Dans cette page
- Résider hors de Suisse : ce que les prestataires demandent
- Compte, titres, police : ce qui reste ouvert à un non-résident
- France, Allemagne, Italie : des différences de pays à pays
- Pourquoi certains prestataires refusent un dossier
- Pièces et déclarations de résidence fiscale
- Les questions à poser avant d'envoyer son dossier
- Si la réponse est non : ce que l'on peut faire
- Questions fréquentes
Ouvrir un 3a depuis la France, c'est possible dans son principe pour qui exerce une activité lucrative en Suisse, mais la réponse concrète dépend moins de la loi que de la politique de chaque prestataire. Un même frontalier peut recevoir un accord pour un compte, un refus pour un 3a en titres et un silence poli pour une police d'assurance, sans que son droit de cotiser ait changé d'un millimètre. Cette page cartographie ce qui reste généralement ouvert à un non-résident selon le type de produit et le pays de résidence, sans comparer ni tarifs ni performances, et vous donne les questions à poser avant d'envoyer le moindre document.
Un point de méthode d'abord. Le droit de verser dans un pilier 3a se rattache à l'exercice d'une activité lucrative en Suisse, pas au domicile. Ce que les prestataires apprécient autrement, c'est le risque que représente un client qui vit hors de Suisse : règles de distribution des produits financiers aux résidents étrangers, devoirs de déclaration fiscale, suivi du dossier à distance. Ce sont ces contraintes, propres à chaque établissement, qui expliquent que la carte des produits accessibles ne soit pas la même d'un guichet à l'autre. Les tendances décrites ci-dessous sont des constats de pratique : à confirmer par écrit auprès du prestataire que vous visez.
Résider hors de Suisse : ce que les prestataires demandent
Quand vous écrivez à un prestataire suisse depuis un pays voisin, trois questions reviennent presque toujours, dans cet ordre : où travaillez-vous, où habitez-vous, où êtes-vous imposé ?
Le lien avec l'activité en Suisse
Le point de départ est votre activité lucrative en Suisse. Un frontalier titulaire d'un permis G, salarié d'un employeur suisse, cotise à l'AVS et, selon son contrat, à la caisse de pension. C'est ce revenu soumis aux assurances sociales suisses qui ouvre la porte du pilier 3a. Les prestataires vous demanderont donc d'établir que vous travaillez bel et bien en Suisse, généralement par le contrat de travail ou une attestation de l'employeur, parfois par un décompte de salaire.
Le plafond qui s'applique ensuite dépend de votre affiliation à une caisse de pension et, pour un indépendant, de son revenu. La page plafond 3a selon votre permis et votre emploi détaille ces cas. Retenez ici seulement que la question du plafond se règle avec l'employeur et la caisse, pas avec le guichet du 3a : le prestataire ne contrôle en général pas ce que vous versez au regard de votre situation, il vous revient de rester dans la limite de l'année.
La résidence et le pays qui vous impose
Ensuite vient la résidence. C'est là que le statut de non-résident pèse. Selon la règle fédérale, les travailleurs domiciliés à l'étranger qui exercent une activité dépendante en Suisse sont soumis à l'impôt à la source sur le revenu de cette activité (article 91, alinéa 1, des dispositions sur les non-résidents). Pour un résident d'un État limitrophe employé par un employeur dont le siège, l'administration effective ou un établissement stable se trouve en Suisse, l'impôt à la source peut aussi frapper le revenu généré à l'étranger par cette activité, pour autant que l'accord fiscal applicable accorde ce droit d'imposition à la Suisse (article 91, alinéa 2).
Pourquoi cela intéresse-t-il celui qui ouvre un 3a ? Parce que le prestataire doit savoir dans quel pays vous êtes imposé : de cela dépendent la déclaration de résidence fiscale qu'il vous fera signer, la façon dont il traitera plus tard un retrait, et sa propre obligation de transmettre certaines informations aux autorités. Un frontalier français sous l'accord de 1983 n'a pas la même position fiscale qu'un frontalier genevois imposé à la source. Les cantons le disent clairement : l'accord franco-suisse du 11 avril 1983 s'applique aux cantons frontaliers à l'exception de Genève, et le travailleur y est imposé dans son pays de résidence ; le résident français qui remplit les conditions de l'accord est exonéré de l'impôt à la source suisse, sinon la convention de 1966 évite la double imposition.
