Dans cette page
- Qui peut souscrire auprès d'un assureur suisse depuis la France
- 3a assurance et assurance vie « à la française » : deux mondes
- Fiscalité d'un contrat suisse vue de France
- Obligations de déclaration en France
- Si vous déménagez ou changez de statut
- Vérifier l'assureur et le droit applicable
- Les pièces qu'on vous demandera
- Avis neutre avant de signer
- Questions fréquentes
Une assurance vie suisse pour Français, cela n'existe pas comme produit à part : il existe des contrats d'assureurs suisses, de plusieurs natures, et un résident français qui en signe un se retrouve au croisement de deux droits. Le contrat obéit au droit suisse des assurances ; la personne, elle, est domiciliée en France, déclare en France et sera un jour imposée selon des règles qui dépendent de ce domicile. Cette page prend le sujet dans cet ordre : d'abord le statut de la personne, ensuite le contrat.
Elle s'adresse au frontalier qui reçoit une offre d'un assureur suisse, au résident français sans emploi en Suisse qui s'interroge, et à celui qui hésite entre un contrat suisse et une assurance vie « à la française ». Elle ne recommande aucun assureur et ne dit pas ce que vous devriez signer : elle donne les questions à poser et les points à contrôler.
Qui peut souscrire auprès d'un assureur suisse depuis la France
La première question n'est pas « quel contrat ? » mais « quel contrat m'est ouvert ? ». Tout dépend de la nature du produit, et de votre lien avec la Suisse.
Le 3a lié : une porte réservée aux revenus suisses
Le pilier 3a est une prévoyance individuelle liée : son avantage fiscal est réservé à qui perçoit un revenu d'une activité lucrative soumise aux cotisations suisses. Un frontalier titulaire d'un permis G, salarié d'un employeur suisse, remplit en principe cette condition. Le résident français qui ne travaille pas en Suisse, lui, n'a pas de revenu suisse sur lequel verser : il ne peut pas ouvrir de 3a lié au sens strict, quelle que soit la politique commerciale d'un prestataire. Le détail par statut figure dans la page sur qui peut cotiser au 3a selon son permis et sa résidence, et celle sur la possibilité de cotiser à un 3e pilier suisse en tant que frontalier.
Les plafonds de versement dépendent de l'affiliation au 2e pilier. Le plafond pour une personne affiliée à une caisse de pension (le « petit 3a ») est de CHF 7 258 en 2026 et de CHF 7 373 en 2027. Pour une personne sans 2e pilier, le plafond maximal est de CHF 36 288 en 2026 et de CHF 36 864 en 2027, ce plafond étant limité à une part du revenu de l'activité lucrative en dessous de ce maximum. Un frontalier salarié relève la plupart du temps du premier cas ; le second concerne surtout l'indépendant, un sujet traité dans le plafond 3a du frontalier selon son permis et son emploi.
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 864 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Le pilier 3b : un contrat libre, mais pas un contrat neutre
Le pilier 3b est la prévoyance libre. Aucun lien avec une activité suisse n'est exigé pour signer : un assureur suisse peut, en droit, proposer un contrat de 3b à une personne qui vit en France. En pratique, c'est l'assureur qui décide s'il accepte des clients non résidents (certains refusent, d'autres imposent des conditions de pièces ou de langue), et c'est le fisc français qui décidera ensuite comment traiter le contrat. Aucune déduction suisse ne s'attache au 3b ; le seul avantage éventuel vient du traitement fiscal des prestations, et il dépend de la résidence. Le sujet est approfondi dans le pilier 3b du frontalier vu par le fisc français.
Ce que l'assureur vous demandera de prouver
Un assureur suisse qui accepte un client résidant en France demande en général une pièce d'identité, un justificatif de domicile, des renseignements sur le statut fiscal et, pour un 3a, une preuve de l'activité en Suisse (contrat de travail, fiche de salaire, permis G). Il peut aussi réclamer une attestation de résidence fiscale. Ces demandes ne sont pas une lubie : elles servent à vérifier le droit de verser et à remplir ses propres obligations de déclaration.
Exemple : Camille vit à Besançon et travaille à Neuchâtel avec un permis G. Un assureur suisse lui propose un contrat lié. Avant de comparer les prestations, elle vérifie un point simple : son revenu d'activité suisse ouvre bien un 3a, et son employeur n'a pas de raison de lui refuser une attestation. Un voisin de Camille, résident français sans emploi en Suisse, ne pourrait pas, lui, ouvrir ce même contrat comme 3a.
