possible que tous les cinq ans. Un arrivant qui retire un petit montant pour des travaux peut se priver d'un retrait plus important lors d'un achat. Voyez la page sur les travaux au logement financés par un 3a avec un permis B.

Confondre loi de séjour et loi foncière. Avoir le droit de résider ne signifie pas avoir le droit d'acquérir sans vérification. Inversement, être soumis à la restriction ne signifie pas être exclu : une autorisation peut être accordée pour une résidence principale.

Croire que l'EPL fonctionne partout. Le logement doit être en Suisse et servir de résidence principale. Un montage pour un bien à l'étranger est en pratique risqué et souvent refusé.

Négliger l'impôt de sortie. Le montant retiré n'est pas le montant disponible. L'impôt sur les prestations en capital réduit l'apport, et il se paie à une échéance qui peut survenir après la signature chez le notaire.

Oublier le départ éventuel. Un permis B peut prendre fin. Si vous quittez la Suisse un jour, le logement ne sera plus votre résidence principale, ce qui a des conséquences pour le 3a retiré par anticipation. Les cas de départ sont traités dans la check-list du départ de Suisse ; pensez-y avant d'investir une part de votre prévoyance.

Et si le 3a ne suffit pas ?

Il arrive que l'avoir 3a d'un arrivant soit trop modeste pour justifier un retrait. Dans ce cas, d'autres leviers existent, qui dépassent le sujet de cette page : l'avoir du 2e pilier (pour ceux qui y ont accès), l'épargne personnelle, l'aide de la famille, et la structuration du financement avec la banque. Le 3a reste utile comme garantie ou comme outil d'amortissement indirect, deux usages qui conservent l'avoir investi. Le bon choix dépend de votre revenu, de votre canton, de votre horizon de séjour et de votre appétit pour le risque ; il ne se déduit pas d'une règle générale.

Questions fréquentes

Avec un permis B, puis-je utiliser mon 3a pour acheter un logement en Suisse ?

Côté prévoyance, oui, sous conditions : le logement doit servir à vos propres besoins, la demande n'est possible que tous les cinq ans et seulement jusqu'à la limite d'âge de l'art. 3 al. 1 OPP 3. Côté droit foncier, il faut d'abord vérifier que votre statut et votre nationalité vous permettent d'acquérir le bien, au regard de la loi sur l'acquisition par des personnes à l'étranger. Les deux vérifications sont indépendantes.

Qu'est-ce que la Lex Koller et me concerne-t-elle ?

C'est la loi fédérale qui encadre l'acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger. Elle concerne surtout les personnes domiciliées à l'étranger et certains titulaires de permis de séjour ressortissants d'États tiers. Beaucoup d'arrivants européens domiciliés en Suisse et les titulaires d'un permis C n'y sont pas soumis, en règle générale. Pour être certain, interrogez le notaire ou l'autorité cantonale avant la promesse de vente.

Un frontalier avec un permis G peut-il retirer son 3a pour acheter ?

Pour un logement en Suisse qu'il habitera, il devient résident et relève alors d'un autre statut de séjour. Pour un logement dans son pays de résidence, l'EPL est en pratique fermé ou très incertain, et de nombreux prestataires le refusent. Demandez une réponse écrite à la fondation avant tout engagement.

Mon 3a est ouvert depuis peu : vaut-il la peine d'être retiré ?

Souvent, la question se pose : un capital récent est modeste, et le retrait déclenche un impôt sur les prestations en capital et des démarches. La mise en gage, qui évite la sortie d'argent, peut être plus utile. Le plafond annuel limite ce qu'un arrivant a pu verser : 7 258 CHF en 2026 avec un 2e pilier, par exemple. La bonne question à poser à la banque est de savoir comment elle compte votre 3a dans l'apport.

Peut-on faire plusieurs retraits EPL ?

Oui, mais pas rapprochés : une demande n'est possible que tous les cinq ans. Un petit retrait pour des travaux peut donc retarder un retrait plus important pour l'achat. Planifiez vos usages avant de demander le premier.

Le retrait EPL est-il imposé quand on est imposé à la source ?

Le retrait est imposé comme une prestation en capital de prévoyance. Le barème de l'impôt à la source ne tient pas compte des cotisations 3a, et la TOU peut être demandée jusqu'au 31 mars de l'année suivante pour les prendre en compte. Les modalités précises de la taxation du retrait dépendent du canton et de votre situation ; faites-les préciser par la fondation et par l'administration fiscale.

Que se passe-t-il si je quitte la Suisse après avoir retiré mon 3a pour mon logement ?

Le logement n'est plus votre résidence principale, ce qui peut avoir des conséquences selon le canton et la fondation, notamment sur l'obligation de rembourser ou de signaler la situation. Prévoyez ce cas avant l'achat, et consultez la check-list du départ de Suisse.

La mise en gage est-elle possible avec un permis B ?

Oui en principe : elle ne dépend pas de la nationalité mais de l'accord de la fondation ou de l'assureur et de celui de la banque. Elle présente l'avantage de ne pas déclencher d'impôt de sortie. La banque peut toutefois peser le statut de séjour dans son évaluation globale.

Un permis L ouvre-t-il les mêmes possibilités ?

Rarement. Le séjour de courte durée limite à la fois l'accès à la propriété selon les cas et la disposition des banques à financer. Comparez avec la page sur le permis L, et vérifiez auprès de votre prestataire.

Quelles pièces la fondation demande-t-elle pour un retrait EPL ?

Elle demande généralement une pièce d'identité, la preuve que le logement sert à vos propres besoins (contrat d'achat, extrait du registre foncier), l'accord du conjoint ou du partenaire enregistré selon la situation, et parfois une attestation de domicile. Les exigences varient selon le prestataire : demandez la liste complète avant de signer chez le notaire.

Puis-je déduire mes versements 3a si je suis imposé à la source ?

Pas automatiquement. Une personne imposée à la source peut demander une taxation ordinaire ultérieure, par écrit, jusqu'au 31 mars de l'année suivante, pour déduire ses cotisations 3a. Le détail dépend de votre canton et de votre statut ; la page sur l'impôt à la source et le 3a pour un permis B l'explique pas à pas.

Sources

Vous voulez comparer pour votre situation ?

Décrivez votre situation en deux minutes. Les offres de plus de 35 banques et assurances sont comparées pour vous. Gratuit, sans engagement.

Demander une comparaison gratuite