Ce qui change pour le prestataire
Pour un guichet suisse, un client résident à l'étranger n'est pas un client comme un autre. Sa distribution de produits financiers est encadrée par la loi sur les services financiers (LSFin) et par des règles de commercialisation à l'étranger qui varient d'un pays à l'autre. Un établissement peut décider, par prudence juridique ou par choix commercial, de ne proposer certains produits qu'aux résidents suisses. Le refus que vous recevez n'est donc pas un jugement sur votre dossier : c'est souvent l'application d'une liste interne de pays et de produits.
| Ce que demande le prestataire | Pourquoi il le demande | Ce que cela change pour vous |
|---|---|---|
| Preuve d'activité en Suisse | Le droit de cotiser au 3a suit l'activité lucrative | Contrat ou attestation de l'employeur à fournir |
| Adresse de résidence | Il applique sa politique par pays | Un même produit peut être ouvert ou fermé selon le pays |
| Pays de résidence fiscale | Échange automatique d'informations | Une déclaration à signer, à garder cohérente avec vos autres comptes |
| Pièce d'identité et justificatif de domicile | Identification du client à distance | Documents à jour, parfois traduits ou certifiés |
Compte, titres, police : ce qui reste ouvert à un non-résident
Un 3a n'est pas un produit unique. Il prend trois formes principales, et chacune soulève des questions différentes quand le client habite à l'étranger.
Le compte 3a bancaire
C'est la forme la plus courante et, en pratique, la plus souvent ouverte à un non-résident. Il s'agit d'un compte d'épargne lié, tenu dans une fondation bancaire de prévoyance. Pas de gestion de portefeuille à encadrer, pas de recommandation d'investissement à documenter : le prestataire n'a pas à vous conseiller un placement, ce qui réduit son exposition réglementaire. Le revers : un compte ne vous épargne ni la déclaration de résidence fiscale ni les pièces d'identité renforcées. Les détails se trouvent sur la page consacrée au compte 3a bancaire pour frontalier.
Le 3a en titres (fonds)
La version investie du 3a place votre épargne dans des fonds par l'intermédiaire de la fondation. Ici le prestataire fait une démarche de distribution d'un produit financier : il doit s'assurer de votre profil, de vos connaissances et du droit de vous le proposer là où vous vivez. C'est la raison pour laquelle cette forme est plus souvent soumise à conditions, voire fermée, pour les résidents de certains pays. Si elle vous est ouverte, le risque de change entre le franc suisse et la monnaie de votre pays mérite d'être compris avant la signature : voir le 3a en fonds et le risque de change.
La police 3a d'assurance
La police d'assurance liée est un contrat de prévoyance avec une compagnie. Elle porte souvent des garanties d'invalidité ou de décès, une libération du paiement des primes et une valeur de rachat. C'est aussi la forme où la distribution transfrontalière est la plus délicate : un assureur suisse qui vend à un résident étranger entre dans le champ de règles d'assurance et de distribution locales. De nombreux assureurs réservent donc leurs polices 3a aux résidents suisses ou n'acceptent que certains pays. Quand une police est ouverte à un non-résident, l'engagement dans la durée est le vrai sujet : voir la police 3a, un engagement à bien peser.
La vue d'ensemble
Le schéma suivant résume la tendance générale, pays par pays. Il décrit des pratiques observées et non des droits : le prestataire reste libre de sa politique, et une exception est toujours possible dans un sens comme dans l'autre.
À lire avec prudence : « souvent accessible » ne signifie pas « garanti », et « rare » ne signifie pas « interdit ». Un établissement peut ouvrir une forme que ses concurrents refusent, et inversement. C'est pourquoi la question à poser est toujours la même : « Ouvrez-vous cette forme de 3a à un résident de mon pays ? » Les pages qui ouvre un 3a à un frontalier et quelles banques suisses ouvrent un 3a à un non-résident approfondissent cette question sans classer personne.
France, Allemagne, Italie : des différences de pays à pays
Le pays de résidence pèse sur trois plans distincts : la fiscalité de votre activité, la position du prestataire, et le sort du capital à la sortie. Ces plans ne se recouvrent pas.