3a assurance et assurance vie « à la française » : deux mondes
On compare volontiers « l'assurance vie » des deux côtés de la frontière. Le mot est le même, mais le produit et le cadre juridique ne le sont pas.
Du côté suisse, une police 3a est une assurance liée à la prévoyance : l'argent est bloqué jusqu'à des cas de sortie prévus, et le contrat est soumis aux règles de l'OPP 3. Les prestations de vieillesse peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, et les contrats ne peuvent pas prévoir leur fin après la 70e année. Une police 3a combine souvent une épargne et des garanties de risque (décès, invalidité, libération du paiement des primes). Du côté français, une assurance vie est un contrat d'épargne ou de placement dont la sortie est libre à tout moment, avec un régime fiscal propre et la possibilité de désigner librement un bénéficiaire.
La conséquence pratique : on ne compare pas un 3a à une assurance vie française sur le seul rendement ou les frais. Il faut regarder l'accès à l'argent, la déduction éventuelle, la sortie, le risque de change et l'engagement dans la durée.
Le tableau qui suit donne une comparaison qualitative, sans chiffre de rendement ni de frais.
Si l'on veut voir ligne à ligne la différence de logique, voici la même idée sous forme de tableau comparatif.
| Critère | 3a lié suisse (police) | Assurance vie de droit français |
|---|---|---|
| Finalité | Prévoyance retraite encadrée | Épargne ou placement souple |
| Condition d'entrée | Activité lucrative soumise à l'AVS suisse | Résidence ou accord de l'assureur |
| Déduction | Possible selon le régime d'impôt applicable | Pas de déduction à l'entrée |
| Sortie anticipée | Cas fixés par la loi (départ, logement, indépendance) | Rachat possible à tout moment |
| Bénéficiaires | Ordre légal, avec ajustements limités | Choix libre en principe |
| Risque de change | Présent si vous vivez et dépensez en euros | Faible si le contrat est en euros |
| Engagement | Souvent long, avec frais de sortie possibles | Variable selon le contrat |
Pour une lecture plus générale sur l'assurance du côté suisse, voyez assurance-vie suisse pour frontaliers et expatriés et la police 3a, un engagement à bien peser.
Fiscalité d'un contrat suisse vue de France
C'est le point où les résumés commerciaux sont les plus fragiles. Le sujet n'est pas : « le contrat est-il avantageux en Suisse ? », mais : « comment la France traite-t-elle ce contrat, et la Suisse ? ».
Deux États, une convention
La France et la Suisse sont liées par une convention contre les doubles impositions, dite convention de 1966. Pour le frontalier, le régime fixé par l'accord franco-suisse du 11 avril 1983 s'y ajoute, notamment pour le sort de l'impôt à la source selon le canton d'emploi. D'après les informations du canton de Neuchâtel, le résident français qui remplit les conditions de cet accord est exonéré de l'impôt à la source suisse ; sinon la convention de 1966 évite la double imposition. Dans les cantons concernés, il faut donc regarder son propre cas avant d'imaginer quel pays prélèvera quoi.
Le résident français est en principe imposable en France sur l'ensemble de ses revenus mondiaux. Le frontalier voit son salaire suisse imposé à la source côté suisse ou en France selon le canton ; les revenus issus d'un contrat suisse, eux, n'ont pas la même logique que le salaire et ne bénéficient d'aucune règle simplifiée par défaut.
L'impôt à la source et la taxation ordinaire ultérieure
Les travailleurs domiciliés dans un État limitrophe et employés par un employeur ayant en Suisse son siège, son administration effective ou un établissement stable sont soumis à l'impôt à la source sur le revenu généré à l'étranger par cette activité, pour autant que l'accord fiscal applicable accorde ce droit d'imposition à la Suisse (art. 91 al. 2 de la loi fédérale sur l'harmonisation, côté fédéral). La loi vaudoise ou genevoise reprend la même logique pour les employeurs de leur canton.