Résider en France
Pour un résident français, il faut d'abord distinguer Genève des autres cantons. À Genève, l'impôt à la source frappe le frontalier selon le régime propre au canton. Dans les cantons soumis à l'accord de 1983 (Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura notamment), le travailleur est imposé dans son pays de résidence, et l'employeur reçoit de lui une attestation de résidence fiscale : selon le canton de Neuchâtel, le résident français doit remettre à chaque employeur, avant le premier jour de travail, l'attestation de résidence fiscale (formulaire 2041-AS/ASK). Ce formulaire n'est pas destiné au prestataire du 3a, mais il documente la même réalité que le prestataire vous demandera de déclarer.
Côté produits, le compte 3a bancaire est le plus souvent accessible aux résidents français. Les titres et la police dépendent de chaque établissement. La page frontalier résidant en France : impôt, 3a et retraite détaille l'environnement fiscal, et déclaration française du 3a et formulaire 3916 le volet déclaratif.
Résider en Allemagne
Pour un résident allemand, la logique est comparable mais la pratique des prestataires est plus prudente sur les produits d'assurance et d'investissement, parce que la distribution transfrontalière y est particulièrement encadrée. Le compte bancaire reste la forme la plus facilement ouverte ; une police d'assurance est plus rarement proposée. Certains prestataires demandent aussi des pièces supplémentaires sur l'identification fiscale allemande. Le contexte d'ensemble est décrit dans la page frontalier résidant en Allemagne.
Résider en Italie
Pour un résident italien, la position fiscale a ses propres règles, et le cadre bilatéral a récemment évolué (voir la page frontalier résidant en Italie : 3a, impôt et nouvel accord). Côté prestataires, il est fréquent qu'un compte bancaire soit ouvert sous conditions et que les titres ou les polices soient plus rarement proposés. La raison est la même : la distribution de produits financiers à un résident italien suppose des règles que beaucoup d'établissements suisses préfèrent éviter.
Une carte des cantons plutôt qu'une carte des pays
Les pays voisins n'apparaissent pas sur la carte en tuiles disponible ici, qui ne représente que les cantons romands. Le statut d'un non-résident auprès d'un prestataire dépend de son pays, mais le régime fiscal du frontalier dépend aussi du canton où se trouve son employeur. La carte suivante rappelle cette partie du régime, celle que le prestataire vous demandera de documenter.
Le canton qui vous emploie ne décide pas du produit 3a que vous pourrez ouvrir, mais il détermine votre imposition à la source ou dans votre pays, donc la déclaration de résidence fiscale que vous signerez. Pour une lecture canton par canton, la page où travailler en Romandie pour le 3e pilier compare les régimes.
Pourquoi certains prestataires refusent un dossier
Le refus fait peur, mais il a presque toujours une explication prévisible. Les comprendre permet de ne pas perdre de temps et de viser le bon interlocuteur.
La politique de distribution
C'est la première cause. Un établissement qui n'est pas autorisé, ou qui ne souhaite pas l'être, à commercialiser un produit dans le pays où vous vivez écarte la demande d'emblée. Cela vaut pour des titres, qui supposent un conseil ou une information sur le produit, et plus encore pour des polices d'assurance. Aucune forme de pression ne le fera changer.
Le coût du suivi à distance
Un client qui vit à l'étranger multiplie les vérifications : justificatifs d'identité, adresse, résidence fiscale, parfois documents traduits. Certains prestataires jugent que le coût d'un tel suivi n'est pas justifié par la taille d'un compte 3a. Ce n'est pas écrit dans la loi, c'est une décision d'entreprise. Rien ne l'empêche d'être revue, d'ailleurs, mais elle peut aussi se durcir sans préavis.
L'incertitude sur la sortie
Le moment du retrait pose lui aussi problème. Les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de prestations d'institutions suisses de droit privé de prévoyance professionnelle ou de formes reconnues de prévoyance individuelle liée doivent l'impôt sur ces prestations (article 96 des dispositions sur les non-résidents). Ce prélèvement à la source sur les rentes comme sur les capitaux engage le prestataire dans des démarches de retenue et de déclaration. Cette lourdeur peut alimenter la prudence de certains établissements.
Le dossier lui-même
Plus banalement, un dossier peut échouer à cause de pièces périmées, d'un justificatif de domicile qui ne correspond pas à l'adresse indiquée, d'une déclaration de résidence fiscale incohérente ou d'un employeur qui ne répond pas à la demande d'attestation. Ces refus-là se corrigent. L'étape suivante décrit comment un dossier de non-résident chemine.
Le schéma suppose un parcours sans accroc. Il peut se rompre à n'importe quelle étape : la deuxième sert à l'éviter, la cinquième est celle où se jouent la plupart des refus.