Il existe une voie de rattrapage : la taxation ordinaire ultérieure (TOU). Elle est ouverte dans trois cas : une part prépondérante des revenus mondiaux du couple est imposable en Suisse ; la situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse (le quasi-résident) ; la TOU est nécessaire pour faire valoir des déductions prévues par une convention contre les doubles impositions. La demande se dépose au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale concernée, et l'impôt retenu à la source est imputé sans intérêts lors de cette taxation. Sur le plan pratique, c'est ce chemin qui permet à certains frontaliers de faire valoir une déduction 3a en Suisse ; il ne concerne pas tout le monde. Voyez la déduction du 3a pour le frontalier, la TOU et le quasi-résident et la TOU du quasi-résident genevois.
Ce qui change à la sortie
À la sortie, le capital ou la rente est imposé selon la résidence au moment du versement, parfois avec un prélèvement à la source suisse sur un capital de prévoyance. Un résident français qui retire un 3a sera concerné par le prélèvement suisse, puis par le traitement français du revenu ou du capital, selon la convention et la nature de la prestation. On ne peut donc pas affirmer « le retrait est taxé ainsi » sans dire qui est le contribuable. La rente viagère issue d'une assurance a, elle, ses propres règles de rendement imposable ; l'une d'elles indique que pour certaines rentes viagères garanties soumises à la loi sur le contrat d'assurance, la part de rendement retenue est nulle si le taux d'intérêt technique maximal applicable à la conclusion du contrat est nul ou négatif (art. 22 al. 3 let. a ch. 2 de la loi fédérale sur l'impôt fédéral direct). Ce n'est pas un conseil de produit, c'est un exemple de la finesse du régime.
Pour chiffrer un retrait selon son pays de résidence, un simulateur d'impôt sur le retrait du 3a donne un ordre de grandeur, jamais le montant que vous paierez.
Obligations de déclaration en France
Les règles françaises changent plus vite que les règles suisses, et elles ne sont pas toutes dans les documents de l'assureur. Ce qui suit est un cadre ; le détail dépend de l'année et de votre dossier.
- Les comptes et contrats détenus à l'étranger sont à déclarer à l'administration fiscale française. Un contrat d'assurance souscrit auprès d'un assureur établi hors de France entre, en principe, dans cette logique, même s'il s'appelle « prévoyance » en Suisse.
- Les revenus du contrat, quand il y en a, sont à reporter dans la déclaration de revenus, avec les justificatifs de l'assureur.
- Les prélèvements sociaux peuvent s'ajouter, selon la nature des revenus et votre régime de sécurité sociale. C'est un point sur lequel les frontaliers doivent se renseigner précisément.
- La fortune : un contrat de capitalisation ou une valeur de rachat peuvent compter dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière ou du patrimoine, selon la situation ; voyez le 3a, la fortune suisse et l'IFI.
Les pages déclaration française du 3e pilier suisse et déclarer son 3a en France détaillent les formulaires et les cases. Ce guide ne les recopie pas pour une raison simple : une erreur de case est plus coûteuse qu'une page de détail oubliée.
Une obligation qui ne dépend pas de l'assureur
L'assureur suisse ne remplit pas votre déclaration française. Il vous remet des attestations, mais c'est à vous de les rapprocher des formulaires français. Omettre un contrat étranger peut entraîner des majorations ; c'est l'un des pièges les plus fréquents chez les arrivants qui gardent un contrat ouvert « parce qu'il est en Suisse ».
Le frontalier a une obligation de plus, plus ancienne : remettre à chaque employeur, avant le premier jour de travail, une attestation de résidence fiscale (formulaire 2041-AS/ASK). Si ce document n'a pas été remis, la retenue peut être faite par défaut ; l'assureur suisse, lui, ne le demandera pas à votre place mais pourra en exiger une copie.
Si vous déménagez ou changez de statut
Un contrat de long terme traverse plusieurs vies. Voici ce que deviennent les situations qui font basculer le dossier.
Vous cessez d'être frontalier
Si vous perdez votre emploi en Suisse ou le quittez pour un employeur français, vous n'avez plus de revenu suisse sur lequel verser. Un 3a lié existant reste en général en place, mais les versements s'arrêtent ; l'assureur pourra transformer le contrat en un contrat libéré, ou vous demander de continuer à payer les primes selon ce qui est prévu. Lisez la clause correspondante avant la signature, pas à ce moment-là. La page 3a assurance et départ de Suisse détaille les options.