Pièces et déclarations de résidence fiscale
Les pièces demandées à un non-résident sont plus nombreuses que celles d'un résident, mais elles sont connues et documentables à l'avance.
Les pièces d'identité et de domicile
Le prestataire demandera presque toujours une pièce d'identité en cours de validité, un justificatif de domicile récent dans votre pays, et souvent une copie de votre permis de travail suisse pour un frontalier (permis G). Selon le canal choisi, certaines pièces doivent être certifiées ou transmises en original. Pour les parcours en ligne, voir ouvrir un 3a en ligne depuis la France ou l'Italie et l'appli 3a depuis l'étranger.
La preuve d'activité en Suisse
C'est la pièce qui fonde le droit de cotiser. Un contrat de travail en cours, une attestation de l'employeur ou un récent décompte de salaire suffisent généralement. Pour un indépendant, la preuve passe par d'autres documents, notamment l'inscription à l'AVS comme indépendant : la situation est détaillée dans la page sur le plafond 3a de l'indépendant frontalier.
La déclaration de résidence fiscale
Le prestataire vous fera remplir une déclaration indiquant le ou les pays où vous êtes résident fiscal et votre numéro d'identification fiscale. Elle sert à l'échange automatique d'informations entre États. Il est important qu'elle corresponde à ce que vous déclarez ailleurs : une incohérence entre ce document, votre déclaration de revenus et vos comptes étrangers est la source de problèmes futurs la plus fréquente. Les frontaliers français trouveront dans la page déclaration française du 3a et formulaire 3916 le complément nécessaire.
L'attestation de résidence de l'employeur
Il ne faut pas confondre cette pièce avec la précédente. Celle que remet un résident français à son employeur est l'attestation de résidence fiscale (formulaire 2041-AS/ASK) ; elle fixe le régime de l'impôt à la source. Le prestataire du 3a ne vous la demandera pas toujours, mais il peut s'y référer pour comprendre votre situation.
Et la taxation ordinaire ultérieure ?
Une personne imposée à la source peut parfois demander une taxation ordinaire ultérieure (TOU), au plus tard le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale, notamment si une part prépondérante de ses revenus mondiaux est imposable en Suisse, si sa situation est comparable à celle d'un contribuable domicilié en Suisse, ou si elle est nécessaire pour faire valoir des déductions prévues par une convention contre les doubles impositions (article 99a, alinéa 1). Ce montant retenu à la source est alors imputé sans intérêts. Cette démarche concerne surtout la déductibilité du versement 3a : elle n'intervient pas à l'ouverture du compte, mais elle peut changer la valeur fiscale de ce que vous allez verser. Voir la déduction du 3a pour un frontalier : source, TOU et quasi-résident.
7 258 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
7 373 CHF
Plafond 3a avec 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 288 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2026
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
36 864 CHF
Plafond 3a sans 2e pilier en 2027
Source: Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral)
Ces plafonds valent pour toutes les formes de 3a confondues, et non pour chaque produit séparément. Le plafond sans 2e pilier est un maximum : il s'applique dans la limite de 20 % du revenu de l'activité lucrative en dessous de ce maximum. Le prestataire n'ajoute rien à ces limites, mais vous devez les respecter si vous ouvrez plusieurs comptes.
Les questions à poser avant d'envoyer son dossier
Beaucoup de refus s'évitent par un échange préalable. Ces questions sont conçues pour obtenir une réponse écrite, que vous pourrez conserver.
Sur l'accès
- Ouvrez-vous cette forme de 3a (compte, titres ou police) à un résident de mon pays ?
- Cette politique concerne-t-elle un frontalier titulaire d'un permis G, un indépendant, un expatrié détaché ?
- Le canal d'ouverture à distance est-il le même que pour un résident suisse ?
- Quelles pièces sont exigées, dans quelle langue, avec quelle certification ?
Sur la durée du contrat
- Que se passe-t-il si je déménage dans un autre pays, ou si je reviens en Suisse ? Le compte reste-t-il ouvert ?
- Que se passe-t-il si votre politique de distribution change ? Mon contrat est-il maintenu, transféré, clôturé ?
- Quelles sont les conditions de transfert vers un autre prestataire ? Voir transférer son 3a avant de quitter la Suisse.
Sur la sortie
- Comment le prélèvement à la source sur un retrait est-il effectué si je suis résident à l'étranger ?