Vous vous installez en Suisse
Le changement inverse existe : le résident français qui part travailler en Suisse avec un permis B passe du statut de contribuable français à celui de résident suisse. Le contrat qu'il avait côté suisse peut alors changer de régime fiscal. Un tel passage se prépare avec la page Permis B : reprendre ou changer son 3a en arrivant.
Vous rentrez en France ou prenez votre retraite
Le retrait d'un 3a lié ou le rachat d'un contrat à la retraite suppose d'avoir atteint la fenêtre légale : les prestations de vieillesse du 3a peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence. Pour un départ de Suisse, d'autres cas de sortie existent sous conditions, avec un traitement fiscal propre. Voyez retour en France avec un 3a : retirer ou garder ? pour la comparaison des deux options.
La frise suivante ne donne aucun rendement ni aucune date : elle situe seulement les moments où le contrat rencontre un changement de statut.
Vérifier l'assureur et le droit applicable
Un contrat signé à distance avec un assureur étranger ne perd pas ses protections, mais il faut savoir lesquelles et comment les faire valoir.
L'obligation d'information de l'assureur
La loi suisse sur le contrat d'assurance (LCA) impose à l'assureur d'informer le preneur avant la conclusion : risques assurés, étendue de la couverture, primes et autres obligations du preneur, durée et fin du contrat, droit de révocation (forme et délai), délai de remise de l'avis de sinistre (art. 3 al. 1 let. a à d, h, i, j) et validité dans le temps de la couverture. Si l'assureur a contrevenu à cette obligation, le preneur peut résilier le contrat. Ce droit s'éteint quatre semaines après qu'il a eu connaissance de la contravention et des informations, et au plus tard deux ans après la contravention (art. 3a al. 1 et 2). Ce délai court vite : une lecture attentive du dossier au début vaut mieux qu'une contestation tardive.
La police et les déclarations
L'assureur remet au preneur une police constatant les droits et obligations des parties et, sur demande, une copie des déclarations faites par le proposant (art. 11 al. 1 et 2). Cette copie est précieuse : en cas de litige, ce qui se trouve dans votre proposition est ce qu'on vous opposera.
Réticence et fausse déclaration
Une déclaration inexacte à la souscription a des conséquences. Si le contrat prend fin par résiliation pour réticence, l'obligation de prestation s'éteint aussi pour les sinistres déjà survenus dans la mesure où le fait non déclaré a influé sur leur survenance ou leur étendue ; l'assureur a droit au remboursement de la prestation déjà accordée dans cette mesure (art. 6 al. 3). Pour un résident français, cela concerne notamment les questions de santé, de profession et de résidence : mieux vaut les remplir avec exactitude que corriger après coup.
En cas de sinistre
L'ayant droit doit donner avis à l'assureur aussitôt qu'il a eu connaissance du sinistre et du droit qui en découle, et le contrat peut prévoir que l'avis soit écrit (art. 38 al. 1). Si l'ayant droit contrevient par sa faute à cette obligation, l'assureur peut réduire l'indemnité à ce qu'elle aurait été si la déclaration avait été faite à temps (art. 38 al. 2). L'assureur peut également demander tout renseignement utile pour déterminer les circonstances et les conséquences du sinistre, et il peut être convenu de produire des pièces déterminées, notamment des certificats médicaux (art. 39 al. 1 et 2 ch. 1). Pour un résident français, la logistique compte : un certificat médical rédigé en France, une pièce en français ou en allemand, un délai de transmission. Demandez à l'assureur, avant de signer, comment ces pièces sont acceptées depuis l'étranger.
Les clauses qui protègent après un sinistre
Sont nulles les dispositions du contrat qui donnent à l'assureur le droit de supprimer ou de limiter unilatéralement la durée ou l'étendue de ses obligations existantes de fournir des prestations périodiques à la suite d'une maladie ou d'un accident lorsque le contrat prend fin après le sinistre (art. 35c al. 1). Cette règle protège l'assuré invalide ou malade contre un retrait de couverture en cours de route. Elle ne dispense pas de lire les conditions générales.
Qui est l'interlocuteur ?
Vérifiez que l'assureur est autorisé en Suisse, que le contrat est bien soumis au droit suisse, quel est le tribunal compétent et si une langue de procédure est précisée. Vérifiez aussi qui reçoit votre argent (une compagnie, une fondation, un intermédiaire) et qui est responsable en cas de défaillance. Vérifier un prestataire suisse avant d'ouvrir un 3a propose une liste de contrôles plus détaillée.