- Quelles pièces demanderez-vous au moment du retrait ?
- Quelle langue, quel interlocuteur pour une demande à distance ?
Sur la forme et les frais
Posez la question des frais sans chercher de chiffre à retenir : quels types de frais existent (tenue de compte, gestion, droits de garde, frais de change et de virement), comment sont-ils présentés dans le contrat, lesquels dépendent de la devise de votre compte courant dans votre pays de résidence ? Le sujet est approfondi dans les pages devise, compte et relevés vus de l'étranger et vérifier un prestataire suisse avant d'ouvrir un 3a.
Une réponse orale ou imprécise n'a pas de valeur. Une réponse écrite, datée, qui précise votre pays de résidence et la forme de 3a visée, protège autant que le contrat lui-même. C'est aussi la pièce que vous montrerez à un autre prestataire pour comparer les conditions, sans devoir tout recommencer.
Une checklist avant l'envoi
- Choisir la forme de 3a visée avant de contacter un prestataire
- Obtenir par écrit la politique du prestataire pour votre pays de résidence
- Rassembler une pièce d'identité en cours de validité et un justificatif de domicile récent
- Demander une attestation d'activité à l'employeur ou retrouver le contrat de travail
- Vérifier que votre numéro d'identification fiscal et votre pays de résidence sont cohérents partout
- Noter le plafond de l'année qui s'applique à votre situation
- Demander ce qui se passe en cas de déménagement ou de départ de Suisse
Si la réponse est non : ce que l'on peut faire
Un refus ne ferme pas la porte, mais il oblige à choisir la suite sur des bases claires.
Exemple : trois demandes, trois réponses
Exemple : Bastien, frontalier, habite Pontarlier et travaille au Locle pour un employeur neuchâtelois. Il vise trois formes de 3a. La fondation d'une banque qui a son siège à Neuchâtel accepte son compte 3a bancaire, à condition d'une déclaration de résidence fiscale et d'un justificatif de domicile français récent. Une autre banque lui répond que le 3a en titres n'est pas ouvert aux résidents français. Un assureur refuse sa demande de police liée, en invoquant sa politique de distribution. Bastien n'a rien fait de travers : il a seulement testé trois politiques différentes. Il ouvre le compte, garde les deux refus par écrit, et reviendra vers la forme en titres plus tard auprès d'un établissement qui l'accepte.
Changer de forme
Si la forme visée est fermée, passer à une forme plus accessible n'est pas un renoncement : un compte 3a bancaire est un point de départ solide pour qui veut simplement bénéficier du cadre du 3a. On peut aussi se renseigner sur la possibilité de transférer plus tard vers une forme en titres chez un établissement qui l'accepte, si la politique évolue.
Changer de prestataire
Les politiques sont propres à chaque établissement. Un refus d'un guichet n'implique pas celui du suivant. L'important est de demander par écrit, avant de remplir un dossier, plutôt que de lancer chaque demande à l'aveugle. Pour structurer cette recherche, la page courtier ou comparateur : que fait-il pour un frontalier explique ce qu'une comparaison peut vous apporter et ses limites.
Demander une comparaison personnalisée
Lorsque la réponse dépend de votre situation (pays de résidence, permis, affiliation au 2e pilier, forme visée), une comparaison personnalisée vous évite d'écrire à chaque établissement. Le site ne vous conseille pas et ne recommande aucun prestataire ; il vous permet de demander une comparaison gratuite et d'obtenir une vue des offres qui correspondent à votre cas. La page comment ça marche explique qui traite la demande.
Rester dans le cadre fiscal
Quel que soit le produit finalement ouvert, la déclaration de votre 3a reste votre affaire dans votre pays de résidence. Pour un frontalier français, cela passe par la déclaration du compte étranger et des revenus qui s'y rapportent. Le tour d'horizon figure dans la page 3e pilier suisse : déclaration française, 3916 et CSG/CRDS, et pour les cas que cette page ne traite pas, la FAQ sur les produits 3a pour qui n'habite pas en Suisse donne des réponses brèves.
Questions fréquentes
Un frontalier peut-il ouvrir un 3a s'il habite en France ?
Oui dans son principe : le droit de verser dans un pilier 3a se rattache à l'exercice d'une activité lucrative en Suisse. En pratique, tout dépend ensuite de la politique du prestataire pour les résidents de votre pays. Le compte 3a bancaire est généralement la forme la plus accessible. Pour les autres, une réponse écrite avant dépôt du dossier évite les mauvaises surprises.