Voici le parcours d'un contrat suisse pour un résident français, étape par étape.
Les pièces qu'on vous demandera
Réunir les documents à l'avance évite de laisser traîner une souscription.
- Une pièce d'identité valide et le permis de séjour ou de travail pour un frontalier (permis G).
- Un justificatif de domicile en France.
- Le contrat de travail ou la dernière fiche de salaire suisse, pour un 3a.
- Une attestation de résidence fiscale, ou le formulaire 2041-AS/ASK déjà remis à l'employeur.
- Une attestation d'affiliation au 2e pilier (certificat de prévoyance de la caisse de pension), qui fixe le plafond applicable.
- Pour un indépendant, un justificatif du revenu de l'activité et la preuve de non-affiliation à une caisse de pension si le grand plafond est visé.
- Un document sur l'origine des fonds, si les versements sont d'un montant important.
À la fin de chaque année, conservez : l'attestation de versement, le relevé annuel, la valeur de rachat du contrat et l'éventuelle attestation d'impôt à la source. Ces documents servent à la déclaration française et, selon le cas, à la demande de TOU.
Une liste de contrôles pratiques peut aussi être cochée avant la signature.
- Vérifier que le droit de verser est acquis pour l'année en cours
- Demander la notice d'information et la lire entièrement
- Demander les conditions de sortie, de rachat et de libération des primes
- Demander le tribunal compétent et la langue des échanges
- Vérifier comment sont acceptées les pièces envoyées depuis la France
- Repérer les frais de change et de virement mentionnés au contrat
- Demander une copie des déclarations faites à la souscription
- Noter la date après laquelle la révocation n'est plus possible
Avis neutre avant de signer
Un contrat d'assurance engage sur la durée, et une erreur de statut est coûteuse. Quelques règles de prudence aident à se protéger.
Se méfier du discours qui oublie la résidence. Une présentation qui parle de « déduction » sans demander où vous habitez est incomplète. Pour un résident français, la déduction suisse n'est pas automatique ; elle dépend de l'impôt à la source, de la TOU et du pays de résidence.
Se méfier du discours qui oublie la monnaie. Un contrat en francs suisses pour une personne qui dépense en euros introduit un risque de change dans les deux sens. Voyez le risque de change d'un 3a en fonds pour comprendre comment cela se lit.
Se méfier de la promesse chiffrée. Un rendement n'est jamais garanti, et une simulation n'est pas une prévision. Contrôlez les hypothèses (frais, impôt, change) avant de vous y fier ; la page simulation de 3a pour frontaliers explique ce qu'il faut vérifier.
Se méfier de la vente sous pression. Un intermédiaire qui vous presse de signer avant la fin de l'année ou avant un changement de plafond est dans son rôle commercial, pas dans le vôtre. Un plafond de l'année suivante est connu à l'avance, et il n'y a rien de mal à prendre le temps de relire. Pour comprendre ce que fait un courtier ou un comparateur, lisez courtier ou comparateur : que fait-il pour un frontalier ?.
Regarder la sortie dès le départ. Un contrat se juge à la facilité de s'en défaire autant qu'à celle de le souscrire. Si vous craignez de devoir résilier une police 3a en habitant en France, mieux vaut le savoir avant.
Le dernier mot appartient à votre situation : revenu, canton d'emploi, permis, affiliation au 2e pilier, pays de résidence, famille. Un texte général ne peut pas trancher à votre place. Si vous souhaitez voir des offres côte à côte avec votre profil, la page Comparer les offres de 3e pilier explique la démarche, et la comparaison gratuite se demande depuis le formulaire du site.
Questions fréquentes
Un résident français peut-il ouvrir un 3a auprès d'un assureur suisse ?
Seulement s'il perçoit un revenu d'une activité lucrative soumise aux cotisations suisses, ce qui est le cas d'un frontalier salarié ou indépendant en Suisse. Un résident français sans emploi en Suisse n'a pas de revenu sur lequel verser et ne peut donc pas ouvrir de 3a lié, même si un prestataire se montre accueillant. Il peut en revanche examiner un contrat de pilier 3b, qui n'exige pas ce lien.