Pourquoi un prestataire suisse refuse-t-il un résident allemand ?
Le plus souvent par application d'une politique de distribution : certains produits, en particulier les polices d'assurance et les placements, ne sont pas proposés aux résidents de certains pays. Ce n'est pas une appréciation de votre dossier, mais une règle interne. D'autres refus viennent de pièces manquantes ou incohérentes.
Le compte 3a bancaire est-il toujours la seule solution à l'étranger ?
Non. C'est souvent la forme la plus facile à obtenir, mais certains établissements proposent aussi des 3a en titres ou des polices à des non-résidents, sous conditions. Il n'existe pas de liste valable pour tous : chaque prestataire décide.
Quelles pièces faut-il pour ouvrir un 3a depuis l'étranger ?
En général une pièce d'identité en cours de validité, un justificatif de domicile récent, la preuve de votre activité en Suisse et une déclaration de résidence fiscale. Selon le prestataire, des certifications ou des traductions peuvent s'ajouter. Demandez la liste exacte avant de réunir quoi que ce soit.
Qu'est-ce que la déclaration de résidence fiscale ?
C'est un formulaire où vous indiquez le ou les pays dans lesquels vous êtes résident fiscal, avec votre numéro d'identification fiscale. Le prestataire l'utilise pour respecter l'échange automatique d'informations entre États. Elle doit rester cohérente avec votre déclaration de revenus.
Un refus de ma banque m'empêche-t-il de cotiser à un 3a ?
Non. Votre droit de cotiser tient à votre activité lucrative en Suisse, pas à l'accord d'un établissement en particulier. Un refus signifie seulement que ce prestataire n'ouvre pas cette forme de 3a à un résident de votre pays ; un autre peut répondre différemment.
Puis-je ouvrir plusieurs comptes 3a chez des prestataires différents ?
En principe oui : rien n'interdit de répartir votre épargne entre plusieurs prestataires, tant que l'ensemble de vos versements reste dans la limite de l'année. Le plafond vaut pour toutes les formes de 3a confondues. Pensez cependant à l'impact sur la gestion de vos pièces et sur votre déclaration.
Le canton de mon employeur change-t-il les produits que je peux ouvrir ?
Pas directement : le canton détermine votre régime fiscal (impôt à la source ou imposition dans votre pays de résidence), pas la liste des produits qu'un prestataire accepte. Mais ce régime fixe la déclaration de résidence fiscale que vous signerez, donc il compte dans le dossier. À Genève, l'accord de 1983 ne s'applique pas ; dans les autres cantons frontaliers, il s'applique.
Que se passe-t-il si je déménage après l'ouverture ?
Un changement de pays de résidence doit être annoncé au prestataire, qui pourra revoir votre dossier à la lumière de sa politique. Demandez avant la signature comment il traite un déménagement : maintien du compte, transfert, clôture. Le sujet est abordé dans transférer son 3a avant de quitter la Suisse.
Comment sera imposé un retrait si j'habite à l'étranger ?
Les bénéficiaires domiciliés à l'étranger de prestations d'une forme reconnue de prévoyance individuelle liée doivent l'impôt sur ces prestations selon les règles fédérales relatives aux non-résidents (article 96). Le résultat dépend du pays où vous résidez au moment du retrait. Les simulateurs et pages dédiées du site détaillent les cas, et une comparaison personnalisée tient compte de votre situation.
Dois-je attendre l'année prochaine pour verser si mon dossier est en cours ?
Le plafond est annuel, et le prestataire ne vous accorde pas de délai au-delà de ce que prévoient les règles du 3a. Si votre dossier traîne, demandez la date à laquelle le premier versement pourra être pris en compte. Le point est traité sur la page consacrée à la date limite de versement en année d'arrivée ou de départ.
Sources
- Non-résidents : frontaliers et prestations de prévoyance — Fedlex
- Non-résidents : prestations de prévoyance, article 96 — Fedlex
- Taxation ordinaire ultérieure des non-résidents, article 99a — Fedlex
- Frontaliers : Genève et accord franco-suisse du 11 avril 1983 — État de Genève
- Frontaliers — Canton de Neuchâtel
- Plafonds du 3e pilier a (OFAS / Conseil fédéral) — admin.ch
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