Quelle différence entre une assurance vie suisse et une assurance vie française ?
Le droit applicable, la finalité et l'accès à l'argent changent. La police 3a suisse est une prévoyance liée, bloquée sauf cas prévus, qui peut être déductible selon le régime d'impôt applicable. L'assurance vie française est un contrat d'épargne rachetable à tout moment, sans déduction à l'entrée. Les comparer sur le seul rendement revient à passer à côté de ces écarts.
Le contrat suisse doit-il être déclaré en France ?
En principe oui : un contrat souscrit auprès d'un assureur établi hors de France entre dans les obligations déclaratives des résidents français, et ses revenus éventuels se déclarent. Les formulaires et cases évoluent ; consultez la page sur la déclaration française du 3e pilier suisse et vérifiez la règle de l'année en cours.
Un frontalier peut-il déduire son 3a en France ?
Cela dépend de son régime. La déduction est un sujet suisse avant d'être français : elle passe par l'impôt à la source, la TOU ou le statut de quasi-résident. La TOU se demande au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale, et l'impôt retenu est imputé sans intérêts. Ne comptez pas sur une déduction avant d'avoir vérifié votre cas.
Que se passe-t-il si j'arrête de travailler en Suisse ?
Les versements au 3a lié cessent, faute de revenu suisse. Le contrat reste en général en place, libéré du paiement des primes ou maintenu selon ses clauses, et reste soumis aux règles de sortie. Relisez les conditions avant de signer plutôt qu'au moment du changement.
À partir de quand peut-on retirer un 3a ?
Les prestations de vieillesse du 3a peuvent être versées au plus tôt cinq ans avant l'âge de référence, et les contrats ne peuvent pas prévoir leur fin après la 70e année. D'autres cas de sortie existent (départ de Suisse, logement, indépendance), avec leurs conditions et leur imposition propre.
L'assureur suisse doit-il m'informer avant la signature ?
Oui. Il doit notamment vous informer sur les risques assurés, la couverture, les primes, la durée, la fin du contrat, le droit de révocation et le délai d'avis de sinistre. S'il y a manqué, vous pouvez résilier, mais ce droit s'éteint quatre semaines après que vous avez connu la contravention et les informations, et au plus tard deux ans après la contravention.
Que risque-t-on en répondant mal aux questions de l'assureur ?
Une réticence peut conduire à la résiliation du contrat. Dans ce cas, l'obligation de prestation s'éteint aussi pour les sinistres déjà survenus dans la mesure où le fait non déclaré a influé sur leur survenance ou leur étendue, et l'assureur peut demander le remboursement de ce qu'il a déjà payé dans cette mesure. Répondez donc avec exactitude, et conservez une copie de vos déclarations.
Comment déclarer un sinistre depuis la France ?
Il faut avertir l'assureur aussitôt que vous avez connaissance du sinistre et du droit qui en découle, par écrit si le contrat le demande. Un retard fautif peut réduire l'indemnité. L'assureur peut demander des renseignements et des pièces, comme des certificats médicaux : demandez à l'avance comment ils sont acceptés quand ils viennent de France.
Peut-on quitter un contrat suisse si on rentre en France ?
Oui, sous les conditions du contrat et de la loi. Selon le type, il peut être maintenu, libéré des primes, transféré ou racheté dans les cas de sortie admis. L'imposition de la sortie dépend du pays de résidence au moment du versement et de la convention applicable. Lisez retour en France avec un 3a : retirer ou garder ? avant de décider.
Sources
- Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral) — admin.ch
- 3e pilier a — retrait et imposition — Administration fédérale des contributions
- Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance — Fedlex
- Impôt à la source (résidents en Suisse) — Fedlex
- Revenus de prévoyance imposables — Fedlex
- Impôt à la source : non-résidents — Fedlex
- Taxation ordinaire ultérieure (TOU) des résidents imposés à la source — Fedlex
- Frontaliers : Genève et accord franco-suisse du 11 avril 1983 — Canton de Neuchâtel
- Obligation d'information de l'assureur — Fedlex
- Couverture provisoire, police, faute — Fedlex
- Déclarations et réticence — Fedlex
- Sinistre : déclaration, sauvetage, paiement — Fedlex
- Fin du contrat et résiliation — Fedlex
- Genève (GE) — montants LPP et 3e pilier A
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